Cinéma français

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Cinéma français

Le cinéma français désigne l'ensemble des films, long-métrages ou court-métrages, produits en France. Par extension, quand on parle du cinéma français, on évoque aussi l'actualité du cinéma et le milieu du cinéma et ses acteurs : comédiens, techniciens, réalisateurs, producteurs, mais aussi les spectateurs qui se rendent dans les salles de cinéma. Le marché du cinéma en France est administrativement structuré par le Centre national du cinéma.

Le cinéma français s'appuie sur des réseaux de distributions. L'exploitation cinématographique est le fait de projeter les films dans des salles, organisées en réseaux ou indépendantes. Certaines salles sont regroupées dans des multiplexes. Une salle de cinéma est classée Art et Essai quand elle promeut du cinéma indépendant, fait œuvre de pédagogie sur le cinéma ou encore organise des rétrospectives ou des rencontres. Parfois, les films sont projetés par des structures itinérantes, dans des salles aménagées pour l'occasion.

Le calendrier de l'industrie du cinéma en France pivote autour du Festival de Cannes. Mais de nombreux festivals de cinéma font rayonner les films français tout au long de l'année, que ce soit le festival international du film d'animation d'Annecy, le festival du film francophone d'Angoulême, le Festival Lumière à Lyon ou, plus improbable, le Festival du film de vacances.

La naissance du cinéma français

Le cinéma français est né en même temps que le cinéma mondial. Le cinéma a été inventé par les frères Louis et Auguste Lumière, en 1895. Le cinéma français évolue, passant de mini-films documentaires à des films de plus en plus longs et élaborés, pour la plupart de fiction. Ces deux ingénieurs lyonnais créent le cinématographe, servant de caméra et de projecteur. Le premier film a être projeté l'est devant des ouvriers des usines Lumière. Le film les montre sortant d'un de leurs bâtiments.

Le cinéma français des origines

La chronologie du cinéma français suit un découpage classique en 3 grandes périodes initiales, puis est découpé en décennies. Il s'ouvre par le cinéma des origines, qui est un cinéma muet avec les films des frères Lumière, mais aussi ceux du prestidigitateur Georges Méliès. Le cinéma s'industrialise avec Charles Pathé, qui fonde avec son frère Émile l' entreprise Pathé Frères, et contrôle la production de films par des agences. Il promeut ses artistes, dont Max Linder, ses réalisateurs, et recrutent des techniciens pour son studio, qui peut s'apparenter à une major du cinéma.

L'âge classique du cinéma français

L'âge classique du cinéma va des débuts du parlant jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Marcel Pagnol, déjà célèbre pour ses pièces de théâtre, tourne La Femme du boulanger. Luis Buñuel réalise en 1930 L'Âge d'or, qu'il co-écrit avec Salvador Dali. Marcel Carné réalise Les Enfants du paradis, sur un scénario de Jacques Prévert. Il y raconte la vie du Boulevard du crime, surnom donné au boulevard du Temple à Paris. Tourné pendant l'Occupation, il est considéré comme un chef d'œuvre du réalisme poétique.

Les films français d'après-guerre

Le cinéma d'après-guerre, encore marqué par la période de l'Occupation et de la Seconde Guerre mondiale, est un cinéma réaliste, avec des réalisateurs comme Roger Leenhardt ou Max Ophuls. De nouveaux visages vont également projeter les films des années 1950 et 1960 dans une nouvelle ère : Jeanne Moreau, Emmanuelle Riva, Catherine Deneuve, Brigitte Bardot, Jean-Louis Trintignant, Jean-Pierre Léaud, Jean-Claude Brialy renouvellent les figures emblématiques du cinéma d'avant-guerre. Du côté du cinéma documentaire, Jacques-Yves Cousteau et Louis Malle reçoivent la Palme d'or en 1956 pour Le Monde du silence.

