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2666, par Julien Gosselin : voyage au bout de la nuit

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La pièce 2666, d’après le roman du chilien Roberto Bolano
La pièce 2666, d’après le roman du chilien Roberto Bolano
© AFP - Boris Horvat

Avignon 2016. Après avoir triomphé à Avignon il y a deux ans en y présentant les Particules élémentaires, d’après le roman de Michel Houellebecq, le jeune metteur en scène Julien Gosselin revient au Festival avec un spectacle fleuve de 12 heures : 2666, d’après le roman du chilien Roberto Bolano.

Julien Gosselin n’a pas encore 30 ans, et seulement cinq mises en scène à son actif. Pourtant, il se hisse au niveau des meilleurs. Son absence de peur, son envie de repousser les limites l’ont mené tout droit vers les milles pages d’un roman qui entremêle l’amour, le meurtre, la folie, l’onirisme et le suspense dans une brassée d’histoires qui courent d’Europe en Amérique du Sud.

Le roman de Bolano est découpé en cinq parties. On y suit la trace de personnages dans la vie desquels on s’immerge ; Puis on les perd pour entrer dans l’existence d’autres héros qui nous mobilisent à leur tour. Tout est éclaté et pourtant tout est lié dans ce livre inouï où ce qui domine, c’est la littérature.

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Or, c’est justement la force hypnotique de la littérature, le pouvoir magique de la fiction, que voulait transmettre au public Julien Gosselin. Ce qu’on voit sur le plateau est une hybridation somptueuse entre un théâtre de corps et de texte et un théâtre ultra contemporain, déployé à coups de vidéo et de musique en live. Il faut pour arriver à cette osmose parfaite de l’un et l’autre des acteurs hors pairs. Ils le sont. Il faut aussi une maîtrise de l’espace et du tempo. Elle est là. Il faut enfin une capacité à opérer des choix, parfois radicaux, de mise en scène pour restituer les excès d’un roman qui ne ménage pas son lecteur. Julien Gosselin a tout en main : Le talent, l’audace, l’intelligence. Comme Angelica Liddell, il exècre la demi mesure, les compromis, les séductions faciles. C’est aussi à cela qu’on reconnaît la marque des grands.

2666, adaptation et mise en scène par Julien Gosselin, d’après le roman de Roberto Bolano, jusqu’au 16 juillet au Festival d’Avignon.