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"Arawak Uhuru", le chant libre de l’envoûtante Sélène Saint-Aimé

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Sélène Saint-Aimé - Photo de Nicolas Derné
Sélène Saint-Aimé - Photo de Nicolas Derné
- Nicolas Derné

L'inspirée contrebassiste et vocaliste annonce "Potomitan", son deuxième album aux couleurs des Antilles.

Formée à New-York par des grandes figures du jazz comme Steve Coleman ou Ron Carter, après le Conservatoire de Boulogne et le Paris College of Music, Sélène Saint-Aimé fut la "Révélation de l’année" aux Victoires du Jazz 2021. Suite à son premier disque Mare Undarum qui rendait hommage à l’artiste peintre Rosa Bonheur, sous les bons auspices de la lune, elle invoque son héritage caribéen dans son second album, entourée de Sonny Troupé à la batterie et au tambour Ka de la Guadeloupe, Irving Acao au saxophone ténor, Hermon Mehari à la trompette, Boris Reine-Adélaïde au bèlè de Martinique, Guillaume Latil au violoncelle et Mathias Lévy au violon.

Le titre Arawak Uhuru ("Arawak" : la langue des Amérindiens des Antilles et "Uhuru" : "la liberté" en swahili) est un grand bèlè en trois temps. Il salue les populations amérindiennes des Caraïbes, présentes en Martinique au moins dès le 1er siècle, et dont certains des aïeux de Sélène Saint-Aimé faisaient partie :

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Largement composé en Martinique et aux Caraïbes pendant la pandémie du Covid 19, lorsque Sélène Saint-Aimé a quitté Paris pour rejoindre sa famille, Potomitan tourne autour de valeurs essentielles. "À Haïti, le potomitan est le pilier central de la maison, explique t-elle. "En Martinique et en Guadeloupe cela représente souvent la femme forte qui tient le foyer". Les onze plages du disque sont imprégnées des conversations avec sa grand-mère paternelle sur l’histoire de leur famille et la force des femmes antillaises. La communion entre la voix, les cordes de la contrebasse et les tambours sont au cœur du morceau et de tout le répertoire.

Des peaux, une voix, c’est la source la plus épurée de la musique, qui permet de laisser libre-cours à l’imagination"

En studio, tout comme sur scène, Sélène Saint-Aimé laisse surgir les possibilités harmoniques et rythmiques qu’offre l’exercice de l’improvisation. "Sans répétition et (presque) sans partition, précise un communiqué, elle donne les mélodies aux musiciens depuis le piano présent dans la pièce. Les rythmes sont chantés puis reproduits aux tambours pour un enregistrement en prises collectives live". Ce folklore moderne, joliment énigmatique, est riche de contrastes, de suggestions et d'envolées poétiques. On assiste à moment suspendu où plane l'esprit des cérémonies vaudou haïtiennes.

L'album Potomitan sort le 25 mars sur le label Komos.

En concert le 29 mars au New Morning à Paris

1h 04
À écouter aussi : Avishaï Cohen "Arvoles"