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Alerte de 15 000 scientifiques : leurs 9 indicateurs de dégradation de la planète analysés

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Entre 1990 et 2015, la déforestation a entraîné la perte d'une superficie de la taille de l'Afrique du Sud. Ici, en Côte d'Ivoire : 16 millions d'hectares de forêts en 1900, contre 3,5 millions auj.
Entre 1990 et 2015, la déforestation a entraîné la perte d'une superficie de la taille de l'Afrique du Sud. Ici, en Côte d'Ivoire : 16 millions d'hectares de forêts en 1900, contre 3,5 millions auj.
© Maxppp - Legnan Koula

15 000 scientifiques de 184 pays signent un appel contre la dégradation de l’environnement. Cet appel d'une ampleur sans précédent se base sur l'analyse de 9 indicateurs mondiaux, dont l'évolution est suivie depuis 1960 jusqu'à 2016.

Dans la revue Bio Science, ce lundi 13 novembre, 15 000 scientifiques du monde entier alertent sur la dégradation sans précédent de l’environnement. Cet appel se fonde sur l'analyse de neuf indicateurs mondiaux, dont l'évolution est suivie depuis 1960 jusqu'à 2016. Cet appel scientifique fait suite à celui de 1992, dans le contexte du Sommet de la Terre de Rio. Les indicateurs d'aujourd'hui reprennent ceux d'il y a 25 ans en poursuivant leur évolution jusqu'en 2016.  

9 indicateurs de destruction de la planète depuis 1960
9 indicateurs de destruction de la planète depuis 1960
© Radio France - Camille Renard

Voici le détail de ces neuf indicateurs, et leur éclairage par les scientifiques et experts passés récemment sur l'antenne de France Culture :

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1/ L'ozone stratosphérique : le seul indicateur au vert, grâce au protocole de Montréal (1987)

Écoutez ce "carnet de santé de la couche d'ozone" (18 septembre 2016), avec Didier Hauglustaine, directeur de recherche au CNRS au laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement (LSCE) et Sophie Godin-Beekmann, directrice de recherche au CNRS, présidente de la Commission Internationale sur l’Ozone : 

58 min

2/ L'eau douce : des ressources par habitant divisées de moitié par rapport à 1960

Écoutez cette émission géopolitique sur l'eau, "l'or bleu", avec notamment Alexandre Taithe, Chargé de recherches, à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), qui a notamment publié Partager l'eau : les enjeux de demain (Technip 2006), et la géographe Sylvie Brunel :  

3/ La pêche : les limites d'une pêche soutenable sont dépassées depuis 1992

Voici un point sur les ressources halieutiques dans le Grand Nord, avec Olav Schram Stokke, Professeur au département de science politique de l'université d'Oslo, interviewé par Thierry Garcin pour l'émission "Les Enjeux internationaux" :

10 min

4/ Les zones mortes maritimes : plus de 600 en 2010

Les zones mortes maritimes, déficitaires en oxygène, voient la vie sous-marine asphyxiée (poissons, coraux...), dans des zones de plus en plus importantes, en taille et en nombre. Elles sont principalement dues au lessivage des engrais agricoles.

Écoutez la deuxième partie de l'émission "De cause à effets", en écho à la journée maritime mondiale, avec Frédéric Le Manach, directeur scientifique de l’Association Bloom, une association dévouée aux océans et à ceux qui en vivent : 

58 min

5/ La déforestation : une superficie de forêts de la taille de l'Afrique du Sud perdue entre 1990 et 2015

Sur la question de la déforestation, écoutez cette émission de "La Méthode scientifique" (14 février 2017), avec Jean-Guénolé Cornet, président de l'ONF International, et Valéry Gond, docteur en géographie, chercheur au Cirad. Il travaille sur la caractérisation des structures forestières et des impacts humains en Amazonie et sur le bassin du Congo, en utilisant l'imagerie satellite :

6/ Les espèces vertébrées : diminution de 58% entre 1970 et 2012

Au sujet des extinctions d'espèces vertébrées (mammifères, poissons, oiseaux...), écoutez cette émission de "Matières à penser avec Dominique Rousset" (20 septembre 2017), en écho à l'étude publiée en juillet 2017 dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) : des chercheurs américains et mexicains concluent que les espèces de vertébrés reculent de manière massive sur Terre, à la fois en nombre d’animaux et en étendue. Avec Benoit Fontaine, ingénieur au Centre d'Ecologie et des Sciences de la Conservation (CESCO) du Muséum national d'Histoire naturelle :

7/ Les émissions de CO2 : après une courte stabilisation depuis 2014, une nouvelle hausse  

Sur les émissions de gaz à effets de serre et la possibilité de leur réduction, écoutez Maxime Combes, économiste spécialiste de l'environnement, membre d'Attac France, et Laurent Michel, directeur général de l'Energie et du Climat au ministère de la Transition écologique et solidaire, dans l'émission "De cause à effets" (24 septembre 2017), consacrée à une sortie possible des hydrocarbures en France : 

8/ La hausse des températures : les 10 années les plus chaudes depuis 136 ans ont eu lieu depuis 1998

Sur les conséquences du réchauffement climatique, écoutez l'émission "Les Enjeux internationaux" (13 juin 2017) consacrée au rapport entre évolution du climat et déclenchement des guerres dans le monde, avec Laurent Testot, auteur de "Cataclysmes. Une histoire environnementale de l’humanité" (Payot).

9/ La population : les humains pourraient être 11 milliards en 2100

Écoutez cette émission de "CulturesMonde" (29 décembre 2015) consacrée à la démographie mondiale : "10 milliards demain", avec Gilles Pison, directeur de recherches à l'Institut national d'études démographiques et rédacteur en chef de Population et sociétés, Patrick Gerland, coordonnateur pour les Nations-unies, section « Analyses démographiques », docteur en « population studies » au département des Affaires Sociales et Economiques, Christophe Guilmoto, directeur de recherche en démographie à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), Serge Michailof, chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), auteur notamment de Africanistan (Fayard, 2015) : 

49 min

Ces neuf indicateurs ne sont pas exhaustifs pour prendre le pouls de la planète : pollution de l'air, destruction des habitats naturels, développement des espèces invasives, effondrement du nombre et de la diversité des insectes... auraient pu les compléter. Et de nombreux autres critères d'évaluation auraient pu être choisis, mais certains n'étaient pas encore suffisamment saillants, ou la communauté scientifique n'était pas assez mûre pour les analyser en 1992. Ils le sont aujourd'hui. Cette liste de neuf ne demande qu'à être enrichie.