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Fantastic Negrito blâme notre avidité sur "Highest Bidder"

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Fantastic Negrito - Photo Bryan C Simmons
Fantastic Negrito - Photo Bryan C Simmons
- Bryan C Simmons

"Tout va au plus offrant" chante le bluesman activiste sur le premier titre de "White Jesus Black Problems", un album concept ambitieux plongeant dans les racines racistes et capitalistes de nos sociétés.

Après son album Have You Lost Your Mind Yet? en 2020, Fantastic Negrito nous offrait au coeur de l'été dernier le titre Rolling Through California, un hymne country-soul à la solidarité et à la lutte contre le réchauffement climatique. Xavier Dphrepaulezz de son vrai nom, n'en a pas fini avec sa chronique acerbe de nos sociétés en crise, en témoigne son nouveaux projet White Jesus Black Problems attendu le 3 juin sur son label Storefront Records.

Un quatrième album studio et un film inspirés par l'histoire vraie de sa grand-mère écossaise blanche (Grandma Gallamore), une servante sous contrat, vivant en union libre avec son grand-père afro-américain esclave de la septième génération (Grandfather Courage), défiant ouvertement les lois racistes et séparatistes de la Virginie coloniale des années 1750.

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"Cette chanson est aussi vraie aujourd'hui qu'elle ne l'a jamais été. Les Égyptiens, les Perses, les Grecs, les Romains, les Américains, tous se sont tournés un jour vers le plus offrant. C'est dans la nature humaine. Les gens veulent toujours avoir le meilleur". Tout repose sur le fait de tirer le maximum des autres. Dans ce pays, nous vénérons les milliardaires alors que certaines parties de nombreuses villes ressemblent à ce que l'on appelle le tiers-monde. J'essaie de transmettre ce que je vois quand je marche dans la rue, ici à Oakland." commente Fantastic Negrito à propos de ce premier titre Highest Bidder mêlant blues du Delta, rythmes africains et extravagances P-Funk.

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C'est dans sa ville d'adoption, Oakland, que le multi-instrumentiste surdoué a écrit et composé pendant un an ce nouveau conte militant, enregistré en studio avec son batteur, James Small, avant d'ajouter des instruments supplémentaires et de faire appel à des collaborateurs extérieurs comme le bassiste Cornelius Mims, le guitariste Masa Kohama, le claviériste Lionel LJ Holoman et la violoncelliste Mia Pixley.

Un destin chaotique pour ce fils d'immigrés somalien et carribéen qui a grandi dans le Massachusetts profond avant d'attérir à Oakland. Dans les années 1990 ce musicien autodidacte surdoué signe un contrat prometteur sur le label Interscope Records puis sort l'album " X-Factor" sous le nom de Xavier. L'album est un condensé de soul engagée, influencée par Sly Stone ou Shuggie Otis.

Après un terrible accident de voiture en 2000, le laissant dans le coma pendant trois semaines, l'artiste doit réapprendre à jouer, une longue traversée du désert qui lui a permis d'affiner sa plume rageuse. Sous le nom de Fantastic Negrito, il joue dans les gares ou les rues de Bay Area en Californie. En 2016, Il sort l'album The Last Days Of Oakland, un disque de la renaissance, nerveux et punk puisant son inspiration dans le blues, le funk, la soul et le rock.

Fantastic Negrito est en concert le 12 juillet à La Cigale à Paris. 

2h 07
À réécouter : Hommage à Syl Johnson
1h 04