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A bientôt 20 ans, le mariage homosexuel reste interdit un peu partout dans le monde

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Le premier mariage entre personnes de même sexe a été célébré le 11 février 2020 en Irlande du Nord : Robyn Peoples et Sharni Edwards se sont dit oui à Carrickfergus, près de Belfast.
Le premier mariage entre personnes de même sexe a été célébré le 11 février 2020 en Irlande du Nord : Robyn Peoples et Sharni Edwards se sont dit oui à Carrickfergus, près de Belfast.
© AFP - Paul Faith

Le mariage pour tous aura 20 ans l'an prochain. Légalisée par les Pays-Bas pour la première fois en 2001, l'union entre deux personnes de même sexe n'en reste pas moins interdite dans de nombreux pays. État des lieux en ce 29 février, jour du défilé de la Gay Pride à Sydney.

Il y a vingt ans, le mariage homosexuel était illégal partout dans le monde. Aujourd'hui, en 2020, il est autorisé dans une trentaine de pays, à commencer par les Pays-Bas, première nation ayant franchi le pas en 2001. Aux quatre coins de la planète, malgré les interdictions et les répressions, l'homosexualité revendique une existence publique et des droits mais les réalités sont toutefois très contrastées selon les régions. Panorama en ce samedi 29 février, jour de la parade de "Mardi Gras" de Sydney, l'un des plus importants rendez-vous LGBT au monde et qui fait office de Gay Pride en Australie.

Célébration au lendemain de la légalisation du mariage homosexuel à Taiwan le 25 mai 2019.
Célébration au lendemain de la légalisation du mariage homosexuel à Taiwan le 25 mai 2019.
© AFP - Sam Yeh

En deux décennies, le droit au mariage pour les personnes de même sexe a été reconnu par la plupart des pays dits "occidentaux" : en Europe, en Amérique du Nord et du Sud mais aussi à Taiwan et en Afrique du Sud.

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En Afrique, au Moyen-Orient et en Asie, les législations continuent de réprimer l'homosexualité en tant que telle. On risque la peine de mort au Sultanat de Brunei, en Iran et au Soudan. On encourt la prison - entre dix et quatorze ans - au Nigeria, au Liban et en Tunisie. On s'expose aux coups de bâtons en Malaisie et à Singapour... Pourtant, du Maroc au Botswana en passant par le Japon, Cuba ou l'Équateur, l'homosexualité, bien qu'elle demeure condamnée, marginalisée ou criminalisée, s'émancipe.

Une forme de culture "homo mondiale" a émergé après les années noires du sida, au siècle dernier. Le début du XXIe offre-t-il une conjoncture propice à une généralisation de l’intégration dans la loi, du principe de l'égalité des unions et des droits, pour toutes et tous ? Pas si simple.

Les pionniers européens 

L’année dernière, l'Irlande du Nord (octobre 2019) et l'Autriche (janvier) rejoignaient la liste des pays européens ayant légalisé le mariage entre personnes de même genre. Partie des Pays-Bas en avril 2001, cette officialisation du mariage pour tous a, d'année en année, gagné la Belgique (2003), l'Espagne ( 2005), la Norvège (2009), le Portugal ( 2010), l'Islande (2010), le Liechtenstein (2011), le Danemark (2012), la Suède (2012), le Royaume-Uni (2013-14), la France (2013), le Luxembourg (2014), la Finlande (2015), Chypre (2015), la Grèce (2015), Malte et l'Allemagne (2017).

Deux cas particuliers : la Slovénie, où les citoyens ont, par référendum, rejeté la loi adoptée par le Parlement. Et la Croatie en 2013 où les opposants au mariage homosexuel ont gagné un référendum en 2013.

Décembre 2019, une activiste polonaise manifeste contre les propos de Marek Jedraszewski, l’archevêque de Cracovie qui avait parlé de "peste arc-en-ciel" en évoquant le drapeau LGBT
Décembre 2019, une activiste polonaise manifeste contre les propos de Marek Jedraszewski, l’archevêque de Cracovie qui avait parlé de "peste arc-en-ciel" en évoquant le drapeau LGBT
© AFP - Beata Zawrzel / NurPhoto

Trait d’union

Avant la reconnaissance du mariage pour les couples gays et lesbiens, ces États avaient tous, au fil des années 1990-2000, ouvert la voie en  accordant aux homosexuels le statut de concubin-e, l’union civile adoptée dès 1989 au Danemark, puis en 1995 en Suède, en 1998 en Espagne, aux Pays-Bas (1998), en France (1999), en Belgique (2000), en Allemagne (2001, le contrat de vie commune), au Portugal (2001), en Finlande (2002), au Royaume-Uni (2005).

