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Aimé Jacquet : "Nous sommes des techniciens, les Français. On aime le beau jeu."

Aimé Jacquet lors d'un entraînement de l'équipe de France le 13 juin 1998 à Mallemort près de Marseille.
Aimé Jacquet lors d'un entraînement de l'équipe de France le 13 juin 1998 à Mallemort près de Marseille.
© AFP - Gabriel Bouys

2006. Troisième entretien de la série "A voix nue" avec Aimé Jacquet qui explique le rôle d'un entraîneur dans une équipe : c'est un équilibriste mais qui est lié aux résultats. Il détaille la sélection et la construction de l'équipe de France en 1998, pourquoi et comment il a décidé de la renouveler.

Dans cette troisième partie de la série "A voix nue" diffusée en 2006, l'ancien joueur de football et sélectionneur, Aimé Jacquet, parle de la fonction de l'entraîneur qu'il qualifie d'"équilibriste" au sein d'une équipe.

L'entraîneur est toujours sur un fil avec son balancier pour redresser les difficultés des uns, les mauvaises prestations des autres, leur état d'humeur, ainsi de suite. On est équilibriste et, qu'on le veuille ou non, on est aux résultats. Il faut gagner, il faut toujours gagner même avec une petite équipe.

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"A voix nue" avec Aimé Jacquet (3/5) le 07/06/2006 sur France Culture : le sélectionneur est un équilibriste.

25 min

La construction d'une équipe, c'est la construction d'une maison. C'est d'abord des fondations, donc la défense. [...] Ensuite, premier étage, c'est là où tout le monde vit, c'est le mouvement, c'est le milieu de terrain. C'est la vie quotidienne. Et puis il y a les attaquants, c'est le toit : il y en a à deux pentes, à trois pentes... Et moi, quand je construis une équipe, paradoxalement, je construis par les attaquants. Parce que ce sont une denrée rare, n'est pas attaquant qui veut.

Aimé Jacquet donne son avis sur "l'idée de beau jeu" et sur la recherche de "fluidité" dans une équipe."On a des joueurs de qualité, on sait bien les préparer", le problème selon lui c'est "l'anti-jeu" qui "détruit les belles attaques", c'est "un problème d'évolution du football".

Il raconte dans le début des années 1990, la sélection et la construction de l'équipe de France : "On articule tout ça, on fait une équipe où les gens sont heureux de jouer, ils vont s'associer naturellement." Mais cela a nécessité des décisions dures à prendre, comme se séparer de certains joueurs, pourtant des stars de l'époque, pour permettre un renouvellement. Il s'en défend encore maintenant.

Plus vous attendez, qu'est-ce-qui se passe ? Vous avez vu ce qui se passe dans l'équipe de France actuellement quand vous ne prévoyez pas le renouvellement, quand vous n'anticipez pas ? C'est plus qu'un club, une sélection. C'est dix fois plus dur qu'un club. Vous ne les avez pas les joueurs, ce ne sont pas vos joueurs, ils ne vous appartiennent pas. Ils sont dans des clubs avec des objectifs fantastiques. Vous récupérez tout ça et vous vous débrouillez avec. Et le mérite c'est d'avoir un objectif. Moi j'ai toujours fait ça. On peut tout me reprocher mais moi j'ai des objectifs. Je me fixe des objectifs, j'ai mon fil conducteur. J'ai un cadre de vie et je fonce !

Il  rentre dans les détails de la constitution de l'équipe de France pour la Coupe du monde de 1998. "Je suis un homme d'animation du système", c'est ainsi que se définit Aimé Jacquet. Il fait en fonction des qualités de ses joueurs.

Je suis sûr à partir de janvier [1998] quand je mets en place l'équipe qui va jouer l'inauguration du Stade de France. Là, je suis sûr de moi. Je peux le dire en toute honnêteté et contrairement à ce qu'on dit ce n'est pas parce qu'on a gagné. Je suis sûr de ce qu'on allait faire. On est partis pour gagner la Coupe du monde, tout à fait.

  • "A voix nue" avec Aimé Jacquet 3/5
  • Producteur : Xavier de La Porte
  • Réalisation : Luc-Jean Reynaud
  • Première diffusion le 07/06/2006
  • Indexation web : Odile Dereuddre de la Documentation de Radio France