Alexandra David-Néel : "S'il est bon de manger, les Tibétains pensent qu'il est encore meilleur de boire !"

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Alexandra David-Néel : "S'il est bon de manger, les Tibétains pensent qu'il est encore meilleur de boire !"

Alexandra David-Néel en habit de religieuse d'un monastère tibétain.
Alexandra David-Néel en habit de religieuse d'un monastère tibétain.
© Getty - Bettmann

1954. Dans des entretiens datant de 1954 et diffusés en 1994 dans "A voix nue", Alexandra David-Néel raconte le Tibet tel qu'elle l'a connu dans les années 1920. Dans ce deuxième volet, l'aventurière loquace raconte la justice tibétaine puis les grandes fêtes rituelles et les cérémonies funéraires.

Au micro de l'écrivain Michel Manoll, l'aventurière Alexandra David-Néel âgée de 86 ans, raconte avec beaucoup de détails et d'anecdotes le Tibet qu'elle a connu lors de ses périples et insiste sur la variété des populations que composait ce pays loin d'être unifié, "nous y trouvons des roitelets et leurs cours, des coutumes spéciales, une mentalité et des opinions différentes". Elle se plaît à décrire ces roitelets comme des seigneurs féodaux très stricts sur les marques de hiérarchie. Elle fait état par exemple d'un grand banquet organisé pour la fête du nouvel an : "Les Tibétains s'assoient sur des coussins, dans les maisons riches ce sont des carrés de tapis rembourrés avec de la laine, de façon à devenir aussi durs qu'un bloc de bois. Ces coussins peuvent être empilés les uns sur les autres, la hauteur de la pile sur laquelle un invité est assis correspond à son rang social ou à l'estime en laquelle il est tenu. C'est ainsi qu'un personnage éminent pourra être juché sur 6 à 8 coussins, à un mètre du plancher !"

"A voix nue" 2/5 avec Alexandra David-Néel : "S'il est bon de manger, les Tibétains pensent qu'il est encore meilleur de boire !" Une diffusion du 29/11/1994.

27 min

Alexandra David-Néel raconte en miroir ce ces grands seigneurs, la vie des paysans tibétains tributaires de superstitions qui se ruinent en cérémonies religieuses pour "contrecarrer l'action néfastes de ces démons". Elle aime plaisanter sur les rituels funéraires des Tibétains qui ont l'habitude de garder longtemps les corps des défunts chez eux et raconte de nombreuses anecdotes sur la conservation des cadavres. Elle insiste aussi sur le coût souvent démesuré que représentent les funérailles pour les petits paysans tibétains qui s'endettent bien souvent pour de nombreuses années.

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Les Tibétains ne laissent pas les cadavres étendus dans la position couchée. Dès que la personne est morte, on plie ses membres de façon à la mettre les jambes repliées dans la posture des statues du Bouddha : les mains sont jointes, les paumes se touchent dans une attitude de prière ou de salutation. Pour faire tenir le mort dans cette position, on l'attache avec plusieurs écharpes puis on habille le corps à l'envers, ses gilets et ses robes sont attachés sur le dos. Quand tout cela est fait, on pose le corps sur un chaudron rempli de grains. Avez-cous devinez pourquoi ?! Mais c'est pour que le liquide provenant de la putréfaction puisse s'écouler dans le récipient et être absorbé par le grain qui s'y trouve ! Au lieu de salir la pièce où se trouve le cadavre !

  • "A voix nue"
  • Première diffusion le 29/11/1994
  • Producteur : Michel Manoll
  • Réalisation : Nicole Salerne
  • Indexation web : Odile Dereuddre, de la Documentation de Radio France
  • Archive INA - Radio France