25 choses à faire avant de mourir, selon Georges Perec - #CulturePrime

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25 choses à faire avant de mourir, selon Georges Perec

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Archives | Planter un arbre, ranger sa bibliothèque, dormir à l'hôtel dans sa propre ville... Voici 25 choses à faire avant de mourir, selon l'écrivain Georges Perec. Et vous, que voudriez-vous faire avant de mourir ?

En 1981, l'écrivain Georges Perec liste les choses qu'il faudrait faire avant de mourir. Il ne sait pas alors qu'il mourra quelques mois plus tard, d'un cancer du poumon. Voici une sélection piochée dans cette liste. 

En savoir plus : Georges Perec, Mode d'Emploi

Pour commencer il y a d’abord des choses très faciles à faire, par exemple faire une promenade sur les bateaux-mouches. Depuis que je suis Parisien, c’est-à-dire depuis ma naissance je n’ai jamais été sur des bateaux- mouches.

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Ensuite, il y a des choses un tout petit peu plus importantes, des choses qui impliquent des décisions de ma part, des choses dont je me dis que si je les faisais elles me rendraient peut-être la vie plus facile. Par exemple, faire l’acquisition de divers appareils électro-ménagers, une machine à laver la vaisselle, une machine à laver le linge.

Ensuite, il y a des choses qui sont liées à des désirs plus profonds de changement. Par exemple m’habiller d’une façon tout à fait différente : me remettre à porter des cravates, enfin quand je dis me remettre, je crois que je n’ai pratiquement jamais porté de cravate de ma vie. Me faire confectionner un costume trois pièces, avec un gilet enfin voir un peu ce que ça ferait si je changeais complètement de vêture.

Il y a une chose que j’aimerais faire aussi c’est aller vivre à l’hôtel à Paris. C’est un mode de vie. Tout en vivant à Paris, vivre à l’hôtel.

Une chose que j’aimerais beaucoup faire aussi, c’est vivre une expérience hors du temps comme Michel Siffre, vous savez ce qu’on appelle vivre en libre cours, c’est-à-dire dans un grotte sans point de repère du temps.

Aller au-delà du cercle polaire.

Ah et puis une chose qui fait référence à une carte postale que j’ai reçue un jour, il s'agit d'aller du Maroc à Tombouctou, à dos de chameau, en 52 jours. En plus si on part avec une secrétaire, on peut dicter La Chartreuse de Parme, puisque c’est exactement le temps qu’il a fallu à Stendhal pour écrire La Chartreuse de Parme.

Ensuite, j’aimerais boire du rhum trouvé au fond de la mer comme le capitaine Haddock dans Le Trésor de Rackham le Rouge. Il y a un galion qui a coulé au XVIIe siècle avec une cargaison de rhum et puis avant de trouver le trésor, on commence par remonter les bouteilles. Boire du rhum de 1650, enfin quelque chose comme ça.

Apprendre à jouer de la batterie, parce que j’ai l’impression que c’est un peu plus facile, disons que le saxophone. Faire du jazz.

Ensuite c’est trouver la solution du cube hongrois (rubik's cube - ndlr). Alors j’ai déjà perdu pas mal d’heures, mais j’étais arrivé à des ébauches de solutions.

Et puis aussi faire de la peinture, il faudrait oser. C’est ce que je voulais faire au début c’est-à-dire avant de vouloir être écrivain comme on dit, je disais que je serai peintre. Pourtant peut-être que ce n’est pas impossible.

Rien de tout ça n’est impossible pour l’instant.

Alors ensuite, il y a des choses qui sont liées à mon travail d’écrivain. Par exemple, j’aimerais écrire un scénario de film d’aventure, un film un peu grandiose, je veux dire, pas nécessairement James Bond, mais un film d’aventure où on aurait les moyens de rêver à des choses superbes au cinéma.

Écrire un vrai roman-feuilleton, faire ce que Simenon, parait-il, a fait pendant une époque, être  dans une vitrine et écrire un livre, d’une certaine manière en public. Ce genre de défi d’écriture, donc avoir une espèce de canevas assez vague et puis tous les jours, pendant 4 heures, faire cette espèce de métier d’écrivain public, ça j’aimerais beaucoup le faire, ça m’amuserait beaucoup.

Il y a encore une chose que j’aimerais faire. C’est planter un arbre. Évidemment pour le regarder pousser.