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Accords Israël, Émirats arabes unis, Bahreïn : un enjeu également économique

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Le président Donald Trump (2e R), le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (2e L), le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis Abdullah bin Zayed Al Nahyan (à droite) et le ministre des Affaires étrangères de Bahreïn Abdullati
Le président Donald Trump (2e R), le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (2e L), le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis Abdullah bin Zayed Al Nahyan (à droite) et le ministre des Affaires étrangères de Bahreïn Abdullati
© AFP - Tia Dufur, Anadolu agency

La face cachée du globe. La signature des accords de normalisation entre Israël, les Émirats arabes unis et Bahreïn, représente une première pour ces deux pays du Golfe. D'une portée (géo)politique, mais aussi économique. Entretien avec François-Aïssa Touazi, spécialiste des pétromonarchies.

Mardi 15 septembre, étaient signés à la Maison Blanche et sous le parrainage de Donald Trump, des accords qualifiés d'historiques entre, d'un côté Israël, et de l'autre les Emirats arabes unis et Bahreïn. S'il était inconcevable, il y a peu, pour un pays arabe de reconnaître Israël sans un règlement de la question palestinienne, le président américain déclarait lors de la cérémonie que cinq ou six autres pays pourraient suivre très bientôt.

François-Aïssa Touazi, ancien diplomate, vice-président du conseil France-Pays du Golfe du Medef international et spécialiste des pétromonarchies, estime que la cybersécurité et les nouvelles technologies seront au cœur des futures relations entre ces trois pays. 

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L'auteur de Le ciel est leur limite, aux éditions du Moment, répond à Christian Chesnot.

François-Aïssa Touazi : "la signature de l'accord peut être interprété comme un soutien au candidat Donald Trump"

1 min

François-Aïssa Touazi, spécialiste des pétromonarchies. Le 18 septembre 2020.
François-Aïssa Touazi, spécialiste des pétromonarchies. Le 18 septembre 2020.
© Radio France - Christian Chesnot

Avez-vous été surpris par cet accord de paix entre Israël et deux monarchies du Golfe ?

Ces deux pays ont toujours considéré l’Iran comme la principale menace dans la région et n’ont jamais caché l’existence de relations avec Israël.

C’est surtout le timing de la signature qui peut interroger à deux mois de l’élection présidentielle américaine et qui peut être interprété comme un soutien à Donald Trump qui s’est beaucoup mobilisé pour cet accord en espérant un gain politique.

En s’engageant en ce moment, ils se sont exposés politiquement en cas de victoire de Joe Biden.

Pour les économies du Golfe, quel est l’enjeu de la normalisation avec Israël ?

Même si l’enjeu est essentiellement politique entre ces deux pétromonarchies et l’Etat hébreu, on pourrait voir l’émergence de nouvelles coopérations, essentiellement dans le domaine sécuritaire et les nouvelles technologies. Les pôles d’excellence israéliens dans le domaine de la cyber sécurité, de l’intelligence artificielle, de la santé pourraient intéresser ces deux pays, en particulier les Emirats qui cherchent à s’imposer dans ces secteurs. Des investissements croisés pourraient également se développer. L’expertise israélienne dans le secteur des énergies renouvelables ou dans le domaine de l’eau et de l’irrigation pourraient également constituer un axe de coopération. Les pays du Golfe ont une très forte volonté de réduire leur dépendance alimentaire et de faire de la sécurité alimentaire un enjeu majeur. L’expérience israélienne peut leur être utile.

Enfin, le secteur du tourisme dans les pays du Golfe, comme Dubaï par exemple, qui pourra accueillir des visiteurs israéliens.

Dans les années 90, il y avait eu l’ouverture de bureaux de représentations commerciales israéliennes au Qatar et à Oman. Aujourd’hui, on passe à la vitesse supérieure ?

Tout à fait. Avec ces bureaux commerciaux à Doha et à Mascate, il ne s’était pas passé grand-chose sur le plan de la coopération et ces bureaux ont été impactés par les crises à répétition. Aujourd’hui, on est clairement dans une normalisation des relations avec des échanges d’ambassadeur et la perspective d’ouverture de relations dans des domaines divers.

Pour l'Arabie saoudite, le moment, semble-t-il, n’est pas encore venu de normaliser avec Israël ?

Oui, les responsables politiques saoudiens l’ont souligné. Dans l’esprit, ils restent attachés au plan de paix du roi Abdallah de 2002 (la paix en échange des territoires occupés). Pour les Saoudiens, c’est trop tôt et un tel accord les fragiliserait ; Ryad demeure déterminer à préserver  son leadership sur le monde sunnite. Ils attendent un engagement très clair et concret des Israéliens sur la question palestinienne.

Quels pays du Golfe pourraient suivre l’exemple de Bahreïn et des Emirats ?

On se souvient de la visite de Benjamin Netanyahou à feu le Sultan Qabous. Cette rencontre à Mascate a clairement montré que les deux pays entretenaient des relations, même sans un accord de paix en bonne et due forme. Maintenant, du côté d’Oman, c’est peut-être encore un peu prématuré. Malgré la pression de Trump, tout le monde va attendre l’après élection présidentielle américaine pour se positionner.

58 min

Propos recueillis par Christian Chesnot 

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