Une majorité de pays européens a suivi le mouvement, mais bon nombre d’entre eux se sont immobilisés à ce stade. L’union civile pour les couples homosexuels a été reconnue par la République tchèque (2006), la Hongrie et la Suisse depuis 2007, la Slovénie, la Croatie et  l'Estonie, en 2014. L’Italie a attendu juillet 2016 pour légiférer en faveur de ce qu’on a appelé en France un "Pacs", un pacte civil de solidarité.

Dans l’Union Européenne, six pays n’accordent aucun statut aux unions homosexuelles : la Bulgarie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la Roumanie et la Slovaquie.

Pour que les choses bougent

En 2003, le Parlement européen avait demandé à tous les Etats membres de l'Union "d’abolir toute forme de discrimination (législative ou de facto) dont sont victimes les homosexuels, notamment en matière de droit au mariage et d’adoption d’enfants".  

Dix-sept ans plus tard, force est de constater qu’il n’y a pas de consensus européen sur le mariage pour tous, et la Cour européenne de résumer :

Qu’en l’état actuel des choses, l’autorisation ou l’interdiction du mariage homosexuel est régie par les lois nationales des Etats contractants et que la Convention n’impose à ces derniers aucune obligation d’ouvrir le mariage aux couples homosexuels.

Et le Conseil de l’Europe, d’ajouter une mise en garde contre "la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre".

A la traîne

La Slovaquie, au nom de la sauvegarde des structures familiales traditionnelles a amendé sa Constitution pour définir le mariage comme "l_’union d’un homme et d’une femme"._ Idem en Croatie, après un référendum en 2013.

En Roumanie, un plébiscite aggravant l’interdiction du mariage gay a été annulé en 2018 faute de votants.

En Russie non plus, les couples homosexuels ne peuvent se marier bien que ce ne soit pas formellement interdit. En revanche, depuis 2013, défense totale pour les couples homosexuels étrangers d’adopter des enfants russes.

L’homophobie 

La plupart des gouvernements qui rejettent les liens sexuels et amoureux entre individus de même genre comme une liberté fondamentale de l’homme et de la femme s’appuient sur des discours moralistes, pathologiques et conservateur pour asseoir leur politique anti-mariage homosexuel. Elle va souvent de pair avec la xénophobie et le racisme, avec des politiques anti-avortement ou pro-nataliste, anti-immigration ou pro-nationaliste, antidémocratique. Ils s’appuient sur les soutiens et les relais des Églises catholique, orthodoxe, protestante, évangélique.

Jusqu’en 1866 au Danemark, l’homosexualité était passible de la peine de mort et jusqu’en 1933, elle était clandestine. C’est encore le cas dans plusieurs pays aujourd'hui.

En Roumanie, deux nonnes orthodoxes sortent de l'isoloir après le référendum sur la famille à Branesti, en octobre 2018.
En Roumanie, deux nonnes orthodoxes sortent de l'isoloir après le référendum sur la famille à Branesti, en octobre 2018.
© AFP - Daniel Mihailescu

Mappemonde irisée

Où sur le globe, la reconnaissance et la légalisation du mariage gay sont-elles aujourd’hui validées ?

En Nouvelle-Zélande (2013), en Australie (2018), au Canada (2005), aux Etats-Unis.

Ce n’est qu’en juin 2015 que la Cour suprême américaine étend le mariage homosexuel sur tout le territoire : 14 Etats sur 50 l’interdisaient. Pourtant dès 1971, un couple homosexuel s’était marié aux États-Unis grâce au  fonctionnaire de l’état civil du Minnesota qui n’avait pas remarqué que les conjoints étaient de même sexe. Mais ce mariage n’a été reconnu qu’après des dizaines d’années de batailles judiciaires 

