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5 expositions pour comprendre les désordres du monde

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Le drone d'Iconem peut photographier des sites à 50 km de distance - exposition au Grand Palais.
Le drone d'Iconem peut photographier des sites à 50 km de distance - exposition au Grand Palais.
© Radio France - Pierre Ropert

Les grandes problématiques de nos sociétés qu’elles soient d’ordre politique, social ou sociétal s'invitent de plus en plus dans les musées. La preuve avec cinq expositions récentes ou encore à voir en France en ce moment.

L'actualité culturelle en 2016 et en ce début d’année a été marquée par de grandes expositions qui s’inscrivent dans le champ politique. Ségrégation chez les artistes africains-américains, soulèvements des foules et insoumission du peuple, abolition des frontières ou encore destruction du patrimoine en Irak et en Syrie : le lieu de l’exposition, tout comme la figure de l’artiste engagé, semblent s’attacher à témoigner plus que jamais des bouleversements politiques que vit notre société. Voici une liste non exhaustive des expositions teintées de politique qui ont été saluées par la critique, certaines déja terminées, d'autres encore ouvertes.

Désordres sociaux, agitations politiques et insoumissions : Soulèvements au Jeu de Paume

Affiche de l'exposition Soulèvements au Jeu de Paume
Affiche de l'exposition Soulèvements au Jeu de Paume

"Se soulever, c'est une force.", Georges Didi-Huberman dans La Matinale du Samedi.

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Soulèvements est une exposition transdisciplinaire qui raconte en images et en suivant un cheminement sensible ce que signifie pour un individu ou un peuple "se soulever". Le parcours de l’exposition permet d’appréhender les soulèvements depuis la vague qui se lève jusqu’à la force du désir en passant par les gestes (les bras au ciel, le poing levé), les mots et les conflits. Le point de départ de cette exposition est éminemment politique. Dans le catalogue de l’exposition, son commissaire le philosophe et historien de l’art Georges Didi-Huberman exprime sa volonté de redonner une place au politique, d’encourager en somme les résistances des peuples. L'exposition a fermé ses portes le 15 janvier dernier.

"La lourdeur des temps me pèse. L’exposition Soulèvements est une façon de réfléchir aux possibilités qui s’offrent à nous.", Georges Didi-Huberman dans La Grande Table.

Pour La Matinale du samedi, Georges Didi-Huberman a accepté d’être les yeux de son exposition. Voici un avant goût de cette promenade radiophonique : "Le vent de l’Histoire qui se soulève est une métaphore qui a une histoire très longue et très importante. Ce qui m’a d’abord guidé dans la création de cette exposition, c’est Victor Hugo. Il a écrit sur les soulèvements, notamment dans Les Misérables_. C’est quelqu’un qui a beaucoup parlé et représenté des tempêtes. L’idée donc de ce début d’exposition c’est de mettre l'attention sur la tempête se soulève, sur le vent qui nous soulève et qui va soulever toutes choses_."

À écouter : une visite radiophonique de l'exposition tout en douceur et en révolte.

The Color Line au musée du quai Branly-Jacques Chirac : contre une "ligne de couleur" discriminatoire

The Color Line au Musée du Quai Branly Jacques Chirac
The Color Line au Musée du Quai Branly Jacques Chirac

"Il est très important de répéter qu’il ne s’agit pas d’une exposition sur l’art africain-américain mais une exposition sur la ségrégation telle qu’elle est racontée par les artistes africains-américains", Yasmine Youssi, journaliste dans La Dispute.

Quel rôle a joué l’art dans la quête d’égalité et d’affirmation de l’identité noire dans l’Amérique de la ségrégation ? Voici la question à laquelle l’exposition The Color Line a souhaité répondre. Assez atypique, cette exposition mêle art, littérature, cinéma et photographie et met en regard des artistes d’hier et d’aujourd’hui. En traitant d’Histoire, de société et de politique, The Color Line permet d’approfondir un pan de l’Histoire encore assez méconnu en France, et rend hommage à près d’un siècle et demi de luttes artistiques pour l’égalité.

