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À Avignon, Blanche Neige est en grosse déprime

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Le conte de «Blanche Neige» revisité par Michel Raskine au Festival d'Avignon.
Le conte de «Blanche Neige» revisité par Michel Raskine au Festival d'Avignon.
- Venkat Damara

Les spectacles « Jeune public » se portent toujours bien au Festival.

S’il est une chose qu’Olivier Py a particulièrement réussi depuis qu’il dirige le Festival d’Avignon, c’est la programmation à destination du jeune public. Je vous parlerai d’ailleurs dans les prochains jours du spectacle qu’il signe lui-même, “L’amour vainqueur”. Olivier Py a choisi de concentrer les spectacles « jeune public » dans un très beau lieu du Festival : la Chapelle des Pénitents Blancs. Ce faisant, il a assuré une visibilité à cette programmation, qui était auparavant disséminée dans différents lieux.

Une mise en scène d'une grande efficacité comique

C’est là qu’on a donc pu découvrir “Blanche-Neige. Histoire d’un prince”, un texte de Marie Dilasser mis en scène par Michel Raskine, et c’est un régal ! A une époque où la question du genre est enfin considérée, le premier geste fort de ce spectacle est de faire interpréter le Prince par une femme, et Blanche Neige par un homme, tout comme Souillon aux cheveux jaunes, troisième personnage de ce jeu de massacre, Souillon qui est aussi le technicien du spectacle. Jeu de massacre, car le spectacle commence bien longtemps après la fin du conte, bien longtemps après le mariage du Prince et de Blanche-Neige, bien longtemps après la fin de l’amour. Si le texte est très bien écrit, avec beaucoup d’humour, il est aussi formidablement porté par un trio de comédiens tout à fait atypique. Entendre ainsi parler de féminisme, d’écologie, de pouvoir, et de la difficulté de la vie de couple, devant un parterre d’enfants extrêmement attentifs, c’est un plaisir qu’il ne faudrait pas bouder. Dans une économie de moyens, avec une structure modulable qui permet les changements de décor, la mise en scène de Michel Raskine a une grande efficacité comique, mais n’occulte pas les moments les plus grinçants, jusqu’à un final très émouvant.

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