L' Amérique latine

  • C’est la ville de Mexico qui officialise la première l’union civile gay, en 2007. Deux ans plus tard, elle a légalisé le mariage suivie d’année en année par la moitié des 32 Etats mexicains.
  • Le Mexique, l’Argentine, le Brésil, la Colombie, le Pérou et l’Uruguay reconnaissent le mariage homosexuel. En Équateur, les magistrats de la Cour Constitutionnelle ont approuvé en juin dernier par 5 voix contre 4 le mariage homosexuel, mais les couples de même sexe n’ont pas droit d’adopter ; un interdit ajouté dans la Constitution en 2008
  • Le Chili est resté à une forme d'union civile. Les sénateurs ont adopté "l'idée de légiférer" sur un projet autorisant le mariage entre personnes du même sexe. La question du mariage homosexuel n'avait jamais été débattue devant le Parlement depuis le retour de la démocratie en 1990. En 2015, le gouvernement de Michèle Bachelet a légalisé les unions de couples gays : un Accord d'union civile (AUC)
  • L’Uruguay, gouverné depuis quinze ans par la gauche, a légalisé en 2012 l’avortement, puis en 2013 le mariage gay et le cannabis.
  • Le Costa Rica a été sommé de modifier sa loi. En 2018, la Cour Suprême a déclaré inconstitutionnelle l’interdiction des mariages gays et a donné 18 mois au Parlement pour amender la Constitution.
  • A Cuba, le mariage gay n’a pas été inscrit dans la Nouvelle Constitution face au refus d’une partie de la population et des Églises. Un référendum est envisagé d’ici deux ans.

La Cour interaméricaine des droits de l'homme (CIDH), issue de l'Organisation des Etats américains (OEA) a, en janvier 2018 demandé aux pays de la région de légaliser le mariage homosexuel

Sur l’île de Madagascar, la loi ne sanctionne pas les relations homosexuelles mais interdit aux personnes de même sexe de se marier ou d'adopter un enfant.

La parade de la gay pride à Johannesbourg, en Afrique du Sud, en octobre 2019
La parade de la gay pride à Johannesbourg, en Afrique du Sud, en octobre 2019
© AFP - Guillem Sartorio

En Afrique, la répression est globalement la norme

L’Afrique du Sud fait exception. Dès 2006, elle a autorisé le mariage pour tous, alors que sur le continent, l’homosexualité est interdite dans une trentaine de pays.

La charia fait foi et loi. 28 pays sur 49 des pays d'Afrique subsaharienne répriment l'homosexualité jusqu'à la peine de mort. 

  • En Zambie, en décembre 2019, deux homosexuels ont été condamnés à 15 ans de prison.
  • Le Nigeria a adopté en 2014 une loi interdisant non seulement le mariage homosexuel, mais aussi la "cohabitation entre même sexe". Toute démonstration publique de "relations amoureuses entre personnes de même sexe" est passible de 10 à 14 ans de prison.
  • En Tanzanie, la situation s'est beaucoup dégradé depuis 2015 et l'élection du président John Magufuli. Dès 2016, les autorités tanzaniennes ont envoyé la police dans des réunions privées d'organisations LGBT, arrêté des homosexuels présumés dont certains ont subi des examens anaux, et elles ont gelé des programmes cruciaux de santé et de prévention du sida.

"Si nous ne recevons pas de soins, nous allons mourir", est le titre du rapport de Human Rights Watch (HRW) consacré à la Tanzanie et qui montre un régime en totale contradiction avec les promesses faites par le Président. En 2018, John Magufuli s’était engagé auprès de la Banque mondiale à cesser toute discrimination basée sur l'orientation sexuelle pour obtenir de l'institution internationale la levée du gel des missions en Tanzanie.

  • En Mauritanie, au début de cette année 2020, dix jeunes filmés lors d’une cérémonie symbolisant le "premier mariage gay" ont été inculpés d'actes "contraire à la morale". Cette cérémonie du 11 janvier a été qualifiée de "cérémonie de débauche" par la République islamique, qui s'appuie sur l'article 308 du code pénal pour criminaliser les homosexuels. Bien que la peine de mort soit prévue pour les gays, elle n'a jamais été appliquée. Les huit hommes ont eu un très discret procès devant le tribunal correctionnel de Nouakchott, le 30 janvier 2020. Ils ont été condamnés à deux ans de prison ferme.  "Actes contre-nature" passibles d'emprisonnement et même de la peine de mort : c'est ainsi que le code pénal mauritanien, basé sur la charia, interdit les comportements homosexuels entre musulmans majeurs
  • L'Angola, la Côte d'Ivoire, la République du Congo, le Gabon, le Mali, le Mozambique et les Seychelles ont légalisé les relations entre personnes de même sexe.

