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À Zadar, en Croatie, le tourisme n'est pas encore à la fête

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Zadar, sur la côte dalmate, attend toujours les fêtards européens pour lancer sa saison. Même si les DJ sont déjà aux platines.
Zadar, sur la côte dalmate, attend toujours les fêtards européens pour lancer sa saison. Même si les DJ sont déjà aux platines.
© Radio France - Gilles Gallinaro

Road trip en Adriatique. L'an dernier, près de 2 millions de fêtards se sont succédé dans les clubs de plein air et les festivals sur l'île de Zrće, face à Zadar. A eux seuls, ils ont représenté 10 % du tourisme en Croatie. Mais aujourd'hui, sur la côte dalmate, on les attend toujours.

Un coin de bord de mer sous une pinède, caché sur le terrain d'une ancienne base aérienne. C'est ici que se tient la première fête de la saison à Zadar. Mais ils ne sont qu'une grosse vingtaine dans cette "Secret Sundance Party". Rien de comparable au phénomène qui avait pris d'énormes proportions ces dernières années : le "tourisme de fête".

Mate Kokic, l'un des DJ de ce soir, en rappelle la génèse : "Un membre de UB40 [le producteur du groupe de reggae-pop, Nick Colgan, ndlr] est venu s'installer à Zadar. Il tenait un bar, le Garden Lounge, qui est vite devenu assez réputé. Les premières fêtes qu'il a organisées, c'était presque comme ce soir : dans les bois ou sur la plage, pas plus d'une centaine de personnes."

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L'année suivante, il s'est dit : "On recommence, mais cette fois, on invite les copains de Grande-Bretagne." C'est comme ça que "l'invasion" a commencé.

Les beach parties, qui ont fait la réputation festive de Zadar, sont encore très calmes.
Les beach parties, qui ont fait la réputation festive de Zadar, sont encore très calmes.
© Radio France - Gilles Gallinaro

L'invasion des clubbers, britanniques essentiellement, et la gestion de la chose, c'est le business de Loretta Bacic. Elle organise fêtes et soirées, notamment pour le compte du Noa, l'un des cinq clubs de l'île de Zrće.

Zrće Beach, c'est l'île de la fête... On peut y recevoir 20 000 personnes par jour, juste pour faire la fête ! On a des Britanniques, des Australiens, des Allemands qui viennent, qui louent des logements pas chers : on peut louer une villa pour une centaine d'euros par jour... à six, ça fait 15 euros par personne. Il y a une piscine, il y a tout ce qu'il faut ! Et ils prennent du bon temps !

Les bords de mer, traditionnellement dévolus aux fêtards britanniques, australiens ou allemands, sont réinvestis par les habitants de Zadar.
Les bords de mer, traditionnellement dévolus aux fêtards britanniques, australiens ou allemands, sont réinvestis par les habitants de Zadar.
© Radio France - Gilles Gallinaro

Parce que, bien sûr, ce tourisme de fête draine non seulement des clubbers par dizaines de milliers, mais aussi "ce qui leur permet de tenir", précise le journaliste Ivica Storic.

Ce genre de musique est étroitement lié à la drogue. 90 % des gens qui viennent dans ces fêtes sont défoncés ! Et leurs dealers les suivent... Mais l'année dernière, on a eu une grosse embrouille. Il y a eu un meurtre : l'un de ces dealers en a poignardé un autre. Je crois qu'il a pris 20 ans de prison.

Le tourisme de fête est étroitement lié aux liaisons aériennes low cost, rappelle Loretta. Au-delà de la vie bon marché, aller en Croatie n'est pas coûteux.

Tous les jours, on a des vols de six destinations différentes. On peut venir de Londres pour 20 livres.

Sauf que la crise sanitaire a totalement stoppé le business... Les vols low costpour Zadar, au départ de 34 villes, sont tous suspendus. L'aéroport promet la prochaine réouverture de 11 liaisons au départ d'Allemagne, d'Autriche ou de Scandinavie. Mais aucune du Royaume-Uni, le plus gros pourvoyeur du tourisme de fête.