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Amedeo Modigliani : "D’un oeil, observer le monde extérieur, de l’autre regarder au fond de soi-même"

 Amadeo Modigliani dans son son studio de travail en 1900.
Amadeo Modigliani dans son son studio de travail en 1900.
© Getty

Ses toiles ont atteint des sommets dans toutes les salles de vente du monde, en atteste ce "Nu couché" adjugé pour 157,2 millions de dollars par la maison Sotheby’s, ce lundi 14 mai. Pourtant, il fut pauvre, malade, alcoolique et fêtard tout à la fois. En somme une icône, mais une icône torturée.

Issu d'une vielle famille juive juive de Livourne, il apparaît comme un seigneur ténébreux courtois et solitaire. Modigliani aime l'Italie et les femmes. Ses parents lui ont donné un prénom de la maison de Savoie, mais lui adore la France républicaine. Ainsi que l'alcool. Mort dans la misère, ce dandy tragique sera accompagné au Père-Lachaise par tous les grands noms de l'art moderne. En 2001, l'émission Une vie, une oeuvre revenait sur l'existence incandescente et torturée de ce grand peintre.

Une vie, une oeuvre : Amadeo Modigliani (1917–1920)

1h 25

Ses femmes au long cou, tête inclinée, yeux en amande, offrant leur nudité lisse et nonchalante en pose languissante. Des portraits d'amis, poètes ou sculpteurs - Max Jacob, Jacques Lipchitz, Apollinaire, Henri Laurens ou le marchand Paul Guillaume, autant de visages auxquels Modigliani imprime cette élégance si caractéristique de son style... Venu à Paris dès 1906, emporté dans ce tourbillon artistique sans précédent, l'artiste de Livourne, alcoolique et toxicomane, terrassé par la tuberculose à trente six ans, est entré tout droit dans la légende de Montmartre et du Montparnasse des Années folles, où se côtoient Picasso, Brancusi, Derain, Léger, mais aussi Kisling, Zadkine, Foujita, Archipenko, Diego Rivera et tant d'autres... Le Bateau-lavoir, La Ruche, L'Académie de la Grande Chaumière etc_._ 

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Une vision nouvelle des corps dans l'espace

Quelques artistes venus d'horizons multiples inventent des formes et des styles radicalement nouveaux, célébrant la modernité du siècle surgissant, ce vingtième siècle aux bouleversements multiples dont les révolutions apparaissent d'abord dans cette vision nouvelle des corps et de leurs positions dans l'espace. Non sans mélancolie. Du moins dans les œuvres de celui qui selon Paul Guillaume passa tel un météore dans ces années tâchées de sang. "Son âme hautaine d'aristocrate flottant longtemps parmi nous."

Par Pascale Lismonde et François Caunac. Émission diffusée pour la première fois sur France Culture le 18.02.2001