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Amazon - Hachette : la guerre s'envenime

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C'est un conflit qui dure depuis plusieurs mois maintenant. La guerre entre le géant américain du commerce en ligne et l'éditeur a repris de plus belle. Amazon accuse Hachette d'entente sur les prix des livres électroniques. L'éditeur se défend. Il est soutenu par de nombreux auteurs américains.

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© Maxppp - Bertrand Bechard

Dans une guerre, tous les coups sont permis. Après des mois de vaines négociations commerciales, Amazon a donc décidé d'appliquer une autre tactique. Dans un message posté sur son site readersunited.com, le groupe réitère ses arguments en faveur d'une baisse des prix des "ebooks" et dit vouloir un prix unique à 9,99 dollars pour la plupart des livres électroniques. Aujourd'hui, ils oscillent entre 12,99 et 19,99 dollars. Alors pour essayer d'atteindre Hachette, Amazon a eu l'idée de divulguer l'adresse mail de Michael Pietsch, le directeur général de la filière américaine de l'éditeur français, et invite les lecteurs à lui envoyer un courriel pour lui demander de baisser les prix. Hachette, lui, a un soutien de poids : plus de 900 auteurs ont signé une pétition dans le New York Times pour demander au distributeur en ligne de mettre fin ce bras de fer.

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**Les explications de Marie Mutricy : **

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L'appui de la France La pétition des écrivains américains est soutenue par Aurélie Filipetti. Dans une interview accordée au Monde, la ministre de la Culture, dénonce les "pratiques inqualifiables " du commerçant en ligne. "Amazon porte atteinte à la diversité littéraire et éditoriale .... Pour ma part, je défends l'écosystème du livre en entier, pas un acteur en particulier ", explique entre autre la ministre.

Amazon en difficulté Parallèlement à cette bataille avec Hachette, Amazon perd de l'argent, beaucoup d'argent. Un déficit net de 126 millions de dollars entre avril et juin 2014. Le géant américain de la distribution en ligne est dans le rouge parce qu'il cherche à se diversifier et dépense plus qu'il ne gagne. Vidéos en streaming, lecteurs de cartes de crédit, tablette Kindle, ... Dernier joujou en date : le Fire Phone, son premier smartphone, vendu depuis juillet et qui ne semble pas séduire le marché américain. Amazon a d'ailleurs prévenu que ses pertes allaient encore plus se creuser à la fin de l'année et qu'il fallait s'attendre pour le troisième trimestre à un déficit de 410 à 810 millions de dollars, contre 25 millions en 2013. Des chiffres inquiétants, mais qui s'expliquent donc en grande partie par la stratégie du groupe : Amazon affiche traditionnellement de très faibles bénéfices car il réinvestit donc constamment pour diversifier son activité.