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André Manoukian sur le fil de ses origines

Par
André Manoukian
André Manoukian
- Antoine Joussaud

Le pianiste français d’origine arménienne nous embarque sur le parcours imaginaire de sa grand-mère randonneuse Anouch dans un album solaire attendu le 4 novembre.

André Manoukian se balade sur le fil de sa vie, entre l’Arménie de ses ancêtres et l’Espagne de son cœur, en passant par une transe soufi, une ritournelle flamenca dédiée à Schubert, une évocation de Beethoven, une berceuse triste ou encore une chanson pour princesse d’Orient qui hésite à rejoindre l’amour de sa vie... « Le titre Anouch a inspiré la chanson qui donne son titre à l’album. C’est une marche. Et ça tombe bien, Anouch était une randonneuse. Anouch était ma grand-mère. En 1915 elle a parcouru à pied 1000 km des bords de la Mer Noire à Amasya jusqu'au désert de Syrie à Deir Es- Zor. Si elle a survécu, c’est qu’elle avait une grande gueule et qu’elle a su émouvoir le commandant turc du convoi qui la déportait. Anouch, en arménien, ça veut dire doux, sucré. Ça tombe bien, la musique c’est du sacré et … du sucré. » Mais en attendant de le découvrir, voici Rondo Arménien, une rencontre du baroque et de l’Orient :

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« Dans la musique baroque, un rondo, c’est une forme musicale, une structure répétitive qui revient dans des suites de danse, un refrain en somme. Cette mélodie entêtante chantée par Balkanes tourne sur 7 temps, un rythme composé que l’on nomme alaturka ».

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Tout l'album est un hommage émouvant à cette grand-mère qui l’a élevé et « qui avait quelque chose de triste dans les yeux », dit-il. Parfois son regard se perdait loin, vers un ailleurs où elle avait vu des choses terribles. Il se termine sur une note d'espoir avec The Walk, « la marche d’Anouk vers la mort dont elle est revenue pour rebâtir et recommencer sa vie, après avoir retrouvé celui qu’elle aimait ».  Au sein de son quartet jazz entouré de quatre musiciennes et chanteuses qui mêlent leur voix bulgares au duduk arménien, aux tablas indiens, le chamane des mémoires musicales nous embarque vers de nouveaux territoires, dans la magie de l’Orient, vers le Levant de ses ancêtres, entre la nostalgie et l'insatiable curiosité gourmande qui l'anime depuis toujours.

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L'album Anouch sort le 4 novembre sur La Label avec Pierre-Alain Tocanier à la batterie et au Cajon, Gilles Coquard à la contrebasse, Guillaume Latil  au violoncelle, Hervé Gourdikian au sax soprano, Rostom au Duduk, Mosin Kawa aux tablas, Les Balkanes : Milena Jeliazkova, Milena Roudeva, Martine Sarazin, Anne Maugard + La Chica.

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