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Exclu : "Tasweerah", le nouvel album pénétrant de Jawhar

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Jawhar - Photo de Silvano Magnone
Jawhar - Photo de Silvano Magnone
- Silvano Magnone

En quête d'absolu, le bouleversant chanteur belgo-tunisien dévoile l'Arabic dream pop épurée d'un quatrième album envoûtant à écouter en avant-première.

L'auteur-compositeur-comédien Jawhar écrit et interprète dans sa langue maternelle une chanson vibrante, poétique et mélancolique chargée d'histoire. Telle un dramaturge ou un conteur, il habite les mots en arabe de ce nouvel album de pop-folk contemporaine qui questionne sa place dans la société et celle de l'imaginaire.

Avec Tasweerah, qui signifie en tunisien, portrait, image, et aussi projection de l'esprit, il égrène différentes figures portant chacune quelque-chose de son moi profond. Des arrangements cinématographiques illustrent son spleen illuminé par sa voix pénétrante. « Le temps file comme le vent mais mes guerres restent sans fin.» prévient le voyageur du premier titre Malguit, arpentant les chemins à la recherche d'une réalité invisible et immatérielle.

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Enfant, Jawhar a vécu à Radès, située à quelques kilomètres de la capitale tunisienne. Il a partagé les passions de sa mère, professeure de littérature arabe, pour la poésie et la musique et celle de son père pour le théâtre. À l'âge de vingt ans il part étudier l'Anglais en France et se penche sur les écrits de William Blake et d’Emily Dickinson. C'est là qu'il s'éprend de la folk de chambre élégante et sombre de Nick Drake qui guide encore aujourd'hui son inspiration.

J’ai passé ton hiver et mon printemps t'a oublié. J'ai suivi mon souffle …et le vent.

Extrait du titre Foug Layyem qui veut dire Au dessus des jours, cette phrase esquisse un autre portrait, celui d'un homme qui se laisse flotter au dessus de sa vie", dixit l'artiste. La chanson évoque les sentiments contradictoires que Jawhar ressent lorsqu'il retourne en Tunisie. "Joie, inspiration mais aussi sensation de retour de l’horizon bouché qui m’a fait partir. Voir un homme passer ses journées dans un "café arabe" comme on dit en Tunisie (entendez par là réservé par "tradition" aux hommes) me pèse et soulève des questions en moi".

On aime cet univers en clair-obscur, sans artifice, qui respire les grands espaces et prend parfois l'allure d'une complainte, celle d'un être qui "ne trouve pas où pêcher l’âme sur cette terre là".

Tasweerah sort le 18 mars sur le label indépendant bruxellois 62TV Records, avec Jawhar Basti au chnat et à la guitare, Louis Evrard à la batterie, Éric Bribosia aux claviers et Yannick Dupont à la basse.

À écouter aussi : Jawhar "Soutbouk"