Plusieurs Etats qui pratiquent la charia, appliquent la peine de mort. En Arabie saoudite, en 2017 deux personnes d’origine pakistanaise sont décédées sous la torture. Peine capitale également en Iran, en Irak, à Bahreïn, au Soudan, en Syrie ou au Yémen qui bloque aussi tout accès aux sites LGBT. En Libye, en 2014, l’Etat islamique a exécuté trois personnes soupçonnées d’être homosexuelles.

Le Code Pénal du Maroc, de Tunisie, du Liban, du Soudan criminalise l’homosexualité. Gays et lesbiennes sont incarcérés.

La 25e gay pride à Toulouse, en juin 2019. 30 000 personnes étaient dans les rues.
La 25e gay pride à Toulouse, en juin 2019. 30 000 personnes étaient dans les rues.
© AFP - Frédéric Scheiber / Hans Lucas

Malgré les interdits et les hostilités, les associations LGBT se montrent

En Tunisie par exemple, la première gay pride est organisée à Tunis en 2015 pour affirmer que "L’amour n’est pas un crime". L’année suivante, des militants marquent le 5e anniversaire de la Révolution du Printemps arabe en brandissant drapeaux national et arc-en-ciel. Une solidarité internationale s’affiche :

  • En 2007, des Algériens se rendent à la conférence panafricaine de l’ILGA International Lesbian, Gay, Bisexual, Trans and Intersex Association, à Johannesburg, en Afrique du Sud.
  • 2011, la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie appelle à signer une pétition pour les homosexuels persécutés en Iran.
  • 2014, la Gay Pride d’Amsterdam accueille une délégation marocaine.
  • 2016, une délégation libyenne se joint à la Gay Pride d’Italie.
  • 2016, le Forum social mondial au Canada invite des Tunisiens, ce qui encourage les naissances des mouvements LGBT en Afrique du Nord, puis au Liban, en Palestine, et en Jordanie.

En 2016, 22 associations maghrébines et moyen-orientales s’élèvent contre l’arrestation et l’emprisonnement de deux Marocaines mineures dont le délit était d’avoir, publiquement à Marrakech échangé un baiser. Plusieurs ONG au Maroc, en Algérie, en Tunisie et en Libye en profitent pour demander d’une seule voix, la dé-criminalisation de l’homosexualité.

Moyen-Orient déphasé

Il n’est pas bon non plus être homo en Irak. Bien que les autorités déclarent que les LGBT ne doivent pas être discriminés, elles considèrent que "l’homosexualité est une maladie psychologique".

  • L’Egypte et les Emirats arabes légifèrent en vue de "supprimer" l’homosexualité. Criminalisation pénale, répression sociale et tortures guettent les homosexuels, mais aussi, quiconque soutient les LGBT s’expose à des intimidations, et des agressions.
  • En Palestine, un mandat d’arrêt a été lancé en 2017 contre le romancier, Abbad Yahya. Son polar "un crime à Ramallah" a été saisi en Cisjordanie et à Gaza en raison de termes "dont la connotation sexuelle menace la moralité et la pudeur publiques".
  • Le petit sultanat de Brunei a instauré la peine de mort par lapidation pour les relations sexuelles entre personnes du même sexe. L’hérésie a été inscrite dans le nouveau code pénal basé sur la charia. Mais devant le tollé international, le pouvoir a rajouté, en signe de bonne foi, qu'un moratoire sur la peine capitale s'appliquerait.
  • Israël est ambigu : les homosexuels ne peuvent pas se marier, bien que leurs unions soient légales et les mariages établis à l’étranger reconnus. 
Un mariage homosexuel à Taipei en mai 2019.
Un mariage homosexuel à Taipei en mai 2019.
© AFP - Sam Yeh

L’Asie lambine

Taïwan est devenu en 2019 le premier pays en Asie à légaliser le mariage homosexuel. La même année, en Inde, la Cour suprême indienne a rejeté une loi interdisant les relations homosexuelles datant de l'époque coloniale. La dépénalisation de l'homosexualité par la Cour Suprême en 2018 est l'aboutissement de décennies de combat juridique. En 2017, un couple s’était dit oui au cours  d'une cérémonie hindoue, mais leur mariage n'a aucune valeur légale.

