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Anniversaire de la semaine « King of the world » de Sheila & B Devotion

40eme anniversaire de King of the World
40eme anniversaire de King of the World - capture écran

« King of the World » de Sheila & B. Devotion

 

« King of the World » de Sheila & B. Devotion fête ses 40 ans, avec une réédition de luxe composée de nombreux remixes et d’extraits de séances de travail de Nile Rodgers et Bernard Edwards les deux têtes pensantes du groupe mythique Chic.

Aujourd’hui cet album sorti en 1980 est régulièrement cité par de nombreux artistes de la nouvelle génération ou des producteurs comme l’un des disques les plus impressionnants en terme de son. 40 ans en arrière, ce même projet artistique ne pouvait pas être appréhendé de la même façon. Son interprète cannibalisait, de fait, l’idée même de l’album. Sheila, ex yéyé girl, ex petite fille de Français moyen, ex icone de Guy Lux et des présidents d’une France bien à droite, ex star des variétés à paillettes façon Louis Azzaro, ne pouvait pas tout à coup se retrouver dans une incarnation strictement inversée : symbole des nuits new-yorkaises, d’une France métissée, d’une communauté gay en pleine émancipation, d’une détermination à s’échapper d’un système de production capitaliste à l’échelle du show biz à papa. Et pourtant c’est bien ce qu’il s’est produit et dont la principale intéressée souffrira terriblement, comme si elle devait payer de fait ses excès dans sa volonté de se libérer.

Tout avait pourtant bien commencé. Un premier virage disco à dimension européenne et au son bien de chez nous. Succès fou. Mutation physique et sensuelle. Sheila tenait sa revanche. Mais elle avait aussi pris ce que l’on appelle aujourd’hui « la confiance ». Une autre vie avec le même succès (voir démultiplié) était possible. La rupture avec son producteur Claude Carrère qui avait monté de toute pièce cette usine. Sheila allait vivre sa première grève avec son unique prolétaire… Après maintes négociations, le Grenelle de Carrère déboucha sur cette idée que Sheila méritait désormais d’être produite par de vrais producteurs. Il choisira La « Chic organization ». Et vient pour son indiscipliné tiroir-caisse, le dernier acte de l’émancipation. Avec la complicité de ces deux immenses musiciens de la musique noire, Sheila n’enregistre pas un album disco (celui-ci est d’ailleurs en train de vivre ses derniers flamboiements artistiques) mais un vrai disque de funk rock, parfois presque soul. Bien sûr, il y a Spacer qui reste un monument disco mais tout le reste du disque se situe bien ailleurs. Avec ses guitares saillantes, ses basses ronflantes, ses chœurs orgiaques et la voix franglaise de l’idole hexagonale en basse tonalité. « King of the World » sera l’album par lequel le son Chic va devenir un modèle étalon, une façon de faire de la musique pop en venant de la culture club. Madonna puis David Bowie ne se tromperont pas. Plus récemment Daft Punk organisera son retour autour de ce riff spacer. Pour Sheila cet album sera le déclic pour revenir en France avec un répertoire plus exigeant et d’autres producteurs pour exprimer ses failles.

Annie Chancel osera nous dire qu’elle est aussi Annie chancelle. Elle souffrira de ne pas être considérée comme une artiste complète. Elle prendra le maquis déçue et triste, puis reviendra heureuse et enfin libre. Mais toujours accompagnée de la légende de son homme de l’espace qui, avec le temps, deviendra son ange gardien pour faire en sorte qu’elle ne renonce pas. Cet homme de l’espace est devenu aujourd’hui son meilleur ami. Il lui offre d’entrer enfin dans la légende. Non pas pour des  couettes, des records de ventes, un mariage du siècle, d’immondes rumeurs ou une solitude tenace. Mais simplement et fièrement pour un morceau d’anthologie et un album fondateur. Respect.

Radio France soutient la scène française
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