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2020 : la décennie du retour sur la Lune

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À près de 400 000 km de la Terre, la Lune s'apprête à revoir des humains dans la décennie qui vient. Les Etats-Unis ont prévu d'y alunir en 2024 avant d'ouvrir l'aventure à des non Américains.
À près de 400 000 km de la Terre, la Lune s'apprête à revoir des humains dans la décennie qui vient. Les Etats-Unis ont prévu d'y alunir en 2024 avant d'ouvrir l'aventure à des non Américains.
© Maxppp - Geoff Swaine

Le retour des humains sur la Lune est prévu pour 2024 dans le cadre du programme Artemis : 55 ans après Apollo, l'équipage devrait être constitué d'un homme et d'une femme avec l'objectif d'installer une base pérenne sur notre satellite. Un projet auquel l'Europe et la France seront associés.

Un demi siècle après le petit pas de Neil Armstrong, l'humanité s'apprête à retourner sur la Lune. Mais cette fois, les États-Unis ne veulent pas faire que passer sur notre satellite ; le but est d'y rester. Une nouvelle fusée est en développement, un nouveau vaisseau également, ainsi qu'une nouvelle station qui tournera en orbite autour de la Lune. Autre différence avec les années 60 : d'autres pays seront associés. L'Europe et la France seront de la partie et devraient même avoir droit à quelques tickets pour leurs astronautes.

Le reportage de Maxime Tellier

3 min

Retourner sur la Lune pour y rester

Les différentes étapes du programme Artemis entre 2020 et 2024. Artemis III, prévue en 2024, sera la mission qui ramènera des humaines sur la Lune.
Les différentes étapes du programme Artemis entre 2020 et 2024. Artemis III, prévue en 2024, sera la mission qui ramènera des humaines sur la Lune.
- Nasa

Les six missions Apollo qui ont amené des humains sur la Lune ne sont pas restés bien longtemps sur notre satellite. Apollo 11, la première, n'y a "séjourné" qu'une vingtaine d'heures quand les plus longs séjours sur place n'ont pas dépassé trois jours (Apollo 15, 16 et 17). "Cette fois, quand nous irons sur la Lune, nous resterons", a prévenu à plusieurs reprises Jim Bridenstine, l'administrateur de la Nasa. 

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"Les Américains disent qu'ils veulent retourner sur la Lune pour y demeurer", confirme Jean-Yves Le Gall, le président du CNES (Centre national d'études spatiales), en charge du programme spatial français. "L'idée est de mener des études scientifiques qu'on n'a pas eu le temps de faire lors des six missions Apollo, qui n'ont fait que passer. Il y a 50 ans, par exemple, on ne savait pas qu'il y avait de l'eau sur la Lune. Aujourd'hui, on sait qu'il y en a". De l'eau qui pourrait être bue par les astronautes et qui pourrait servir aussi à propulser les fusées : l'eau (H2O) contenant de l'oxygène et de l'hydrogène.

Mais en retournant sur la Lune, les États-Unis voient encore plus loin : vers Mars. "Car il y a toujours ce projet à long terme d'aller un jour vers Mars", ajoute Jean-Yves Le Gall.

On s'est rendu compte que finalement, le meilleur moyen de se préparer à aller sur la planète rouge, c'était de s'entraîner sur la Lune. C'est pour cela que les États-Unis ont lancé le fameux programme Artemis.                                              
Jean-Yves Le Gall, président du CNES (Centre national d'études spatiales).

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Vidéo publiée par la Nasa pour présenter le programme Artemis.

À terme, Artemis a pour vocation de prendre le relais de la Station spatiale internationale (ISS), dont la "retraite" devrait arriver vers 2030, selon Jean-Yves Le Gall. Artemis mettrait en pratique les mêmes types de collaboration entre pays que pour l'ISS, dont le déploiement dans l'espace avait commencé en 1998. Artemis prévoit d'ailleurs le lancement d'une nouvelle station : Gateway, mais qui serait cette fois en orbite autour de la Lune et plus autour de la Terre. Gateway serait aussi une station pérenne, avec présence humaine régulière voire permanente, comme la base lunaire au sol, qui doit aussi voir le jour.

En savoir plus : Dans les coulisses de la mission Apollo 11

La France et l'Europe associées

"L'Agence spatiale européenne (ESA) est l'un des principaux partenaires de la Station spatiale internationale et, dans la mesure où l'exploration lunaire a vocation à succéder à la sation, ce sera un peu le même principe", poursuit Jean-Yves Le Gall. "Nous fournirons des équipements, qui vont constituer une partie des moyens qui seront mis en œuvre pour aller sur la Lune".

Ainsi, le module de service de la capsule Orion est développé par l'industrie européenne. "Il s'agit en quelque sorte de la salle des machines du vaisseau qui transportera les astronautes entre la Terre et la Lune", explique le président du CNES. "Et ensuite, il y a un certain nombre de coopérations bilatérales avec les États-Unis, la Chine et l'Inde. La France est un peu la championne de ces coopérations bilatérales du fait de l'excellence de notre communauté spatiale scientifique... Nous enverrons des instruments scientifiques là haut. L'Europe va jouer un rôle important dans cette exploration lunaire".

La capsule Orion, qui transportera les astronautes sur la Lune, comporte une partie européenne : le module de service (à gauche, supportant les panneaux solaires).
La capsule Orion, qui transportera les astronautes sur la Lune, comporte une partie européenne : le module de service (à gauche, supportant les panneaux solaires).
- Nasa

Et en plus de la coopération technique et scientifique, le retour sur la Lune pourrait aussi permettre à des Européens de fouler le sol de notre satellite. "Nous avons des Européens qui séjournent à bord de l'ISS et donc l'idée est qu'ils puissent aller sur la Lune également. La négociation reste encore à mener mais c'est l'objectif"

On pourrait donc avoir un Français sur la Lune avant la fin de la décennie ; c'est une possibilité. On pense bien sûr à Thomas Pesquet car pour l'instant, il n'y en a pas d'autres. Mais c'est un programme qui est en train de se mettre en place.                
Jean-Yves Le Gall, président du CNES.

Le principal intéressé a d'ailleurs déjà annoncé qu'il était candidat. "J'ai eu personnellement la chance d'aller dans l'espace une fois pendant deux cents jours à bord de la Station spatiale internationale", a dit l'astronaute dans un message vidéo en anglais, diffusé par le patron d'Arianespace pendant le Congrès astronautique international, qui s'est tenu en octobre à Washington. "Mais j'ai toujours rêvé d'aller plus loin et plus profondément dans l'espace. J'espère vraiment prendre ma part dans cette prochaine étape de l'exploration spatiale".

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