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10 livres de la rentrée littéraire : le choix de France Culture et L'Obs

Une sélection de France Culture et L'Obs
Une sélection de France Culture et L'Obs

La rentrée, c’est aussi celle des livres ! Pour vous aider à choisir dans l’océan des 567 romans et d’essais qui prennent place sur les étals des librairies, France Culture et L’Obs s’associent pour vous proposer une sélection de dix livres.

Que lire en cette rentrée ? France Culture et L'Obs ont choisi pour vous une sélection de dix romans chaudement recommandés, que vous ont présentés ce jeudi 23 août dans Les Matins d'été, Sandrine Treiner, directrice de France Culture, Christophe Ono-dit-Biot, critique littéraire et producteur du Temps des écrivains sur France Culture, Elisabeth Philippe, critique littéraire à L’Obs et chroniqueuse de La Dispute sur France Culture, et Jérôme Garcin, rédacteur en chef culture à L'Obs et écrivain.

22 min

"Trois enfants du tumulte" d'Yves Bichet (Mercure de France)

"Ils voulaient en finir avec la prudence, réinventer une forme de grâce qui mettrait le vieux monde à genoux..." Le livre d'Yves Bichet part d'un fait saillant de mai 68 : sa seule victime est un commissaire de police tué sur un pont à Lyon. L'auteur raconte avec tendresse de la vie de jeunes gens, militants, amis, amants dans cette chronique mélancolique et sans concession.

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C’est par le roman que quelque chose de la réalité émerge de façon puissante. (…) Yves Bichet connaît sans doute assez intimement l’histoire de mai 68 et des groupuscules d'après mai 68. (…) C’est le livre de l’après 68 que nous pouvions avoir envie de lire.  Sandrine Treiner

"La Grande Idée" d'Anton Beraber (Gallimard)

Un premier roman homérique, pétri de références à la mythologie, qui tisse le récit d'une quête, celle d'un étudiant parti sur les traces du héros ou traître d'une guerre qui opposait les Grecs aux Turcs un demi-siècle auparavant. Les témoins retrouvés, des laissés-pour-compte de l’Histoire, se succèdent pour retracer le destin de Kaloyannis, son voyage sans retour des confins de l’Orient à la baie de New York. 

"La Grande Idée" est livre époustouflant par son ambition et par son écriture, d’un classicisme absolument mutant, dont le rythme reprend un peu celui de l'hexamètre dactylique. Un premier roman tout à fait singulier et extrêmement impressionnant.  Elisabeth Philippe

"Asymétrie" de Lisa Halliday (Gallimard)

Un livre sur les amours d'une jeune romancière et d'un écrivain américain, légendaire et vieillissant. Le livre, aussi impudique que spirituel, a fait sensation aux Etats-Unis, quand les critiques ont découvert que l'histoire avait été inspirée par la liaison qu'a eue Lisa Halliday avec Philip Roth, de cinquante ans son aîné. 

Lisa Halliday raconte une histoire que la plupart des gens ne connaissaient pas, cette liaison avec le très grand écrivain américain Philip Roth qui vient de disparaître - et qui un peu le commandeur de cette rentrée littéraire -, mais je trouve qu’elle le fait avec une incroyable délicatesse qu’on ne trouve pas toujours dans les autofictions françaises…  Jérôme Garcin

"Tu t'appelais Maria Schneider" de Vanessa Schneider (Grasset)

Le destin de l'actrice Maria Schneider. Sa révélation dans le film Le Dernier Tango à Paris de Bernardo Bertolucci, fut une tragédie. Huit ans après sa mort, sa cousine Vanessa Schneider lui adresse une lettre bouleversante, où elle la venge du mal qu'on lui a fait : "Ce Tango marquait le début d’une grande carrière, voulais-tu croire. Il fut le linceul de tes rêves. Tu n’étais préparée à rien, ni à la gloire, ni au scandale."

