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A 30 ans, les Frac s’installent dans leurs murs

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Maquette du Frac Bretagne au Centre Pompidou à Paris.
Maquette du Frac Bretagne au Centre Pompidou à Paris.

Trente ans, l’âge de la maturité : les Fonds régionaux d’art contemporain investissent leurs propres lieux, des espaces dédiés, afin de toucher un plus large public. D’ici 2014, six nouveaux bâtiments verront le jour en Aquitaine, Bretagne, au Centre, en Franche-Comté, au Nord Pas-de-Calais et en Provence-Alpes-Côte d’azur. A Rennes, le Frac « nouvelle génération » inaugure la série et ouvre ses portes au public le 15 septembre, pour la Biennale.

Le Frac Bretagne est donc le premier des six Frac « nouvelle génération » à sortir de terre. Il était aussi précurseur à sa création, fondé en 1981, un peu avant des 22 autres Frac de France. La directrice de l’établissement, Catherine Elkar , détaille les raisons qui ont motivé la construction d’un nouveau bâtiment pour le Frac Bretagne. Les prémices remontent à plus de dix ans.

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Depuis la rédaction du cahier des charges du nouvel établissement, l’ambition du Frac Bretagne, c’est de mener à bien deux missions : dans et hors les murs. Dans ses projections, le Frac a donc doublé son budget prévisionnel et renforcé également son équipe. Cette évolution s’est progressivement mise en place pendant les années de gestation du projet. Les trois nouvelles galeries d’exposition, qui comptent 1 000 m², représentent une activité supplémentaire. Mais elle a déjà été prise en compte dans les budgets, comme l'explique Catherine Elkar .

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Frac Bretagne
Frac Bretagne

Les Frac dits de « nouvelle génération »

L’exposition « Nouvelles architectures », au Centre Pompidou à Paris, présente du 5 septembre au 14 octobre 2012, les projets architecturaux des Frac dits de « nouvelle génération ». C’est le premier volet des festivités du trentième anniversaire des Frac. Marie-Anne Brayer , directrice du Frac Centre et commissaire associée de l’exposition, revient sur les changements que vont impliquer les nouveaux bâtiments.

Les Frac, initialement des « musées sans murs »

Créés entre 1981 et 1984, les 23 Fonds régionaux d’art contemporain sont nés des lois de décentralisation de 1981 et 1982. Sous l’impulsion de Jack Lang et Claude Mollard , ces Frac avaient pour mission de dynamiser un marché de l’art, alors quasi inexistant. Leurs rôles étaient de constituer une collection de référence, de diffuser cette collection et de sensibiliser et former les publics à l’art contemporain. Initialement conçus comme des outils de diffusion et de pédagogie, les Frac n’étaient pas rattachés à un lieu permanent d’exposition, contrairement aux musées ou aux centres d’art.

Les équipes des Frac ont été progressivement renforcées pour faire face aux nouvelles missions tout en restant très modestes. En moyenne, un Frac compte une douzaine de personnes pour un budget annuel d’un million d’euros.

La nouveauté des Frac de « deuxième génération », est justement d’être équipés d’espaces d’exposition propres, afin d’attirer de nouveaux visiteurs. En 2000, le Frac des Pays de la Loire se voit doté d’un nouveau bâtiment avec un espace d’exposition au rez-de-chaussée. C’est une grande première dans l’histoire des Frac, inscrits dans une tradition nomade et mobile. Marie-Anne Brayer , revient sur les 30 ans d’évolution des Frac.

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En parallèle de ces changements, la directrice du Frac Centre constate également que le regard du public et des médias, sur l'art contemporain, a évolué très positivement en 30 ans.

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Curieux, le public est au rendez-vous. En 2010, les 477 projets des Frac ont attiré plus d’ 1 200 000 personnes. Bernard de Montferrand , président de Platform (association de regroupement des Fons régionaux d'art contemporain) et président du Frac Aquitaine, relève une belle progression : trois ans plus tôt, en 2007, 824 000 visiteurs avaient découvert les 294 expositions et projets.

Le Frac Centre ouvrira ses portes cet automne à Orléans.
Le Frac Centre ouvrira ses portes cet automne à Orléans.

L’investissement croissant des collectivités territoriales

L’Etat entend poursuivre sa part de financement des Frac. A l’occasion de l’inauguration du bâtiment début juillet, la ministre de la culture Aurélie Filipetti a déclaré que « favoriser la création contemporaine est un des piliers de la politique culturelle que j'entends mener. Malgré des contraintes budgétaires très fortes sur mon ministère qui a beaucoup souffert ces dernières années, [...] nous ferons en sorte de pouvoir renouveler cette politique culturelle ».

Sur le plan régional, le succès se mesure avec l’implication croissante des collectivités territoriales. Au départ, la répartition se partageait à égalité entre l’Etat et la région et aujourd’hui la part de la région penche plutôt vers les 60 %. Mais avec l'évolution des Frac, les nouveaux locaux vont générer des frais de fonctionnement supplémentaires et de nouvelles activités pour les équipes. Se pose donc le problème du financement et sa pérennité, comme le détaille Marie-Anne Brayer .

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Les Frac ont été créés sous le statut d'association loi de 1901. Le Frac Bretagne et le Frac Centre bénéficieront d’un bâtiment tout neuf et, en même temps, d’un nouveau statut : ils deviendront des établissements publics, l’un commercial et l’autre de coopération culturelle. Les collections de ces Frac, passent alors d’un statut privé à un statut public.

A leurs débuts, les Frac ont essuyé un certain nombre de critiques : suivre des modes, favoriser toujours les mêmes artistes, ne pas assez défendre les artistes locaux… Mais au bout de trente ans, le bilan positif est bien là : les vingt-trois collections des Frac regroupent plus de 26 000 œuvres signées de 4 200 artistes, dont un peu plus de la moitié sont français (56,5%). Et plus d'un tiers de ces collections sont en permanence montrées au public.

Certains Frac ont spécialisé leur collection comme le Frac Centre dans l’architecture, le Frac Auvergne autour de la peinture ou le Frac Picardie dans le dessin. D’autres enfin se sont forgé une véritable réputation comme les Frac Bretagne et Rhône-Alpes. La qualité et la diversité des collections témoignent bien de la mission de tête chercheuse assurée par les Frac.