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3 questions à... Jennifer Cardini

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Jennifer Cardini le 09 juin 2022 à l'Hôtel de la Monnaie (Paris)
Jennifer Cardini le 09 juin 2022 à l'Hôtel de la Monnaie (Paris)
© Radio France - Christophe Abramowitz

Rencontre avec la DJ et productrice parisienne, invitée à conclure aux platines le concert spatialisé de son poulain Pablo Bozzi lors de la dernière FIP 360.

Productrice, patronne de labels, et bien sûr DJ émérite, on ne présente plus cette figure de la scène électronique française qu'est aujourd'hui Jennifer Cardini. L'ancienne résidente du Pulp a conclu aux platines la dernière soirée FIP 360, après le live spatialisé de son poulain Pablo Bozzi dont elle accompagne aujourd'hui les nouvelles sorties.

Vous parrainez plusieurs jeunes pousses sur votre nouveau label Dischi Autunno à l'instar de Kendal, Younger Than Me, et Pablo Bozzi. Quel regard portez-vous sur votre artiste qui se produit ce soir en live spatialisé ?

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Pablo est un des artistes phare du label, il est très talentueux et a un sens de la mélodie, il y a une intensité dans sa musique qui est très forte. Au niveau humain, il est très cool et c’est un peu l’artiste idéal à avoir dans un label. Mais ce qui m’intéresse surtout dans sa musique, c’est qu’il a digéré complètement l’italo-disco et l’EBM, qu’il ait imaginé cette sorte d’ « IBM » qui fusionne les deux. Pour moi, c’est intéressant de voir comment il traite trente ans de musiques électroniques, les influences qu’il peut avoir, et de l’emmener avec moi dans une sorte de transmission. C’est important si on veut que la scène avance que les artistes de ma génération fassent ce travail aujourd’hui.

Votre label incarne aussi une forme de connexion permanente avec Berlin, en quoi la capitale allemande reste aujourd’hui encore une ville si spéciale pour le rayonnement des musiques électroniques ?

C’est un lieu qui demeure extrêmement ouvert, c’est un lieu de liberté, et c’est un lieu où il y a de la place donc c’est plus facile d’être libre lorsque on ne vit pas les uns sur les autres comme à Paris. C’est une ville aussi où la musique électronique a une place très spéciale parce que le mouvement acid-house commence à la fin des années 80, en pleine chute du Mur de Berlin, et la première Love Parade a permis à la jeunesse allemande de se retrouver ce que la ville n’a pas oublié. Et puis aussi, les lieux qui peuvent accueillir la scène sont très nombreux à Berlin, ces usines et ces endroits qui ont permis la construction du clubbing là-bas. Contrairement à la France qui a toujours du mal à se libérer des discothèques, l’Allemagne considère que tout peut devenir un maxi-club, comme une banque, un aéroport, etc. J’ai une affection pour cette ville depuis la fin des années 90, c’est chez moi autant que Paris.

Le concert de ce soir est diffusé en son spatialisé, quels sont vos clubs favoris sur le plan de la qualité audio ?

Je vais être très honnête : je ne connais pas grand-chose au son spatialisé (rires). De ce que j’ai pu écouter au casque, ça met en valeur toutes les couches d’un morceau et ça doit donc être intéressant notamment en musique minimale où cela apporte sûrement un effet visuel fort. Sur le plan des clubs, le Robert Johnson à Francfort reste vraiment classe, c’est presque hi-fi en terme de rendu. Et je dois dire que c’est vraiment aussi un plaisir de mixer au Sucre à Lyon, ainsi qu'au Blitz à Munich où le son est vraiment bien. Après, il y a aussi beaucoup de super clubs où le son est vraiment pourri (rires), et c’était le cas avec le Pulp d'ailleurs !

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