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Adieu, langue Bo!

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La BBC a eu récemment l’excellente idée de faire un compte-rendu depuis l’Université de pays de Galles, où s’est tenu, il y a deux semaines, la conférence annuelle de la Fondation Pour les Langues en Danger. Et de faire ce reportage en n’utilisant que des langues des participants. En mettant sur le pied d’égalité l’anglais et le gaélique irlandais, le maori néozélandais et le guernesiais, oui, oui la langue de l’ile anglo-normand, parlé encore par 200 ou 300 personnes. On aimerait bien entendre la description du lieu de la conférence en langue Bo, mais la dernière locutrice de la langue des iles Andaman, dans le Golfe du Bengale, est morte cette année. En moyenne 25 langues disparaissent tous les ans. Ils font partie de 1000 langues qui sont en danger de disparition. On pense que l’humanité peut s’exprimer aujourd’hui en 6000 langues. Dans 10 ans il ne restera donc plus que 5750. Selon l’UNESCO la situation est encore plus catastrophique – 90% des langues risquent de disparaître au cours de ce siècle. Et quand une langue disparaît, c’est tout une culture qui s’en va. Evidemment, quand on pense aux langues mourantes, on pense tout d’abord au passé. Mais tant que la langue est vivante, elle, s’enrichit. Exemples :

Ce reportage a été fait par les vaillantes équipes du programme Sorosoro - un projet visant à recueillir et conserver, sous forme audiovisuelle, une trace de l'ensemble des langues parlées dans le monde, puis de mettre ce matériel à disposition des communautés locales et du grand public. Le mot "sorosoro" vient de l'araki, une langue parlée au Vanuatu, un petit état d’Océanie, et signifie "le souffle, la parole". Et qui insuffle de l’énergie dans ce projet ? Tout d’abord on remarque la présence à la tête du projet d’une célèbre polyglotte bretonne Rozenn Milin, ancienne patronne de TV Breizh. Et encore derrière elle, Orange, qui finance leur site internet. Et encore, derrière Orange, on trouve…Jacques Chirac ! Eh oui, sans sa fondation, le programme Sorosoro n’aurait simplement pas vu le jour. Mécène fondateur, la fondation s’est engagée aux côtés de Sorosoro depuis ses débuts et continue aujourd’hui à en être le mécène principal. Il faut rappeler, que c’est sous la présidence de Jacques Chirac, que la France a signé la Charte européenne de langues régionales ou minoritaires. Et c’est sous sa Présidence qu’elle a refusé de la ratifier ! Un mea culpa de l’ex-président ? Qui sait, qui sait…

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