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6 tragédies de Jean Racine à écouter

Léonie Simaga, Clément Hervieu-Leger et Julie-Marie Parmentier dans la mise en scène d'Andromaque de Muriel Mayette (Comédie Française, 2010)
Léonie Simaga, Clément Hervieu-Leger et Julie-Marie Parmentier dans la mise en scène d'Andromaque de Muriel Mayette (Comédie Française, 2010)
© Getty - Raphael GAILLARDE/Gamma-Rapho

"Phédre", "Bérénice", "Andromaque" ou même une version d'"Iphigénie" enregistrée au début du mois de mars dernier... par les acteurs de la Comédie-Française, six grandes tragédies classiques de Jean Racine.

Le partenariat qui lie France Culture et la Comédie-Française a permis d’enregistrer de nombreuses pièces du répertoire du théâtre classique et ainsi de constituer une mémoire radiophonique de notre patrimoine théâtral. Retrouvez ici l’intégrale des pièces de Jean Racine.

Il y a chez Racine le rêve, la tentation de l'oratorio. Eric Ruf

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1. Phèdre (1677)

Fille de Minos et de Pasiphaé, Phèdre lutte en vain contre la passion qu’elle éprouve pour Hippolyte, le fils de Thésée dont elle est l’épouse. Épuisée et culpabilisée par ses sentiments qu’elle ne contrôle pas, elle cherche par tous les moyens à l’éloigner d’elle. Ce beau-fils, adulé et rejeté, a l’intention de quitter Trézène pour partir à la recherche de son père disparu pendant la guerre de Troie, fuyant aussi par là son propre amour pour Aricie, sœur des Pallantides, clan ennemi. La mort que Phèdre implore pour expurger son crime sera retardée par l’annonce du retour de Thésée, après qu’elle a dévoilé ses sentiments à Hippolyte. Maudissant son fils qui l’aurait outragé, Thésée apprend trop tard son innocence – de la bouche même de Phèdre qui meurt à ses pieds.

Durée : 1h55

En savoir plus : Phèdre (1677)

2. Bérénice (1670)

Titus, qui aimait passionnément Bérénice, et qui même, à ce qu'on croyait, lui avait promis de l'épouser, la renvoya de Rome, malgré lui et malgré elle, dès les premiers jours de son empire. Cette action est très fameuse dans l'histoire, et je l'ai trouvée très propre pour le théâtre, par la violence des passions qu'elle y pouvait exciter. Jean Racine

Durée : 1h55

En savoir plus : Bérénice (1670)

3. Andromaque (1667)

Quand Oreste arrive en Épire pour réclamer à Pyrrhus le jeune Astyanax, fils d'Andromaque, qui représente une menace pour les Grecs, il se heurte au refus de Pyrrhus, parce que ce dernier cherche à séduire Andromaque dont il est épris. Mais celle-ci, fidèle au souvenir d'Hector, son mari défunt, lui résiste. Ignorant les déclarations brûlantes d'Oreste, Hermione aime Pyrrhus auquel elle est fiancée. Elle est venue de Sparte pour l'épouser ; il la dédaigne. Les luttes menées par les membres de ce quatuor amoureux pour sortir de l'impasse dans laquelle ils se trouvent sont le moteur de la tragédie qui réglera leur sort...

Durée : 1h55

En savoir plus : Andromaque (1667)

4. Bajazet (1672)

Se sentant en disgrâce, le grand vizir Acomat conspire pour que le frère d’Amurat, Bajazet, devienne sultan. Il imagine une rencontre entre ce dernier et Roxane afin qu’elle tombe amoureuse et qu’il accède au titre. Or, la princesse Atalide qui lui sert d’intermédiaire et Bajazet s’aiment en secret. Dans cette tragédie, Racine mêle dans l’univers confiné du sérail complot politique et amoureux.

Durée : 1h58

En savoir plus : Bajazet (1672)

5. Britannicus (1669)

Tissu d’intrigues entre hommes de pouvoir, dans lesquelles la politique se mêle à l'intime par le biais des liens filiaux, des haines ou des amours que se vouent les protagonistes, Britannicus est le récit d’une prise de pouvoir, celle de l'empereur romain Néron, véritable héros de l'œuvre dont le titre est pourtant celui de sa victime. Et renvoie à un épisode particulier de l’histoire romaine, ce moment où émerge un monstre.

Durée : 1h58

En savoir plus : Britannicus (1669)

6. Iphigénie (1674)

Sur les rivages d’Aulis, les Grecs se préparent à attaquer Troie. Mais les dieux retiennent les vents et les navires. Agamemnon, le chef des Grecs, est contraint de consulter l’oracle Calchas. Celui-ci lui ordonne de sacrifier sa fille Iphigénie afin d’apaiser la déesse Artémis.

Si le théâtre de Racine est, pour reprendre les mots de Barthes, un théâtre de la violence, "Iphigénie" apparaît immédiatement comme l'une de ses œuvres les plus emblématiques. Une pièce saisissante, qui, de plein fouet, frappe le lecteur par la violence qui la traverse comme un fer brûlant. Des personnages hors d’eux même, plongés dans la rage et le désespoir par l'horreur du sacrifice exigé par les Dieux.        
Thierry Hancisse, Conseiller artistique et sociétaire de la Comédie-Française

En savoir plus : Iphigénie (1674)

Durée : 1h57