"The Vigil"  de John Pettie
"The Vigil" de John Pettie

À l'origine de la nuit blanche - #CulturePrime

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À l'origine de l'expression "nuit blanche"

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Associée aux insomniaques studieux et aux fêtards noctambules, la "nuit blanche" est à l'origine un rituel de la chevalerie qui date du Moyen Âge. C'est une hypothèse séduisante défendue par certains linguistes.

À l’origine, faire “nuit blanche” n’est pas l’apanage des fêtards et des noctambules. C’est un rituel de chevalerie.

Revenons pour cela au Moyen Âge, au XIIe siècle. À cette époque, la “veillée d’armes” est une cérémonie pour devenir chevalier, avant d’être adoubé, le prétendant doit d’abord prendre un bain pour se purifier. Il s’agit la plupart du temps de jeunes écuyers entre 17 et 21 ans. 

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La veille du grand jour, le futur chevalier passe une nuit éveillé à prier et à jeûner. Il revêt alors la tunique des candides, un habit blanc, qui reflète sa pureté et la clarté de son esprit. Le futur chevalier s’installe ensuite dans une chapelle face à l’autel et prie jusqu’au petit matin.

Dans les récits arthuriens, les illustres chevaliers Lancelot, Perceval et Gauvain suivent ce rite. Chrétien de Troyes, poète du XIIe siècle, est le premier à décrire cette veillée.

“Li vallet jusqu’aprés matines

Al mostier en estant vieillerent,

C’onques ne s’i ajenoillierent”

Perceval" de Chrétien de Troyes

Au petit matin, une messe est organisée et l’épée du candidat est bénie. Après avoir prêté serment, le chevalier reçoit la collée de son seigneur, une tape sur la nuque. Il existe peu de témoignages directs de cette cérémonie. Et l’expression “nuit blanche” n’apparaît en réalité dans la littérature que quelques siècles plus tard. Certains linguistes ont proposé une autre explication. Au XIXe siècle, Saint-Pétersbourg est la capitale de la fête pour l’aristocratie européenne.

En juin, la nuit ne tombe pas complètement sur cette ville septentrionale, ce qui incite les noctambules à prolonger leurs soirées jusqu’au petit matin. Les aristocrates français auraient ensuite rapporté cette expression en France. Les Nuits blanches, est d'ailleurs le titre d’une nouvelle de Dostoïevski qui raconte les errances nocturnes d’un jeune homme amoureux.

Quoiqu’il en soit, chevalier pieux ou aristocrate fêtard, il semble que la nuit blanche a été pendant des siècles plutôt un privilège de classe.