À l'origine du vaccin : Pasteur et le petit Joseph - #CulturePrime

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À l'origine du vaccin : l'histoire de Pasteur et du petit Joseph

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Alors que le monde entier espère un vaccin contre le coronavirus, voici comment Louis Pasteur a développé le premier vaccin, celui contre la rage, en 1885, grâce au petit Joseph.

Aujourd’hui, le monde entier en attend un… Voici comment Louis Pasteur a développé et systématisé le vaccin, en 1885 grâce au petit Joseph.

4 juillet 1885

Aux aurores, en Alsace, Joseph Meister se rend dans le village voisin. À peine arrivé, un chien l’attaque et le mord quatorze fois. Le chien est abattu, mais les gendarmes annoncent qu’il aurait la rage. C'est la panique au village, car à l’époque, il n’existe aucun remède et la rage conduit inéluctablement à la mort. 

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La mère de Joseph qui a entendu parler d’un chimiste à Paris vaccinant des chiens enragés, décide de le rencontrer rapidement pour le convaincre de soigner son fils. Elle frappe à la porte de plusieurs hôpitaux de la capitale avant de trouver enfin Louis Pasteur à l’École normale supérieure.  

Joseph Meister en 1939 : “Monsieur Pasteur était très ému, il n’avait jamais fait d’expérience de son vaccin autrement que sur les animaux. Mais ma mère insista, faisant valoir que puisque j’étais condamné, je n’avais rien à craindre et que l’on pouvait essayer sur moi le seul traitement qui existait.”  

Joseph Meister, concierge de l'Institut Pasteur (1938)
Joseph Meister, concierge de l'Institut Pasteur (1938)
© Getty

Les recherches de Louis Pasteur

Huit ans auparavant, Louis Pasteur débutait déjà son travail sur le vaccin. Il effectuait d'abord des tests sur des poules atteintes du choléra et sur des moutons porteurs de la fièvre charbonneuse. Deux ans plus tard, il énonce le principe de la vaccination : Inoculer des virus affaiblis ayant le caractère de ne jamais tuer, de donner une maladie bénigne qui préserve de la maladie mortelle.”

En savoir plus : Louis Pasteur, la rage de découvrir

Puis c'est sur la rage qu'il travaille. En isolant le virus, il fait des tests et l'injecte sur des lapins. Le virus est ensuite récupéré pour être injecté sur un autre lapin et ainsi de suite jusqu’à obtenir un virus atténué. C’est cette méthode qui sera également appliquée au petit Joseph. Le jeune garçon reçoit en tout vingt-et-une piqûres, sous la peau du ventre, d’un virus plus fort à chaque injection. 

Joseph rentre chez lui, le 27 juillet et après dix jours de traitement et dix jours d’attente, le résultat tombe : il n’a pas la rage, le vaccin a fonctionné. À cette époque, Louis Pasteur était chimiste c’est le médecin Grancher qui administre les traitements. Mais pendant l’attente des résultats, il s’était réfugié dans son Jura natal, terrorisé à l’idée d’un échec. Les risques étaient immenses, la dernière injection faite au petit Joseph contenait le virus vivant de la rage. 

Une fois le garçon guéri, Pasteur publie un article sur le cas. L’histoire fait le tour du monde et les dons affluent. Un institut centré sur le vaccin est alors créé : l’Institut Pasteur. 

En savoir plus : 130 ans de l'Institut Pasteur, piqûre de rappel

L’année suivante, 350 personnes sont vaccinées contre la rage. 

Pas le premier vaccin

S’il est le plus connu, le petit Joseph n’est pas le premier cas de vaccination sur un humain. Un siècle avant, en 1776, le médecin anglais Edward Jenner, vaccine lui aussi un enfant en injectant le pus d’une femme contaminée par la variole de la vache, appelée “vaccine”. L’enfant ne contracte pas la variole. C'est à ce moment-là que naît, en réalité, le principe de la vaccination.  

Mais Edward Jenner ne le développe pas et l’utilise seulement pour soigner la vaccine. Louis Pasteur s’est inspiré de ce principe pour ses recherches et le nom de “vaccin” vient d’ailleurs de la maladie soignée par Edward Jenner. 

On dit souvent que Jenner a inventé la vaccination et Pasteur a inventé les vaccins. Et ce que Pasteur a montré c’est qu’on pouvait, à partir des microbes donnant différentes maladies, avoir des formes atténuées de ce microbe pour fabriquer quelque chose qui allait ensuite protéger”, développe Maxime Schwartz, directeur de l'Institut Pasteur de 1988 à 1999. 

Près de deux millions de décès sont évités chaque année grâce aux vaccins. La variole a été éradiquée et on ne meurt plus de certaines maladies comme la tuberculose, la rage ou le tétanos.

En collaboration avec l'Institut Pasteur qui nous a fourni les images