100 ans de Mandela : analyse de son discours d'investiture par Fabrice d'Almeida

Publicité

100 ans de Mandela : analyse de son discours d'investiture par Fabrice d'Almeida

Par
Nelson Mandela pête serment le 10 mai 1994 en tant que premier président Noir d'Afrique du Sud
Nelson Mandela pête serment le 10 mai 1994 en tant que premier président Noir d'Afrique du Sud
© AFP

Vidéo . Il aurait eu 100 ans ce 18 juillet. Nelson Mandela n'en est pas moins d'une modernité troublante. Sa vision de l'humanité mais aussi du féminisme font écho à notre époque. Voici quelques extraits de son discours d'investiture commentés par l'historien Fabrice d'Almeida.

De l'expérience d'un désastre humain inouï qui a duré beaucoup trop longtemps doit naître une société dont toute l'humanité sera fière.
Nelson Mandela, le 10 mai 1994.

Fabrice d'Almeida : "C’est le discours d’investiture de Nelson Mandela, on est le 10 mai 1994. Nelson Mandela est conscient que pour créer une nouvelle nation, cette fameuse nation arc-en-ciel qu’il appelle de ses vœux, dans laquelle il n’y aurait aucun racisme, on ne peut pas mettre sous le tapis les crimes, les violences qui ont traversé l’Afrique du Sud depuis la mise en place du régime d’apartheid. Sous la pression internationale, avec la fin du communisme, le régime sud-africain, raciste, d’apartheid, tombe.

Publicité

Le 11 février 1990 Nelson Mandela est libéré et il va commencer une longue marche de négociations pour éviter une guerre civile à outrance et pour parvenir finalement aux élections de 1994 qui lui permettront d’accéder à la présidence."

**Nous, le peuple d'Afrique du Sud, nous nous sentons profondément satisfaits que l'humanité nous ait repris en son sein, nous qui étions hors-la-loi il n'y a pas si longtemps et que le privilège rare d'être l'hôte des nations du monde sur notre propre terre nous ait été accordé.  **Nelson Mandela, le 10 mai 1994.

Fabrice d'Almeida : "Nelson Mandela veut insister sur le fait que le régime sud-africain était un régime délinquant au regard des lois internationales des droits de l’homme, de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 qui est promue par l’ONU, par l’Unesco… toutes ces organisations internationales ont mis au ban l’Afrique du Sud comme régime raciste et il faut une phase de normalisation.
Là où il est un peu rusé Nelson Mandela, c’est que lui-même était pour le boycott de l’Afrique du Sud raciste, il l’a en partie organisé, maintenu, et une fois que le régime est tombé, que la normalisation démocratique est avancée, il œuvre pour que l’Afrique du Sud entre dans la communauté internationale et il joue pleinement son rôle car l’Afrique du Sud de Nelson Mandela reste une des premières puissances militaires du continent."

Nous nous engageons à libérer tout notre peuple de l'état permanent d'esclavage à la pauvreté, à la privation, à la souffrance, à la discrimination liée au sexe ou à toute autre discrimination. Nelson Mandela, le 10 mai 1994.

Ça peut paraître surprenant qu’en 1994 un homme comme Nelson Mandela insiste tellement sur le sexisme, mais il faut se souvenir qu’au milieu des années 50 quand il est pourchassé par la police sud-africaine il se retrouve arrêté et détenu à côté des dirigeantes du mouvement féministe sud-africain. Les grandes dirigeantes de l’ANC, notamment les femmes des dirigeants comme Albertina Sisulu ou Winnie Mandela, jouent un rôle crucial dans la lutte et donc l’ANC est anti-sexiste, veut la promotion des femmes dans la société et qu’on arrête de les discriminer. Or l’Afrique du Sud est un pays dans lequel il y a énormément de violences faites aux femmes. Au fond, il a une sorte de haine pour tout ce qui est préjugé et mépris de l’autre et le sexisme en fait partie. 

Pour en soir plus, écoutez Les Matins d'été avec Fabrice d'Almeida