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A Pompéi, des découvertes en cascade

Par
Léda et le cygne.
Léda et le cygne.
- Parc Archéologique de Pompéi - Cesare Abbate.

Depuis quelques mois, les découvertes s'enchaînent sous la roche volcanique de Pompéi. La dernière en date, une fresque dans une chambre, représente la reine de Sparte, Léda, et Jupiter, transformé en cygne.

A Pompéi, depuis quelques mois, les découvertes se suivent et ne se ressemblent pas. Il y a eu le graffiti remettant en cause la date d’éruption du Vésuve, des fresques avec des scènes de chasse ou encore ce squelette, que les archéologues ont d’abord cru écrasé par un rocher alors que le malheureux fuyait l’éruption (la victime est en réalité probablement morte d’asphyxie).

L'homme serait en réalité mort asphyxié, le rocher étant tombé après coup sur sa dépouille.
L'homme serait en réalité mort asphyxié, le rocher étant tombé après coup sur sa dépouille.
- Parc Archéologique de Pompéi

Léda et le Cygne 

La nouvelle fresque découverte, en parfait état, représente quant à elle Léda surmontée de Jupiter transformé en cygne. Elle met en scène un épisode célèbre de la mythologie, lorsque le dieu romain prend la forme d’un cygne pour séduire la reine de Sparte. De cette union naissent alors, dans un œuf, Hélène (qui deviendra Hélène de Troie) et Pollux ; les enfants du roi de Sparte, Castor et Clytemnestre, naîtront à leur tour dans un autre œuf.

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Sur cette fresque, Léda regarde directement la personne entrant dans la pièce.
Sur cette fresque, Léda regarde directement la personne entrant dans la pièce.
- Parc Archéologique de Pompéi - Cesare Abbate.

Découverte dans une chambre le long de la Via del Vesuvio, la fresque a d’ores et déjà été qualifiée de “sensuelle” par les archéologues. Il faut dire que la représentation de Léda et Jupiter, à Pompéi, n’a rien de rare, la reine de Sparte était fréquemment représentée sur les murs des maisons. Le directeur du parc archéologique de Pompéi, Massimo Osanna, a cependant affirmé le caractère exceptionnel de cette fresque, rappelant qu’elle avait été peinte de façon à dévisager directement une personne qui entrerait dans la pièce. 

“C’est un type de décor qu’on retrouve fréquemment, comme tout ce qui est lié à la séduction, rappelle à ce sujet  Dimitri Tilloi, professeur agrégé d’Histoire et doctorant en Histoire romaine. Vu l’état des fouilles, c’est encore un peu précoce pour dire ce que ça induit sur la pièce. Lorsque l’on regarde la photo, on constate qu’il y a une grande partie de la paroi qui est encore prise dans la roche volcanique.“

Un nouveau secteur exploré

La fresque vient s’ajouter à la longue liste des trouvailles extirpées du sol de Pompéi depuis quelques mois. Et pour cause, depuis le début de l’année, pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, une grande campagne de fouilles a commencé sur la Regio V, un quartier d’un millier de mètres carrés encore jamais exploré, au nord de Pompéi. 

C’est une zone qui n’avait jamais été fouillée, donc les découvertes sont assez concentrées, résume Dimitri Tilloi. Les nouvelles fouilles de la région 5, au nord de la ville, ont débuté vers avril-mai. Elles avaient été stoppées depuis des décennies pour des raisons simples : pour le financement, mais aussi pour des questions de conservation. Dès que ces fresques sont exhumées c’est une course contre la montre pour les conserver. Maintenant on a de meilleurs enduits pour fixer la peinture et l'empêcher de se dégrader.” 

Ces nouvelles fouilles font suite au “Projet Grand Pompéi”. En 2013, 105 millions d’euros de budget (dont 42,8 de l’Union européenne) avaient été débloqués pour restaurer la ville laissée à l’abandon, victime entre autres de l’ingérence de la mafia sur le site historique.