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"Firebirds" et "East", les voyages de Vincent Courtois dans la profondeur de l'âme

Par
Vincent Courtois - Photo de Christophe Charpenel
Vincent Courtois - Photo de Christophe Charpenel

Avec ces deux nouveaux albums, en duo avec Bill Carrothers et en solo, l'aventurier du violoncelle fait un divin “retour à l’instrument”.

Vincent Courtois est un passeur d'émotion qui aime raconter des histoires, comme Love of Life inspiré de l’acharnement à exister de Jack London au sein du trio singulier qu’il forme avec les saxophonistes Daniel Erdmann et Robin Fincker, ou Bandes Originales en hommage à des compositeurs de musique de film. Animé par une curiosité insatiable, cette fois, il sort simultanément deux albums formant un diptyque impromptu, dont ce poignant disque solo nommé East (en écho à West (2015) pour lequel il a jeté une passerelle entre deux mondes : "la musique que je pratique, l’improvisation, ce jazz qu’on dit “européen” et la musique classique du 20ème siècle (...) une terre d’accueil de l’autre côté d’un pont que j’espère longtemps traverser.

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Fruit d’un travail acharné d’exploration et de recherche dans le corpus des œuvres pour violoncelle seul du 20ème siècle, ce disque solo est "un vieux désir inassouvi", explique Vincent Courtois. Le temps du premier confinement lui a donné l'occasion de commencer à enregistrer les cinq mouvements de la sonate de Hindemith, Paduana d’Honegger_, Les mots sont allés_ de Berio...

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"D’emblée je suis tombé sur une montagne qui me semblait infranchissable : Penderecki. (...) Mais non ! À la maison, dans les hôtels, dans les loges et même en avion, je me suis accroché, j’ai pris le temps et finalement, parvenu au sommet, j’ai découvert au loin une magnifique épaisse forêt de portées noircies : Ligeti. Je m’y suis engouffré, je m’y suis griffé pour trouver mon chemin. Puis j’ai découvert quelques clairières, sublimes miniatures dépouillées d’Hans Werner Henze ( ...)"

Créateur exigeant et improvisateur virtuose et inspiré de la scène musicale actuelle, Vincent Courtois, adepte du décloisonnement des genres, présente le même jour Firebirds, un duo inédit avec le pianiste de jazz Bill Carrothers, sideman de Scott Colley, Billy Hart ou de Lee Konitz, qui tout comme lui refuse de se focaliser sur la technique afin de laisser la musique surgir. Impulsée par Gérard de Haro, des studios et du label La Buissonne, la rencontre inédite entre le violoncelliste et le pianiste tient dans la confiance (presque aveugle) que les musiciens accordent depuis longtemps à l’ingénieur du son. Courtois et Carrothers ont fait connaissance sur cette première improvisation qui a donné son titre à l’album :  

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Le duo rejoint par le saxophoniste baryton Éric Seva qui partage également le goût des voyages entre jazz, blues, musiques du monde et  croisements avec la musique classique, alterne des compositions originales, des standards de jazz comme Deep Night et Isfahan, un titre populaire du répertoire de Joni Mitchell, Circle Game, le tout est encadré par deux interprétations en miroir du Água & Vinho du Brésilien Egberto Gismonti sorti en 1972. Le résultat est “une musique de fulgurance et de quête”, dixit De Haro.  

On vous recommande vivement ces deux disques enregistrés, mixés et produits par le studio de La Buissonne attendus le 5 novembre, qui font grimper en nous une forte émotion libératoire.

À écouter aussi : Michel Portal "Mino Miro"