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7 révolutions dans l'histoire de la médecine

Ballons à col-de-cygne utilisés par Louis Pasteur pour ses travaux sur la fermentation et la génération spontanée (Musée Pasteur)
Ballons à col-de-cygne utilisés par Louis Pasteur pour ses travaux sur la fermentation et la génération spontanée (Musée Pasteur)
© Getty - BSIP/UIG

France Culture Education. L’histoire de la médecine est faite de tâtonnements, d’erreurs et de hasards, autant que d’intuitions géniales et de glorieuses découvertes. Cette sélection d'émissions vous propose d'en découvrir sept, de l'asepsie à la radiologie en passant par la vaccination.

La recherche médicale constitue un élément clé dans la période que nous traversons et suscite de vifs débats. Mais, si l'on n'employait pas encore ce terme, les travaux des savants, médecins ou biologistes ont, depuis l'Antiquité, contribué à produire des révolutions dans l'art de soigner, permettant une meilleure compréhension du corps et de ses maladies, et des progrès parfois spectaculaires dans la guérison de celles-ci. Le plus souvent nées de tâtonnements, de hasards heureux, quelque fois d'intuitions géniales, certaines de ces découvertes ont trouvé une application rapide dans le champ de la médecine. Pour d'autres, le chemin entre la théorie et la pratique a été long et semé d'embûches. Cette sélection d'émissions vous propose de mieux connaître l'histoire de quelques unes de ces innovations scientifiques majeures, de l'asepsie à la radiologie en passant par la vaccination.

"Au moment d’être admis(e) à exercer la médecine, je jure d’être fidèle aux lois de l’honneur et de la probité." Telle est la première phrase du serment traditionnellement prononcé par toute personne s’engageant dans cette profession. Attribué à Hippocrate de Cos, le texte pose les fondations d’une pratique éthique. Mais qui était ce médecin grec, né en 460 avant J.-C. ? Quelle médecine pratiquait-il ? Quelles connaissances a-t-il apporté à l’art médical de son époque ? Cette émission de La Méthode scientifique répond à toutes ces questions.

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58 min

Esprit méthodique, Galien de Pergame (129-201 de notre ère), né cinq siècles après Hippocrate, est l'auteur d'une monumentale encyclopédie, riche de 150 traités. En s'appuyant à la fois sur la théorie et sur ses observations, celui qui fut également le médecin de l'empereur Marc Aurèle et des gladiateurs romains, décrit notamment une trentaine de types de pulsation cardiaque différents. Il pose également les bases de la pharmacologie en consacrant pas moins de 3 500 pages à tenter de théoriser les principes actifs des "remèdes" et autres drogues connus par les médecins de son époque.

Médecin de campagne, Edward Jenner remarque que les garçons vachers développent une forme moins grave de la variole. Il va avoir l'idée d'inoculer à ses patients la variole de la vache, bénigne pour l’homme, mais qui les protège de la variole mortelle dans 1 cas sur 5 et qui fait des centaines de milliers de victimes chaque année à cette époque. Nouveau, révolutionnaire, incompréhensible, le procédé de l'inoculation variolique est rejeté par une grande partie de la population, y compris par des médecins, car le principe d’immunologie n’est pas encore connu. Ce n'est que 80 ans plus tard que Louis Pasteur le généralisera.

  • 4. Louis Pasteur (1822-1895), pionnier de la microbiologie

De la dissymétrie moléculaire au vaccin contre la rage, en passant par ses travaux sur la fermentation de la bière, du vin, ou encore sur la maladie du ver à soie, Louis Pasteur fut toute sa vie un chercheur acharné. Ces deux émissions proposent de découvrir deux aspects des travaux de cet ogre scientifique, considéré comme le pionnier de la microbiologie.

En 1849, alors qu'il n'a que 26 ans, Louis Pasteur fait une découverte capitale. Constatant une anomalie dans les comportements respectifs du tartrate vis-à-vis de la lumière polarisée, il en déduit que la dissymétrie moléculaire est caractéristique de la vie. Une dizaine d’années plus tard, au terme d’un affrontement houleux avec le naturaliste Félix-Archimède Pouchet, Pasteur met fin à un très vieux débat sur la génération spontanée.

54 min

Sur fond de guerre franco-prussienne de 1870, le français Louis Pasteur, père de la microbiologie, et l'allemand Robert Koch, dont le nom évoque le bacille de la tuberculose, vont entrer dans une terrible compétition scientifique. Cette émission raconte l'affrontement de deux rivaux, son origine et son issue, puisque cette querelle sera à l'origine de la découverte de solutions pour remédier aux principales maladies infectieuses qui décimaient les populations d'alors.

54 min

Au milieu du XIXe siècle, le lien entre hygiène des mains et infections microbiennes n'était pas encore reconnu. En 1846, Philippe Ignace Semmelweis, médecin obstétricien hongrois, fit pourtant une découverte essentielle sur la fièvre dont mouraient de nombreuses femmes qui venaient d'accoucher dans son hôpital. Il devina que les étudiants en médecine étaient responsables de cette hécatombe : ceux-ci autopsiaient des cadavres puis pratiquaient des accouchements sans s'être lavé les mains. Génie bizarre au caractère brutal, Semmelweis, après avoir tenté sans succès d'imposer sa découverte au corps médical, perdit son poste et, totalement incompris de ses pairs, finit ses jours dans un asile psychiatrique. Il ne fut réhabilité qu'à la fin du XIXe siècle, après que Pasteur, Koch ou encore Yersin eurent validé son intuition sur le rôle essentiel de l'asepsie.

Comme bien d'autres découvertes scientifiques, c'est accidentellement que Wilhelm Röntgen découvre les rayons X en 1895. En cherchant à comprendre ce que sont les rayons cathodiques, émis par le passage de l’électricité dans des tubes de verre sous vide, le physicien allemand découvre d’étranges rayons qui ont la capacité de traverser différemment la matière en fonction de sa composition… et qui permettent de voir l’intérieur du corps humain ! Parce qu'ils étaient inconnus, Röntgen les baptisa X, et ainsi débuta l’histoire de la radiographie médicale.

58 min

Le 3 septembre 1928, à son retour de vacances, Alexander Fleming retrouve son laboratoire londonien et constate que certaines de ses boîtes de culture, sur lesquelles il fait pousser des staphylocoques - c’est-à-dire des bactéries - ont été contaminées par une souche de champignon microscopique, le Penicilium notatum, utilisée par son voisin de paillasse. Le biologiste est sur le point de jeter ses boîtes lorsqu’il remarque qu’autour des moisissures s'est formée une zone vide sur laquelle les bactéries n'ont pas poussé. Il émet alors l’hypothèse que le champignon fabrique une substance antibactérienne, qu’il nomme "pénicilline". De sa découverte découlera plus tard le tout premier antibiotique, pour lequel Alexander Fleming recevra le prix Nobel de médecine en 1945.

A écouter aussi...

A l'égal des Principia de Newton ou de la relativité générale d'Einstein en physique, De l'auscultation médiate, publié par René Laënnec en 1819, ne se contente pas de donner le mode d'emploi d'un instrument alors nouveau, le stéthoscope. Il rend compte également de la réflexion quasi-obsessionnelle de son auteur pour refonder la médecine du début du XIXe siècle sur de nouvelles bases. Au cours de cette conférence, Christian Laboisse, médecin pathologiste, professeur émérite à l'Université de Nantes, revient sur cet ouvrage qui marque un tournant dans l'histoire de la médecine.