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24 heures dans la langue française

Jeudi 20 mars 2014

La Roumanie est un pays qui s’est construit sur les ruines et influences diverses, ottomanes, russes, austro-hongroises… de plusieurs anciens empires : la Moldavie, la Transylvanie, la Valachie, le Banat… "Le seul liant du pays a été la langue roumaine. ", souligne** Stanislas Pierret, directeur de l’Institut français** (les instituts français dépendent du Ministère des affaires étrangères) de Bucarest, persuadé que "si on veut garder une Europe francophone, il faut absolument consolider la francophonie en Roumanie. C’est un pays clé, c’est un pays laboratoire. "

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Stanislas Pierret
Stanislas Pierret

Aujourd’hui, la Roumanie est l’un des pays les plus francophones d’Europe. Pour des raisons historiques, un nombre conséquent de personnes âgées y parlent français : il y a près de 10 000 professeurs de français, et 1 600 000 élèves l'apprennent en seconde langue, ce qui correspond à 70% d’entre eux : "*Il y a eu un recul depuis 20 ans. Depuis la Révolution de velours et la chute de Ceausescu, l’anglais est passé devant. Mais le français reste très enseigné." * estime Stanislas Pierret, qui se vante d’un "dispositif de filières bilingues très performant en Roumanie : une trentaine, ce qui est considérable. "

Mais pour lui, le français doit d’abord être une langue d’influence :

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L'Institut français de Bucarest
L'Institut français de Bucarest

A propos d’influence… Comme partout dans le monde, l’Institut français dispense des cours de langue. Ceux-ci sont délivrés au sous-sol de l'établissement (tandis que les bureaux de la Direction, spacieux, sont à l'étage), et certaines personnes que nous avons rencontrées, ayant enseigné ou enseignant toujours à l'institut, pointent parfois du doigt quelques tensions, voire une certaine arrogance : "On a l’impression que les Français viennent ici pour enseigner, jamais pour apprendre. ", confient-ils, certains n'hésitant pas à employer le mot de "colonialisme ".

Néanmoins, par-delà les institutions, comment le français est-il pratiqué, apprécié, par la population roumaine ? Pour nous faire une idée, nous sommes allés à la découverte d’un centre culturel français piloté avec beaucoup d'énergie et les moyens du bord à Buzau , à 120 km de Bucarest ; arpenté les allées du très beau Musée national du paysan roumain qui développe sa signalétique en français ; et rencontré libraires et clients de Kyralina, célèbre librairie française de Bucarest.

Hélène Combis-Schlumberger