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20 pays recrutent encore des enfants soldats

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Répartition des enfants soldats
Répartition des enfants soldats
© Radio France - Camille Renard

Carte. Il y a 10 ans à la Conférence de Paris, les Etats s'étaient engagés à "libérer les enfants de la guerre". Aujourd'hui, des enfants associés aux groupes armés sont encore recrutés et exploités dans 20 pays. Cartographie d'une tragédie humaine, à l'occasion de la journée mondiale des enfants soldats.

Les 20 pays ou zones concernés sont : Afghanistan, République centrafricaine, République Démocratique du Congo, Irak, les territoires palestiniens, Liban, Libye, Mali, Birmanie, Somalie, Soudan du Sud, Soudan, République arabe syrienne, Yémen, et dans des situations non saisies par le Conseil de sécurité de l'ONU : Colombie, Inde, Nigéria, Pakistan, Philippines, Thaïlande.

A la Conférence de Paris en février 2007, 105 Etats membres de l'ONU s'engagent à "libérer de la guerre" les enfants associés aux forces et groupes armés. 10 ans plus tard, les outils d'analyse globale manquent pour évaluer les progrès parcourus et ceux encore à accomplir. Cependant, une photographie de la situation mondiale actuelle permet de comprendre combien ce drame humain est encore répandu dans le monde.

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Selon le rapport 2016 de l'Unicef, des filles et des garçons de moins de 18 ans sont recrutés et exploités par des groupes armés dans 20 conflits répartis sur quatre régions du monde : Afrique, Asie, Moyen-Orient et Amérique latine. L'image du garçonnet Africain à la kalachnikov est loin d'être l'unique réalité : grande proportion de filles, conflits asiatiques (la Birmanie est un des principaux recruteurs d'enfants soldats) ou colombien (depuis 1964), multiples tâches assumées par les enfants : combattant, cuisinier, garde du corps, espion, garde, patrouille, faiseur de gri-gri protecteur pour les combattants...

Les raisons du recrutement d'enfants par les groupes armés sont multiples : prolifération d'armes légères qui s'adaptent aux petites mains, endoctrinement de jeunes enfants intellectuellement malléables, discrétion des enfants espions, terreur de l'ennemi face à la cruauté enfantine... Le nombre d'enfants soldats a ainsi doublé en Afghanistan en un an, et a quintuplé au Yémen par rapport à 2014. En Syrie, plus de 400 recrutements sont avérés : 264 dans les rangs du groupe "Etat islamique", 64 auprès de l'armée syrienne libre, le reste réparti entre les autres diverses factions. Sur les cas avérés, 56 % concernaient des enfants de moins de 15 ans, une augmentation sensible par rapport à 2014. L’ONU a pu confirmer la présence de centres d’entraînement militaire dans les trois provinces d'Alep, Deir el-Zor et Raqqah où se trouvent au moins 124 garçons de 10 à 15 ans. A également augmenté le recours à des enfants soldats étrangers, de 7 ans à peine dans 18 cas, et des séquences vidéo montrent des enfants utilisés comme bourreaux.

Des plans d'action mis en place par les régimes commencent à porter leurs fruits en République Démocratique du Congo et en Birmanie. Le Soudan, seul pays à ne pas avoir jusque-là prévu de plan d'action contre le recrutement d'enfants soldat a mis en place un protocole en 2016.

A ECOUTER "J'ai 12 ans et je suis soldat", Le Magazine de la rédaction, un reportage en République Démocratique du Congo.

Source de la carte : Unicef

Le 21 février 2017, l'UNICEF et le Ministère des Affaires Etrangères français prévoient d'organiser une conférence internationale, afin de faire le bilan des 10 ans des Principes et engagements de Paris, de mobiliser les outils juridiques et financiers existants pour mieux promouvoir les droits des enfants victimes des conflits armés et renforcer leur protection. La Conférence de 2017 portera une attention particulière sur les 6 violations graves faites aux enfants, telles que définies dans la résolution 1612 du Conseil de sécurité des Nations unies, par la mise en place de 6 tables-rondes.

Précision : Dans une première version, a été reprise par erreur dans la légende de la carte l'entrée globale du rapport de l'Unicef "Israël et Etat de Palestine", qui a pu laisser croire que l'Etat d'Israël recrutait aussi des enfant soldats. L'erreur a été corrigée.