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Agnès Varda : "Je n'ai jamais eu de vocation de cinéaste, ça j'en suis sûre !"

Portrait d'Agnès Varda  en 1970.
Portrait d'Agnès Varda en 1970.
© AFP

1978. Dans les "Nuits magnétiques", Agnès Varda commence par raconter son enfance et sa recherche de vocation professionnelle, son premier métier de photographe puis sa découverte de la réalisation. La cinéaste de 50 ans en cette année 1978 revient sur ses films et sur la passion du cinéma qui l'anime.

La cinéaste Agnès Varda se dévoile au micro de Jean Daive dans ces "Nuits magnétiques". Elle y parle de son enfance qu'elle voit "sans couleurs", contrairement à l'adolescence et alors que la couleur joue un rôle essentiel dans sa vie. Elle précise que ce qu'elle rejetait c'était "la position de l'enfant dans la famille", "la puissance parentale". Elle a quitté assez jeune sa famille, 'j'ai vécu seule très tôt et ça me convenait" avoue-t-elle.

J'ai toujours eu l'impression après coup que j'attendais quelque chose, que j'attendais ce qui serait après l'enfance. En gros j'aime pas l'enfance, ma propre enfance. Je ne peux pas trouver de choses négatives à dire vraiment, mais ce n'est pas un temps qui sert de référence pour moi.

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Du plus loin qu'elle s'en souvienne, Agnès Varda s'est toujours refusée dans sa tête à se considérer comme inférieure à ses frères. Sans avoir rien lu, elle a toujours eu un élan féministe. Adolescente, elle jouait beaucoup et lisait peu : "J'ai dû commencer à lire vers 14, 15 ans, c'est incroyable." C'est à Paris pendant un an qu'elle a "tout lu", "10 heures par jour" plutôt que d'aller en cours quelle avait "laissé tomber" sauf ceux de Gaston Bachelard , un "extraordinaire parleur, un parleur de rêve". Elle avoue, "mes études ont été absolument pas sérieuses, en fait je n'ai pas fait d'études si je peux dire." N'ayant aucune vocation professionnelle, elle a cherché une orientation et ce fut la photographie avec Jean Vilar qu'elle a suivi à Avignon puis au Théâtre National Populaire dont elle était la photographe officielle, "c'était beau à voir, ça m'a beaucoup fascinée".

Maintenant le théâtre me rase en gros, en général et en détail, à part quelques pièces, je n'aime pas la forme théâtrale qui est fermée, qui manque d'air, qui m'étouffe complètement.

Agnès Varda dans les "Nuits magnétiques" du 27/03/1978 sur France Culture. 1/2

22 min

"Je ne sais pas pourquoi j'ai voulu faire un premier film" déclare Agnès Varda même après toutes ces années et pourtant tous les soirs elle se mettait à écrire "La Pointe courte" et l'a finalement réalisé, "l'idée de faire un film comme ça librement, exaltait tout le monde". Cet état d'esprit, elle a cherché à le garder sur les autres tournages, "la notion de hiérarchie et de service rendu s'est complètement transformée en fluidité des rapports."

On a travaillé avec cette espèce d'esprit que les gens ne sont pas limités par leur technique, que la technique n'est pas un piège, que la technique est une spécialité mais on peut faire autre chose.

Pour raconter son film "Cléo de 5 à 7", Agnès Varda parle de la peur qu'elle associe à la ville, "la ville c'est la prison, c'est la peur" et au cancer. La cinéaste passe ensuite en revue ses films et s'exprime sur son itinéraire en tant que femme.

Je suis absolument fascinée comme le cinéma est un métier de miroir, c'est un jeu, on s'envoie des espèces d'ondes imagées et puis elles reviennent. C'est vraiment un métier extraordinaire.

Agnès Varda dans les "Nuits magnétiques" du 27/03/1978 sur France Culture. 2/2

35 min

  • "Nuits magnétiques"
  • Première diffusion le 27/03/1978
  • Producteur : Jean Daive
  • Réalisation : Elyane Milhau
  • Indexation web : Odile Dereuddre, de la Documentation de Radio France
  • Archive INA - Radio France