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« Ensemb7e », le septuor grisant de Chapelier Fou

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Chapelier Fou Ensemb7e | credit : Ben Pi
Chapelier Fou Ensemb7e | credit : Ben Pi
- Ben Pi

Le multi-instrumentiste prépare la sortie d’un album acoustique et dévoile "Amoxicilline", une nouvelle rêverie mystérieuse et inédite.

Louis Warynski alias Chapelier Fou est un artiste, un vrai. Un de ceux qui cherchent, qui tentent, qui expérimentent. Voilà maintenant douze ans et cinq albums que ce natif de Metz bouscule régulièrement notre ouïe, apportant sa pierre au syncrétisme captivant des musiques classiques et électroniques. Un multi-instrumentiste mutant, adepte du violon comme du séquenceur et qu’on ne serait en effet pas surpris de croiser au détour de l’univers surréaliste du conte de Lewis Carroll.

Après les mille facettes de son album Muances, après le planisphère cérébral de Méridiens et de sa suite Parallèles il y a deux ans, vers quelles frontières sonores pouvait encore lorgner le producteur lorrain en ce début d’année ? Le temps était peut-être venu, dès lors, de faire un pas de côté pour questionner et faire muer temporairement la formule même de sa composition fondée depuis ses débuts par une alliance ingénieuse des instruments et des machines.

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C’est ainsi qu’est né l’an dernier Ensemb7e, un septuor destiné initialement au live où le bois du violon, du violoncelle et du piano prend une nouvelle place. Cheminement inverse d’un Yann Tiersen qui a récemment remisé son piano au profit d’un déluge magnétique, il s’agit ici d’une véritable mise à nu acoustique des compositions de Chapelier Fou où harmonium, clarinette et métallophone viennent se substituer aux synthés, échantillonneurs, et autres trouvailles électroniques imaginées par le producteur dans son studio-laboratoire.

Applaudie au fil des quelques concerts donnés par cette formation l’an dernier, cette excursion aux confins du classique trouve aujourd’hui un débouché discographique avec la sortie le 18 février d’un album studio réunissant une douzaine de ces relectures . Le premier extrait mis en ligne, Tea Tea Tea, révélait déjà il y a quelques semaines la griffe sonore de ce travail noué entre les sept musiciens. Le titre de 2014 y perd ainsi de ses beats et de ses boucles originales au profit d’un nouveau souffle organique, une humanité boisée propre à renforcer encore davantage l’imaginaire qu’inspire déjà d’ordinaire l’œuvre de Chapelier Fou.

C’est encore le cas, aujourd’hui avec ce Amoxicilline, un nouveau titre mis en ligne par le producteur et qui fait office d’inédit rare au sein de son prochain disque. Servi par un clip chorégraphique et à l'élégance mystérieuse, ce morceau aux cordes languissantes frappe également par son break central, un vrombissement digne d’un engin du maestro Miyazaki et dont on a peine à croire qu’il puisse n'être qu'acoustique. Vivement la suite.

En concert : le 17 février à La Marbrerie (Montreuil)

À écouter (au casque) : FIP 360 #5 : Chapelier Fou en son 3D
1h 02