Chez les artistes africains-américains de la Ségrégation, la musique tient une place centrale. Matthieu Conquet nous explique tout ici. Laissez-vous porter par les critiques de La Dispute d'Arnaud Laporte pour plus de détails sur cette exposition.

Promenade dans l'inconscient d’Anna Boghiguian à Carré d’Art de Nîmes

The Salt Traders, 2015. Vue d’installation au Galata Greek Primary School, 14e Biennale d’Istanbul, 2015.
The Salt Traders, 2015. Vue d’installation au Galata Greek Primary School, 14e Biennale d’Istanbul, 2015.
- © Anna Boghiguian

Abolir toute frontière. C’est là le désir d’Anna Boghiguian, à travers ses œuvres qui dessinent une cartographie du monde. Le musée d’art contemporain Carré d’art de Nîmes accueille jusqu’au 19 février des installations, peintures et dessins de l’artiste. Dans cette exposition, elle nous offre une réflexion dense sur son thème de prédilection, l’espace. Selon l’artiste, nous sommes tous conditionnés par les murs qui nous entourent, qu’ils soient religieux, politiques ou culturels. Elle nous encourage à les abattre.

À écouter : La Série Documentaire qui décrit en quatre épisodes le passage des frontières.

De Bâmiyân à Palmyre, voyage au cœur des sites du patrimoine universel, au Grand Palais : quand le numérique redonne vie aux sites éternels

Le drone d'Iconem peut photographier des sites à 50 km de distance.
Le drone d'Iconem peut photographier des sites à 50 km de distance.
© Radio France - Pierre Ropert

Khorsabad en Irak, Palmyre, La Grande Mosquée de Damas et Le Krak des Chevaliers à Damas, en Syrie sont les quatre grands sites archéologiques actuellement situés en zones de conflit. Très médiatisé, c’est surtout le destin de Palmyre, cette cité archéologique située en plein milieu du désert syrien, qui a suscité l’émoi de la communauté internationale. Mais tous ces sites sont en passe d'être détruits. A l'aide d'images et films projetés sur les murs, Le Grand Palais a voulu rendre accessible ces joyaux du patrimoine mondial en permettant de voir ce qu’il en reste, et d’observer numériquement les reconstitutions qui en ont été faites.

À lire : Comment le numérique redonne vie à Palmyre. Visite guidée de l'exposition au Grand Palais

Guerres secrètes au Musée de l'Armée à Paris : immersion dans le monde de l'ombre

Chevalière à chaton amovible, rouge à lèvres "baiser de la mort" et appareil photo MINOX•
Chevalière à chaton amovible, rouge à lèvres "baiser de la mort" et appareil photo MINOX•
- Crédits : Paris - Musée de l'Armée, Emilie Cambier/ Collection Sussex, D. Soulie

Guerres secrètes se tient jusqu'au 29 janvier 2017 au Musée de l'Armée de l'hôtel des Invalides. Du Second Empire à la chute de l'Union soviétique en 1991, l'exposition aborde pour la première fois le sujet des guerres secrètes à travers leurs enjeux, leurs mécanismes, leurs moyens ainsi que les hommes et les femmes qui en sont les acteurs. En déambulant dans le lieu, vous saurez tout de l'espionnage et du renseignement, deux modes d’action des États contemporains, tant du point de vue politique et diplomatique que militaire. Vol de données, renseignements généraux, guerre contre le terrorisme : Guerres secrètes fait écho à nombre de problématiques actuelles dans nos sociétés.

Les Nuits de France Culture ont saisi l'occasion de cette exposition pour composer deux Nuits Spéciales consacrées au monde de l'espionnage. Découvrez-les ici et !

Découvrez toutes les subtilités du matériel d'espionnage dans ce reportage réalisé avec la commissaire de l'exposition Guerres secrètes.

À (ré)écouter : LSD, La série documentaire, est consacrée à "L'espionnage sur écoute".