Kids Return : "On est des maniaques du son"

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Kids Return : "On est des maniaques du son"

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Kids Return à Groningue le 19 janvier 2022
Kids Return à Groningue le 19 janvier 2022
© Radio France - Ghislain Chantepie

Le duo hexagonal a fait vibrer jeudi soir le public du festival Eurosonic. Rencontre à Groningue avec ce jeune tandem qui décroche cette année le prix Music Moves Europe Talent Awards.

À Groningue, ce sont les chiffres qui parlent d’eux-mêmes. Dans cette charmante bourgade néerlandaise pleine de vélos, de péniches et de canaux, près d’un quart des 200.000 habitants sont des étudiants qui forment un fidèle public pour les innombrables salles de concerts et autres clubs que compte la ville. Au milieu de ce ping-pong réjouissant où se narguent la musique et la jeunesse, le festival de découvertes Eurosonic prend ses quartiers d’hiver depuis maintenant trois décennies, faisant déferler cette année pas loin de 350 groupes de tous horizons sur la capitale septentrionale des Pays-Bas.

Au cœur de la petite cité batave, c’est la vaste brasserie Huize Maas qui accueillait jeudi soir sur sa grande scène le jeune duo hexagonal Kids Return. Dans ce restaurant historique du centre de Groningue reconverti en salle de concert le temps du festival, Adrien Rozé et Clément Savoye ont fait vibrer en live leur pop romantique récompensée cette année par un prix du concours européen Music Moves Europe Talent Awards.

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Vous avez publié votre premier album Forever Melodies cet automne, comment avez-vous passé ces derniers mois ?

On a fait plein de trucs sympas. On est partis aux États-Unis faire quelques dates au mois d’octobre, dont une première partie superbe à Red Rocks dans le désert du Colorado, un endroit vraiment magnifique. La session que nous avons faite à FIP nous a vraiment lancés, on avait beaucoup bossé ce live et on a pu avoir ensuite plein de promo. On est dans ce moment où on fait vivre le disque et on commence à penser la suite musicalement. On continue aussi de composer la bande-originale d’un long-métrage d’amis à nous, on bosse donc beaucoup mais c’est génial.

Les disques gravés durant le confinement évoquent souvent les angoisses de cette période. Votre premier album, conçu au même moment, évoque bien davantage une soif de lumière et de liberté…

Adrien : On a passé beaucoup de temps à regarder des films durant cette période, notamment celui de Takeshi Kitano qui donné son nom à notre groupe. Et c’est vrai que la lumière est sûrement l’un des trucs les plus importants pour nous. Il a fait très beau durant le premier confinement, alors qu’on était enfermés dans l’appartement de mes parents qui est exposé plein-ouest. On avait donc cette chance d’avoir le soleil avec nous, qui illuminait tout ça, et je pense qu’on a été bercés par cette ambiance-là lorsqu’on commençait à composer. On a retrouvé ensuite cette sensation lors d’un séjour en montagne quelques mois plus tard, et cette idée de libération, de nature, de douceur était encore là. C’était très naturel et spontané, on a vécu ensemble et de cette façon cette sorte d’abyme au milieu de l’espace-temps.

Clément : Le confinement a aussi eu un autre effet, car on n’a pas du tout réfléchi au live lorsqu’on a conçu le disque ce qui n’est plus le cas avec nos nouveaux titres. On ne s’est donc privé de rien pour écrire l’album, on a utilisé beaucoup d’instruments parce qu’on ne s’est pas posé la question de pouvoir ou non le jouer en concert. Dans ce sens-là, le confinement a donc aussi été intéressant pour le groupe.

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On vous sent marqués par des influences qui traversent le temps… Quelle est votre définition de la musique pop ?

Clément : Pour moi, c’est d’abord le fait de placer la mélodie au premier plan. Et de faire une musique qui se chante, qui procure des émotions, et qui fédère. On a des teintes assez nostalgiques dans nos compositions qui peuvent fédérer autour des souvenirs qu’on a vécus. On écrit des mélodies qui sont ouvertes et c’est pour ça qu’on arrive à jouer un peu partout, c’est qu’on parvient à faire chanter les gens avec nous, et c’est le but je trouve. C’est dur de faire de bonnes mélodies !

