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21 ans d’horreur pour les adeptes du Falun Gong, victimes de l’oppression chinoise

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Rassemblement au Trocadéro, à Paris, le 19 juillet 2020, des membres du Falun Gong ou Falun Dafa pour que le monde n'oublie pas les 21 ans de persécution en Chine.
Rassemblement au Trocadéro, à Paris, le 19 juillet 2020, des membres du Falun Gong ou Falun Dafa pour que le monde n'oublie pas les 21 ans de persécution en Chine.
© Radio France - Nathanael Charbonnier

Il y a vingt et un ans débutait en Chine la persécution des adeptes du Falun Gong. Depuis, les membres de ce mouvement spirituel syncrétiste seraient traqués, emprisonnés et tués, notamment afin de pouvoir récupérer leurs organes. Certains parlent de crime contre l’humanité.

Dire que les pratiquants du Falun Gong sont victimes en Chine de prélèvements forcés d’organes n’est pas un délire. Journalistes, grands médias comme la BBC, politiques, ONG comme Amnesty International, médecins dans le monde entier le disent et le répètent avec de plus en plus d’insistance. Falun Gong ("L'École de la roue de la loi de Bouddha"), qui promeut de façon contestée par certains un retour aux sources du qi gong, une gymnastique traditionnelle qui privilégie les exercices respiratoires, avec des emprunts au bouddhisme et au taoïsme.

Le docteur en neurosciences Alexis Genin, dénonce, lui, ces persécutions avec certitude : 

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Que les pratiquants du Falun Gong soient victimes de prélèvements forcés d'organes est un fait avéré. Il y a de multiples témoignages de proches de victimes, de médecins chinois qui ont participé à ces prélèvements forcés qui le disent. Le seul point qui reste à établir, c’est l’ampleur du phénomène.

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Le prélèvement forcé d’organes, une horreur absolue

Ce "phénomène", justement, quel est-il ? Pour le docteur Harold King, de l’ONG Dafoh, qui travaille sur le sujet depuis des années, il faut que le monde sache que ce sont réellement des prélèvements forcés d’organes. Et le médecin de décrire la barbarie de ce qui serait pratiqué : 

Le prélèvement forcé d’organes est le prélèvement de tous les organes vitaux, qu’ils soient utilisés ou pas, sur une personne qui est saine et vivante. Et cela évidemment entraîne la mort du donneur.

Certains racontent même que parfois des prélèvements peuvent se faire à vif, lorsqu'il s'agit de prélèvements de cornées par exemple.

Le reportage de Nathanael Charbonnier à ce sujet

1 min

L’année 1999, quand tout a commencé

Le lien entre Falun Gong et prélèvements forcés d’organes a débuté au début des années 2000. C’est à cette date là que la pratique et l'appartenance à ce mouvement spirituel vont être interdits en Chine. 

Le journaliste, chercheur et membre du centre américain Russel Kirk dans le Michigan, Marco Respinti explique que le Parti communiste chinois déteste toutes les religions et qu'il les a classées en trois groupes, appelés "marché rouge", "gris" et "noir". "Le rouge est composé des religions acceptées, comme le bouddhisme ou le catholicisme, explique-t-il. Le marché gris rassemble, lui, des églises ou mouvements qui refusent de rejoindre les organisations religieuses officielles mais qui ne sont pas pour autant pourchassées. Enfin, le marché noir, le pire aux yeux de la dictature, car jugé "ennemi" du Parti communiste chinois. Les membres du Falun Gong se trouvent depuis 1999 dans cette catégorie et sont par conséquent pourchassés et persécutés."

Marche des Falun gong à Paris
Marche des Falun gong à Paris
© Radio France - Nathanael Charbonnier

Il faudra attendre 2006 pour que le lien se fasse entre emprisonnement des Falun Gong et transplantations d’organes. Le docteur Alexis Genin raconte que "le premier témoignage est venu de la femme d’un médecin chinois qui s’est enfuie aux États-Unis et qui a appelé la presse pour expliquer que son mari avait prélevé des organes sur des milliers de pratiquants de Falun Gong". 

