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70% des femmes dans le monde sont victimes de violences au cours de leur vie

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Manifestation à Sao Paulo le 23 octobre 2016 contre les violences faites aux femmes, après l'assassinat barbare de Lucia Pérez, 16 ans, à Mar del Plata, en Argentine
Manifestation à Sao Paulo le 23 octobre 2016 contre les violences faites aux femmes, après l'assassinat barbare de Lucia Pérez, 16 ans, à Mar del Plata, en Argentine
© AFP - CRIS FAGA / CITIZENSIDE

CARTE. Ces violences viennent le plus souvent de leur conjoint et avec le viol elles représentent des risques particulièrement élevés pour les 15 - 44 ans. Retour en cartes à l'occasion de la journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes.

Dans le monde, 70% des femmes sont confrontées à des violences. Dans le plupart des cas, cette violence est exercée par le conjoint de la victime. A tel point que les cas de viol et de violence conjugale représentent un risque plus grand pour une femme âgée de 15 à 44 ans que le cancer, les accidents de la route, la guerre et le paludisme réunis, estime la banque mondiale.

A lire : Violence faite aux femmes : 10 citations de Benoîte Groult

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Au Danemark, un tiers des femmes sont victimes de violence physiques et/ou sexuelles de leur conjoint depuis l'âge de 15 ans

A l'échelle européenne, les violences physiques et sexuelles envers les femmes exercées par leur conjoint sont toujours d'actualité. Les pays du vieux continent où les femmes sont le plus soumises à ces violences restent les pays baltes. Au Danemark, en Lettonie et en Finlande, un tiers des femmes sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles de leur conjoint depuis l'âge de 15 ans. A contrario, les pays où les femmes sont le moins victimes de violence sont les pays latins. En Espagne, en Italie et au Portugal, le nombre de femmes victimes de violences de la part de leur conjoint atteint respectivement 13%, 19% et 19% selon les données de l'agence des droits fondamentaux de l'Union européenne.

Pourcentage de femmes victimes de violence physiques et/ou sexuelle de leur conjoint, depuis l'âge de 15 ans.

Dans le monde, on dénombre près de 700 millions de femmes victimes de violences conjugales, soit 30 % des victimes de violence. Et c'est en Asie du Sud-Est que le taux de violence conjugale est le plus élevé d'après les données de l'organisation mondiale de la santé.

Le viol comme arme de guerre

Les violences sexuelles commises par d'autres personnes que le conjoint sont les plus nombreuses en Afrique. Un chiffre élevé en Afrique en raison de la pratique du viol comme arme de guerre pour terroriser les populations et transmettre délibérément le VIH aux femmes. Cette pratique a longtemps été ignorée par la communauté internationale. Il a fallu attendre 1992 et la multiplication des viols au sein de l’ex-Yougoslavie pour que le Conseil de sécurité des Nations Unies déclare, le 18 décembre 1992, que " la détention et le viol massif, organisé et systématique de femmes, en particulier de femmes musulmanes, en Bosnie-Herzégovine constituaient un crime international qu'on ne pouvait ignorer."

A écouter : Les violences faites aux femmes : une arme politique ?

Malgré les mesures législatives au niveau international, les cas de viol en période de guerre sont monnaie courante. Ainsi, deux ans après la déclaration du Conseil de sécurité des Nations Unies, on estime que lors du Génocide du Rwanda, en 1994, entre 250 000 et 500 000 femmes ont été victimes de viol. Un crime de guerre qui se pratique actuellement en Syrie et en Irak par les djihadistes de Daech.

Certains rites initiatiques favorisent aussi ces mauvais traitements. Dans des régions reculées du sud du Malawi, un travailleur du sexe surnommé "hyène" était encore il y a peu payé par les familles pour avoir des relations sexuelles avec leurs jeunes filles, dès leurs premières menstruations. Une loi serait sur le point de mettre fin à ce "nettoyage sexuel" qui a fait scandale cet été.

A lire : Le Prix Sakharov décerné à Nadia Murad Basse et Lamiya Aji Bashar, deux femmes yézidies victimes de Daech

L’unanimité de la condamnation des violences domestiques n'est pas acquise dans le monde

En 2012, la moitié des femmes victimes d’homicide ont été tuées par leur conjoint, ex-conjoint ou compagnon. Un chiffre qui illustre la difficile reconnaissance des violences domestiques dans certains pays, comme l'illustrent les données de la banque mondiale.

Législation sur les violences domestiques dans le monde

A écouter : Grande traversée : Women's power, les nouveaux féminismes