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En écoute : “Love + Light”, l’album surprise de Daniel Avery

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Daniel Avery  (photo : Vincent Arbelet)
Daniel Avery (photo : Vincent Arbelet)

Le producteur anglais s'approche du zénith sur ce troisième disque composé durant le confinement et mis en ligne sans coup férir.

On savait de longue date que Daniel Avery n’aime pas rester les bras croisés. Auréolé par le succès d'une paire d'albums subjuguants, le trentenaire londonien s’affiche aujourd’hui comme une figure majeure de cette scène britannique qui a pris de longue date la tête de la techno contemporaine. Cérébral, bosseur, et solitaire à l’instar de son compatriote Four Tet, Daniel Avery s'était tout de même risqué au printemps dans l’aventure d’un disque à quatre mains avec Alessandro Cortini, l’ancien claviériste de Nine Inch Nails, après s’être allié peu de temps auparavant au vénérable Roman Flügel pour quelques titres en commun. 

Aujourd’hui, c’est bel et bien en solo que l’électronicien sonne (déjà) son retour avec Love + Light, un troisième album surprise qu’il vient de mettre en ligne au pied levé. Un disque composé durant la période de confinement et dont l’écriture est apparue pour son auteur comme « une véritable source d’énergie positive » d’après un communiqué publié sur son site internet. Un album à deux faces aussi, comme le suggère son titre en forme d’addition mystérieuse où les ambiances se toisent finalement autant qu’elles se chevauchent.

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Le Love de Daniel Avery qui entame la première moitié du disque semble d’abord être celui de cette club-music perçante dans laquelle il excelle depuis une dizaine d’années. Après la longue introduction aérienne de London Island, l’Anglais rentre ainsi dans le vif du sujet avec les pulsations moites de ce Dusting For Smoke obsédant. Seul dans son home-studio durant plusieurs semaines, Avery semble avoir ici transfiguré son propre confinement en celui, volontaire, des foules qui d’ordinaire se retrouvent sur les dancefloors de sous-sols enfumés. 

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La noirceur de Dream Distorsion et les coups de boutoir de Darlinnn étoffent cette première partie qui ne s’achève qu’avec le jubilé d’Infinite Future, une crête entre deux mondes où Avery apparait à son zénith dans une fusion organique autant qu’atmosphérique. Plus loin, le bien nommé After The Fire sonne l’arrivée d'une lumière plus douce, ce Light qui rayonne sur toute la seconde moitié du disque. Des compositions bien plus éthérées où la force du beat s’efface au profit d’explorations plus profondes, sous forme de quasi-berceuse avec Pure Life ou dans les songes mystérieux d'un Fuzzwar. Le réveil sonne finalement avec One More Morning, conclusion fusionnelle de cet album dont les deux visages, enfin, n’en forment plus qu’un.

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