Pourquoi avoir choisi de n’enregistrer qu’avec des instruments analogiques ?

Clément : C’est venu un peu progressivement, lorsqu’on a commencé en se disant que le couple clavier MIDI serait frustrant sur le plan créatif. Je pense que c’était important de mettre un cadre dans notre composition, comme l’avaient naturellement fait les groupes par le passé qui n’avaient pas en studio toutes les guitares ou tous les amplis du monde. Aujourd’hui avec un simple ordinateur, tu peux tout faire tout dans tous les sens. Donc on s’est donc dit qu’on allait prendre un Minimoog, un mellotron, un piano Rhodes, le trio guitare basse batterie, et un quatuor à cordes. Ça nous a contraint dans un certain truc, et c’était important.

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Votre clip Our Love montre une session live enregistrée au studio Motorbass, quel souvenir gardez-vous de cet endroit ?

Adrien : À Motorbass, on a eu la chance de pouvoir enregistrer avec du très beau matériel. Des pianos Rhodes et Wurlitzer, une super guitare acoustique ayant appartenu à Philippe Zdar et qu’on retrouve sur certains de nos morceaux. On a fait ça avec notre ami qui est ingénieur du son là-bas et on a pu utiliser par exemple des vieux pré-amplis 1073 qui possédaient le son qu’on recherchait et qu’on n’avait pas la chance d’avoir dans notre propre studio. Parallèlement, on a pu filmer cette super session avec notre ami Tara-Jay Bangalter qui n’avait d’ailleurs qu’une seule pellicule dans sa caméra… et ça a marché. C’est aussi en cela qu’on n’est pas un groupe de rock selon moi. L’attitude rock qu’on peut associer à la nonchalance n’est pas du tout la nôtre, on est des maniaques du son et on a une vision assez réfléchie et produite de la façon de faire notre musique.

Clément : La vie qu’on a eue depuis un an et demi fait aussi que notre musique change déjà et que notre son va changer. Il est bien possible qu’on soit sur quelque chose d’un peu moins gentil à l’avenir que sur ce premier disque.

Vous travaillez actuellement sur votre première bande-originale, que vous inspire cet exercice ?

Adrien : Dans le film en question, le personnage principal campe un prof de musique donc on a dû composer un thème à l’avance pour qu’il puisse le jouer lors du tournage. On a donc eu une mission de superviseur musical où on a dû déjà apprendre à l’acteur à jouer ce thème. Le film est en cours de montage actuellement donc on discute avec les réalisateurs pour la suite, on propose des idées de morceaux et de mélodies. A la base, on avait justement conçu Kids Return avec cette idée de composer pour le cinéma, mais on s’est fait rattraper par notre côté pop-music avec l’envie de faire du live, d’être sur scène, et de tourner.

Clément : C’est vraiment un autre travail pour nous, on est dans une logique de commande où on doit proposer des choses. Le but est qu’on soit nous aussi contents de ce qu’on donne, donc c’est intéressant et différent tout à la fois.

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Vous entamez prochainement une tournée américaine qui vous mènera jusqu’à Los Angeles, une ville où tout a commencé pour vous il y a trois ans…

On a un rapport vraiment spécial avec cet endroit. C’est là où on a passé le plus de temps avec Paris ces deux dernières années. On voulait y partir en 2020 avec notre ancien groupe pour y faire des concerts mais le Covid nous a rattrapés. On y a tourné un clip l’an passé où on a rencontré des professionnels américains et on y retourne donc en février, c’est vraiment la date principale de notre tournée. Il y a plusieurs choses qui sont importantes là-bas pour nous, en premier lieu la météo assez exceptionnelle avec de nouveau cette lumière et cette chaleur permanentes. Le mode de vie y est bien sûr particulier, tout le monde se déplace en voiture, c’est aussi dur sur beaucoup d’aspects. Mais si tu aimes le cinéma, tu ne peux pas être déçu. Il y a une ambiance complètement bizarre qui est fascinante, comme dans un film. Et puis, il y a aussi un rapport à musique qui est complètement différent, qui est vraiment sacré. Tout va beaucoup plus vite qu’ici.

Spéciales FIP
54 min