La Nouvelle Vague dans le cinéma français

Les années 1960 dans le cinéma français sont dominés par la Nouvelle Vague. La Nouvelle Vague est une expression inventée par François Giroud en 1957 dans l'hebdomadaire L'Express, annonçant l'arrivée d'une jeunesse dont les idées, comportements et réflexes culturels changent drastiquement. L'expression a été adoptée pour qualifier une génération de réalisateurs qui font basculer la forme et le fond du cinéma français. Parmi eux, Claude Chabrol, Agnès Varda, François Truffaut avec Les 400 coups, sorti en 1959, mais aussi Alain Resnais et Jean-Luc Godard. Des acteurs deviennent emblématiques de la Nouvelle Vague : Jean-Paul Belmondo fait partie de ceux-là, par son rôle dans À bout de souffle. Jacques Demy reçoit le Grand Prix du jury du Festival de Cannes (on ne parle plus alors de Palme d'or) en 1964 pour sa comédie musicale Les Parapluies de Cherbourg. Deux ans plus tard, c'est Claude Lelouch qui reçoit le Grand Prix du jury à Cannes en 1966 pour Un Homme et une femme.

Les comédies françaises au cinéma dans les années 1950-1960

Les comédies françaises trouvent également un nouveau souffle dans les années d'après-guerre. Claude Autant-Lara réalise La Traversée de Paris en 1956 ; Yves Robert démarre sa carrière avec Les Hommes ne pensent qu'à ça en 1954, puis Ni vu... Ni Connu en 1958 ; Henri Verneuil réalise La Vache et le Prisonnier, sorti en 1959 avec Fernandel, autre figure célèbre de la comédie française. En parallèle de la Nouvelle Vague, les comédies françaises sont l'autre pilier du renouveau du cinéma français dans les années 1960. L'apparition à l'écran du comédien Louis de Funès marque les spectateurs. Avec Jean Girault (Pouic-Pouic et la série des Gendarmes ), André Hunebelle (la série des Fantômas) ou Gérard Oury (La Grande Vadrouille), De Funès fait rire la France des années 1960.

Le cinéma français dans les années 1970

Le cinéma français des années 1970 pourrait se résumer au règne des acteurs et des actrices. Jean-Paul Belmondo est tête d'affiche de nombreuses comédies et drames : Borsalino, avec Alain Delon, en 1970,  Le Magnifique en 1973, réalisé par Philippe de Broca, ou encore Peur sur la ville d' Henri Verneuil en 1975. Alain Delon creuse le sillon des films policiers et films noirs avec Le Cercle rouge et Un Flic, de Jean-Pierre Melville. Pierre Richard joue dans le rôle-titre du Grand Blond avec une chaussure noire. Isabelle Adjani apparaît au cinéma dans La Gifle de Claude Pinoteau, puis dans L'Histoire d'Adèle H. sous la caméra de François Truffaut ; Catherine Deneuve continue de tourner avec des réalisatrices comme Nadine Trintignant et réalisateurs comme Marco Ferreri, Jean-Paul Rappeneau ou encore Claude Lelouch.

Le cinéma français des années 1980-1990

Dans les années 1980, le cinéma français connaît un âge d'or qui lui permet de prendre les premières places au box-office. Trois Hommes et un couffin, Le Grand Bleu, L'Ours, La Chèvre, mais encore le diptyque Jean de Florette et Manon des sources, avec Gérard Depardieu et Emmanuelle Béart sont parmi les 10 films les plus vus en salles sur cette décennie. Les actrices et acteurs du cinéma français tiennent le haut du pavé et, avec le développement des médias de masse et en particulier la diffusion de films à la télévision, la starification bat son plein. Le cinéma français des années 1980 est également un cinéma de mœurs, montrant l'ouverture progressive de la société française. Le film La Boum, révélant Sophie Marceau au public en 1980, en est le symbole. Trois Hommes et un couffin, de Coline Serreau, avec plus de 10 millions d'entrées, en est l'apogée. Claude Chabrol continue, quant à lui, à réaliser des films : après ses 14 films sortis dans les années 1970, il en réalise huit dans les années 1980. En 1987, Maurice Pialat reçoit la Palme d'or pour Sous le soleil de Satan.