En Chine, une partie de la population demande que le code civil soit amendé et que le mariage homosexuel soit légalisé. L'homosexualité a été décriminalisée en 1997, et officiellement retirée en 2001 de la liste des maladies mentales. Pour la première fois en Chine, deux groupes LGBT de la région de Canton ont été interdits par le gouvernement ces derniers mois, en tant "qu'organisations illégales"

A Singapour, ou en Malaisie, les femmes et les hommes qui entretiennent des rapports sexuels entre personnes de même sexe risquent une condamnation et des coups de bâton  

Au Japon, "cacher cet homo que je ne saurais voir"

En  juillet 2019, la préfecture d’Ibaraki est devenue le premier département japonais à reconnaître légalement l’union entre deux personnes du même sexe avec le bénéfice des mêmes droits que les couples mariés. Le "partenariat enregistré" qui valide l’union de personnes du même sexe était déjà pratiqué dans les villes d’Osaka, Fukuoka, Sapporo, Naha, Iga, Takarazuka ainsi que trois arrondissements de Tokyo. La mairie de Tokyo avait promulgué une loi contre la discrimination des personnes LGBT, sans véritable effet concret.

Globalement, dans l’archipel, les personnes homosexuelles sont discriminées, et craignant d’être rejeté, les Japonais préfèrent cacher leur orientation sexuelle. Par exemple, préjugeant qu’une personne homosexuelle est potentiellement porteuse de MST, il faut un délai de six mois à un homme ou une femme gays pour faire un don de sang. Les couples LGBT ne peuvent ni hériter de leur conjoint, ni bénéficier des mêmes avantages fiscaux que les couples mariés. En cas d’hospitalisation, le conjoint n’a légalement même pas de droit de visite, il n’existe pas aux yeux de nombreuses institutions japonaises…

Revendiquer dans les rues en chantant

Deux femmes se tiennent la main pendant la parade arc-en-ciel dans les rues de Tokyo, en avril 2019.
Deux femmes se tiennent la main pendant la parade arc-en-ciel dans les rues de Tokyo, en avril 2019.
© AFP - Alessandro Di Ciommo / Nurphoto

La naissance en France de la Gay Pride, en 1989 est motivée par la nécessité de parler de la question du sida et des ravages de l’épidémie, voire d’aborder le sujet d’un point de vue homosexuel. Puis, chaque année, une marche est organisée dans une capitale européenne à partir du début des années 90.

En 1991, alors que la maladie mortelle s’étend, deux sénateurs français proposent de re-criminaliser l'homosexualité. Le tollé est immédiat et la mobilisation générale. En 1997, l’europride se déroule à Paris. La Gay Pride a mis à la portée du public, à travers ses défilés colorés, festifs, exubérants, provocants, les revendications des minorités sexuelles, à savoir, une normalisation des LGBT et une égalité des droits.

Aujourd'hui, la Gay Pride est devenue la marche des fiertés d'Oslo à Tokyo en passant par Le Cap, Athènes, Tel Aviv, Lisbonne, Mexico et encore des dizaines d'autres villes aux quatre coins de la planète. En 2020, de février à Novembre, une cinquantaine de villes à travers le monde connaîtront pendant plusieurs jours d'affilée toute une série d’événements et défilés arc-en-ciel. Un rendez-vous annuel pour défendre des droits comme le mariage et l'égalité pour toutes et tous.

Encore combien de temps ?

Globalement, les droits des personnes homosexuelles progressent sur tous les continents. Pour autant, très rares encore sont les pays où les droits des homosexuels sont équivalents à ceux des hétérosexuels : l’adoption, la GPA (gestation pour autrui) et la PMA (procréation médicalement assistée), en sont exclues. Ces embûches sur la route vers l’égalité totale et partout, sont des défis pour les quatre-vingts années qui nous séparent du XXIIe siècle.

"La Manif Pour Tous" et 10 autres associations se rassemblent à Paris contre la PMA et la loi bioéthique le 19 janvier 2020
"La Manif Pour Tous" et 10 autres associations se rassemblent à Paris contre la PMA et la loi bioéthique le 19 janvier 2020
© AFP - Carine Schmitt / Hans Lucas