La force de cette lettre ouverte, c’est que c’est un livre de colère, presque un livre de vengeance.  Jérôme Garcin

"Elsa mon amour" de Simonetta Greggio (Flammarion)

Avec souffle et audace, Simonetta Greggio se glisse dans la peau de l'auteure de La Storia, Elsa Morante (1912-1985), épouse d'Alberto Moravia, amie de Visconti et Pasolini. Ce récit intime nous projette dans les textes, les rêveries et les grands tourments d'une femme fascinante. 

Un roman extrêmement audacieux, hyper gonflé, qui est entièrement construit autour d’une figure des lettres italiennes très insuffisamment lue en France mais très célébrée en Italie qui est Elsa Morante, l’auteure de "La Storia". Sandrine Treiner

"Un monde à portée de main" de Maylis de Kerangal (Verticales)

Quatre ans après Réparer les vivants, Maylis de Kerangal raconte l'éducation sentimentale et professionnelle d'une jeune peintre en décor. Entre les lignes apparaît, comme dans un trompe-l'œil, l'autoportrait très stylé d'une romancière très secrète. 

C’est une belle réflexion sur l’imitation, la mimesis. Comment rendre compte à travers l’art et les mots des mille et une nuances de l’écaille de tortue ? C’est un peu ce que Maylis de Kerangal arrive à faire.  Christophe Ono-dit-Biot

"Le Mars Club" de Rachel Kushner (Stock)

Romy Hall, 29 ans, vient d’être transférée à la prison pour femmes de Stanville, en Californie. Cette ancienne strip-teaseuse doit y purger deux peines consécutives de réclusion à perpétuité, plus six ans, pour avoir tué l’homme qui la harcelait. La grande romancière américaine décrit avec férocité de la société carcérale aux Etats-Unis.

Ce roman, c’est vraiment la description de ce que c’est qu’être pauvre et femme aux Etats-Unis, c’est un roman sur l’Amérique des marges. (...) Un roman extrêmement brut et énergique.  Elisabeth Philippe

"A son image" de Jérôme Ferrari (Actes Sud)

Jérôme Ferrari, prix Goncourt 2012, fait le récit d'une femme troublante happée par une image. La photographie, à l'origine de son émancipation va l'entraîner vers la guerre en Yougoslavie. De l’échec de l’individu à l’examen douloureux des apories de la représentation, Jérôme Ferrari interroge les liens ambigus entre l’image, la photographie, le réel et la mort.

C’est la première fois que Jérôme Ferrari met au centre de son roman une figure de femme. C’est extrêmement touchant, nerveux, et puis c’est rythmé par les différentes séquences d’un office religieux, on retrouve ses préoccupations majeures : la Corse, l’indépendantisme, (…) et cette question : est-ce qu’on meurt pour rien ?  Christophe Ono-dit-Biot

"Hôtel Waldheim" de François Vallejo (Viviane Hamy)

Inventer sa mémoire ou inventer sa vie ? C’est la question à laquelle tente de répondre François Vallejo avec Hôtel Waldheim, son roman le plus intime. Adolescent, Jeff Valdera passait des vacances insouciantes à l'hôtel Waldheim de Davos. Des décennies plus tard, la fille d'un ancien transfuge de la RDA le contraint à revisiter les événements tragiques dont il a été témoin − et peut-être acteur. Un roman à tiroirs.

Tous ceux qui aiment les romans à tiroirs, l’espionnage, l’univers de Thomas Mann, les montagnes là-haut des sanatoriums de Davos, les histoires de transfuges de la RDA… C’est un très bon livre.  Sandrine Treiner

"Forêt obscure" de Nicole Krauss (L'Olivier)

Qu'advient-il lorsqu'on a perdu son chemin dans la vie ? Deux personnages, dont le double de la romancière, cherchent la réponse à Tel-Aviv. Happés par le fantasme de la disparition, ils s'abandonnent à leurs incertitudes. Nicole Krauss explore les thèmes de l’accomplissement de soi, des métamorphoses intimes, et nous convie à un voyage où la réalité cache toujours une part de fantastique.

Bonnes lectures !