Les comédies françaises continuent à être vues dans les années 1990. Parmi elles, on peut citer Le Dîner de cons, La Cité de la peur, La Vérité si je mens. Les films de Luc Besson poursuivent le travail d'internationalisation du cinéma français : après Le Grand Bleu, c'est Nikita, Léon et surtout Le Cinquième Élément qui marquent les esprits. Cette décennie est également marquée par l'apparition de nouveaux auteurs et réalisateurs. Le cinéma d'auteur est affirmé par l'arrivée de nouveaux réalisateurs : Mathieu Kassovitz avec La Haine, Arnaud Desplechin avec La Vie des morts ou encore Léos Carax avec Les Amants du Pont-Neuf. Jean-Pierre Jeunet tourne son premier long métrage avec Delicatessen, et Bruno Podalydès sort le moyen-métrage Versailles Rive-Gauche en 1992 avant Dieu seul me voit (Versailles Chantiers) en 1998. Cédric Klapisch naît également au cinéma dans les années 1990, avec Le Péril jeune en 1994, puis Chacun cherche son chat et Un Air de famille, avec Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri.

Parmi les réalisatrices françaises dans les années 1990 : Nelly Kaplan réalise Plaisir d'amour en 1991, avec Pierre Arditi et Françoise Fabian. Agnès Varda continue son travail de documentariste avec Jacquot de Nantes la même année et  Josiane Balasko réalise Gazon Maudit  en 1995.

Le cinéma français des années 2000-2010

Dans les grands réalisateurs du cinéma des années 2000 et 2010, on peut noter François Ozon, avec Gouttes d'eau sur pierres brûlantes et Huit Femmes, mais aussi Jean-Pierre Jeunet avec Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain, ou Robert Guédiguian qui, après Marius et Jeannette en 1997, réalise pratiquement un film tous les deux ans. Christophe Honoré réalise son premier long métrage en 2002 avec 17 Fois Cécile Cassard, Les Chansons d'amour en 2007 avec Louis Garrel, ou Plaire, aimer et courir vite en 2018. En 2008, le succès de Bienvenue chez les Ch'tis, réalisé par Dany Boon, relance une nouvelle fois les comédies françaises. Cette même année, Laurent Cantet reçoit la Palme d'or pour Entre les murs. Abdellatif Kechiche obtient la Palme d'or en 2013 pour La Vie d'Adèle, et Jacques Audiard pour Dheepan en 2015.

On peut citer, parmi les réalisatrices françaises des années 2000-2010, Claire Denis avec Beau Travail en 1999, Trouble Every Day en 2001, White Material (co-écrit avec Marie Ndiaye) en 2010 ou High Life en 2018. Céline Sciamma sort son premier film, Naissance des pieuvres, en 2007, suivi de son deuxième long-métrage, Tom Boy, en 2011, Bande de filles en 2014 et Portrait d'une jeune fille en feu en 2019. Rebecca Zlotowski réalise Belle Épine en 2010 et Grand Central en 2013.

Le cinéma français depuis 2020

Le cinéma français des années 2020 est touché, comme l'ensemble du cinéma mondial, par la pandémie du Covid-19 et les confinements successifs en France. Cédric Gimenez sort Bac Nord, Xavier Giannoli Les Illusions perdues, Audrey Diwan adapte L'Événement d'Annie Ernaux en 2021 et Emmanuelle Bercot sort De son vivant, avec Benoît Magimel, la même année. Julia Ducournau obtient la Palme d'or pour Titane en 2021.

Voir aussi : Films documentaires Films d'animation – Festival de Cannes