En mars 2007, le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, Manfred Nowak, confirmera les rumeurs de tortures en Chine. Puis suivront des enquêtes accablantes menées par l'avocat international David Matas et l'ancien Secrétaire d'État du Canada David Kilpour sur le même sujet. On peut encore ajouter le vote par le Parlement européen en 2013 d'une résolution condamnant les prélèvements forcés d'organes autorisés par l'État chinois.  

Étrangement, en effet, le nombre de transplantations a augmenté en Chine à partir de cette époque là, c'est-à-dire au début des années 2000. Mais le plus troublant est que parallèlement durant cette période s'est développé en Chine un marché juteux de dons et de transplantations d’organes, estimé chaque année à plusieurs milliards d’euros.

On parle de 90 000 actes par an (chiffre issu de projections difficilement vérifiables), avec des délais d’attentes pour les receveurs extrêmement courts. Or, les spécialistes savent qu’un malade en attente d’un organe doit s’armer de patience avant d’être greffé. Cela peut prendre parfois des mois ou des années. Mais pas en Chine, où il est étrangement possible de trouver un foie, un rein ou un cœur en un temps record. Ceci grâce à un "stock d'organes", en l'occurrence ceux qui proviendraient des membres du Falun Gong.  

Médiation Falun Gong autour l'authenticité, la bienveillance et la patience
Médiation Falun Gong autour l'authenticité, la bienveillance et la patience
© Radio France - Nathanael Charbonnier

Un trafic directement organisé par un État, sentiment de déjà vu !

On est loin des petits réseaux mafieux de trafics d’organes qui existent au Mexique ou dans certains pays de l'Est. Eux s'enrichissent en revendant ici un rein, là une cornée. Dans le cas des Falun Gong, il s’agirait d’une persécution et de trafics à grande échelle directement organisés par un État, à savoir la Chine et sa dictature. 

L’ancienne députée UMP et secrétaire d’État dans le gouvernement de Jacques Chirac Françoise Hostalier pose directement la question :

À ma connaissance, le seul régime politique qui a jamais fait cela dans l’histoire de l’humanité est le régime des nazis.

Et Françoise Hostalier de demander qu’on ouvre enfin les yeux par rapport à nos relations avec la Chine.

Falun Gong, un mouvement qui n’a rien d’une secte

Le Falun Gong est aussi appelé Falun Dafa. C’est un mélange de méditation liée à des exercices lents et souples. Il repose sur trois principes : l’authenticité, la bonté et la tolérance. On peut parfois voir les adeptes de ce mouvement pratiquer leur discipline dans les parcs ou sur certaines places dans les villes.

Le Falun Gong est né au début des années 1990, initié par Li Hongzhi. Dans un premier temps, ce mouvement a été soutenu par les autorités chinoises. Mais devant son expansion – on parle de 60 millions de pratiquants au milieu des années 1990 – la dictature communiste prend peur et change d’attitude. Elle commence à réprimer ses membres. L’argument avancé étant que le Falun Gong est une secte.

Pourtant, explique la députée Frédérique Dumas, membre de la commission des Affaires étrangères à l’Assemblée nationale il n'en est rien :

Pour moi, le Falun Gong n’est absolument pas une secte. Il s’agit de personnes qui prônent l’authenticité, qui croient à l’harmonie de la Terre. Il n'y a rien dans la pratique du Falun Gong qui puisse laisser penser cela.

Elle ajoute : "Une secte, c’est quand on essaie de manipuler des gens pour obtenir d’eux notamment de l’argent. Or le Falun Gong est gratuit." L’élue de conclure en rappelant qu’en France, le Falun Gong n’est absolument pas considéré comme une secte.

Compte twitter de la députée Frédérique Dumas
Compte twitter de la députée Frédérique Dumas
© Radio France

Le Falun Gong n'a jamais été vu par la Miviludes, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, comme un mouvement suspect. Il s'est fait connaître en France par son spectacle Shen Yun, sur lequel une de nos journalistes avait enquêté l'an dernier :

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Démonstration à Paris de méditation Falun Gong place des droits de l'homme pour les 21 ans de persécution
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© Radio France - Nathanael Charbonnier