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Aimé Jacquet : "C'est dans les détails qu'on gagne les grandes compétitions"

Aimé Jacquet tient le trophée de la Coupe du monde le 12 juillet 1998.
Aimé Jacquet tient le trophée de la Coupe du monde le 12 juillet 1998.
© AFP - Achim Scheidemann/DPA

2006. Quatrième volet d'"A voix nue" avec Aimé Jacquet qui revient sur la Coupe du monde de 1998 : la préparation, les matches marquants, la relation aux joueurs et à l'équipa qui passe avant, jusqu'à la victoire finale contre le Brésil.

Pour ce quatrième volet de la série "A voix nue", Aimé Jacquet raconte qu'à la suite du Championnat d'Europe en 1996, la Coupe du monde 1998 se prépare. Il écoute beaucoup pendant ces deux années, il se "nourrit" de tous ces avis et il met tout en place. Il l'annonce alors au président de la Fédération : "Il faut me laisser carte blanche parce qu'on aura besoin d'un suivi et d'un budget financier assez important parce qu'on va suivre les joueurs un par un. Vous allez voir, et puis on va être champion du monde !"

Il explique comment s'est faite la sélection des 22 joueurs, la complexité du choix, une décision difficile à prendre vis-à-vis des joueurs non choisis. Alors la préparation physique et mentale peut commencer, selon une méthode bien à lui :

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J'essaye de faire des petites périodes très fortes et des petites périodes très tranquilles, très cool. Donc je fais des temps très forts, j'isole, je mets les joueurs dans une situation de compétition, on se prépare, on se connaît, on échange, on se percute. C'est une vie fantastique, riche. Personne ne nous embête, on est entre nous, on se dit des choses... et ça marche, ça marche ! Ils aiment ça les joueurs, ils adorent. Et puis après, coupure, on repart, tranquilles. Donc, j'ai alterné tout le temps comme ça.

"A voix nue" avec Aimé Jacquet (4/5) le 08/06/2006 sur France Culture : France 1998.

25 min

Aimé Jacquet revient sur son rôle d'entraîneur lors de la sortie de Zinedine Zidane pendant le match contre l'Arabie Saoudite. Lorsqu'il sort, il ne lui jette aucun regard. Réponse de l'intéressé :

Le souci toujours de l'équipe. Nous ne pensons qu'à l'équipe et non pas à Zidane ou à Djorkaeff ou à Barthez. On pense à l'équipe quand on sur le terrain. C'est l'équipe qui nous intéresse, pas le joueur. On perd notre meneur de jeu, celui sur lequel on a tout fondé... alors qu'est-ce-que je fais ? Je rassure l'équipe ! Il s'est exclu tout seul. Je pense à l'équipe.

Le sélectionneur de l'équipe de France refait le match de la finale contre le Brésil :

De part le fait qu'on les a tellement percutés, ils ont été extrêmement friables défensivement. On aurait pu honnêtement avec un petit peu d'adresse peut-être corser un peu plus l'addition, mais on s'en foutait. C'était un but de plus qu'eux et d'être champions du monde, le reste on s'en fichait complètement.

Étrangement, il dit ne plus se souvenir après la fin du match de ce qui s'est passé :

Le coup de sifflet final, je me souviens et après, plus rien. Coupure. Je me revois seulement remonter les marches et aller chercher la Coupe du monde, et tout avant : rien. Et je n'avais qu'une hantise, de ne pas avoir salué Monsieur Zagalo. Aujourd'hui encore je ne me souviens pas d'avoir fait la démarche.

  • "A voix nue" avec Aimé Jacquet 4/5
  • Producteur : Xavier de La Porte
  • Réalisation : Luc-Jean Reynaud
  • Première diffusion le 08/06/2006
  • Indexation web : Odile Dereuddre de la Documentation de Radio France