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Anish Kapoor veut conserver les dégradations de son oeuvre Dirty Corner

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Exposée dans les jardins du château de Versailles, l'oeuvre Dirty Corner a fait l'objet d'un second vandalisme en trois mois, dans la nuit de samedi à dimanche. Avec des inscriptions antisémites et royalistes. Très choqué, son auteur, le plasticien Anish Kapoor, veut la laisser en l'état pour montrer une "haine criminelle".

Dirty corner, oeuvre d'Anish Kapoor vandalisée le 6 septembre 2015 dans les jardins du château de Versailles
Dirty corner, oeuvre d'Anish Kapoor vandalisée le 6 septembre 2015 dans les jardins du château de Versailles
© Radio France - Romain Roux

"Dirty Corner, sales opinions politiques, antisémitisme. Je suis un juif. Et un musulman. Et un Hindou. Et un chrétien. Je défie les musées du monde de montrer ce travail tel qu’il est, tel qu’il restera".

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Ainsi a réagi dimanche le plasticien britannique de 61 ans sur son compte Instagram, face au nouveau vandalisme de son œuvre Dirty Corner. Anish Kapoor, né en Inde d'une mère elle-même née en Irak dans une famille de confession juive. Aussi connu sous le nom de "Vagin de la reine" (terme symbolique revendiqué par l'artiste) et exposé dans les jardins du château de Versailles, ce tunnel en acier rouillé long de 60 m a été recouvert de plusieurs inscriptions à tendance royaliste et antisémite, ainsi que sur les blocs de pierre qui l'entourent.

"Le second viol de la nation française par l’activisme juif déviant" et "Honte, déshonneur, trahison, satanisme", peut-on par exemple lire à l’intérieur de la trompe. D’autres inscriptions ont été faites sur les blocs de pierres : "Sacrifice Sanglant" (avec deux S en capitales) ou "La reine sacrifiée, deux fois outragée", faisant explicitement référence à la religion et à la royauté.

L'enquête est confiée à la sûreté urbaine de Versailles, qui devrait utiliser les enregistrements des caméras de surveillance pour repérer les auteurs de ces dégradations et d'éventuelles complicités.

Le Journal de la culture de ce lundi soir de Zoé Sfez revenait sur ces événements. Avec Kamel Mennour, de la galerie du même nom, représentant d’Anish Kapoor, et Nathalie Heinich, sociologue et chercheur CNRS, spécialiste de l’art contemporain :

Journal de la culture du lundi 7 septembre 2015 de Zoé Sfez à propos de l'oeuvre vandalisée d'Anish Kapoor

8 min

Et écoutez Anish Kapoor , qui s'est finalement expliqué au micro de Jérôme Jadot ce mardi, après avoir constaté sur place les dommages :

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55 sec

Dans une interview au Figaro, Anish Kapoor dit avoir pris la décision de laisser les inscriptions en accord avec Catherine Pégard et Fleur Pellerin.

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, s'est dite "scandalisée qu'on s'en prenne avec les plus abominables références à l'oeuvre d'un grand artiste international et, au-delà, au château de Versailles et à la culture". La seconde, ministre de la Culture, s'est rendue sur place dimanche après-midi et a évoqué "une vision fasciste de la culture". Et François Hollande, qui a lui aussi réagi, recevra Anish Kapoor ce mardi en fin d'après-midi.

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Installée dans l'axe principal du château, sur le Tapis vert, et exposée au public depuis le 9 juin, Dirty Corner avait fait l'objet d'une pétition en ligne pour son retrait. Lancée par Versailles familles avenir, une liste municipale proche de la Manif pour tous, cette pétition avait recueilli près de 10.000 signatures.

Le 17 juin, l'oeuvre avait été partiellement recouverte de peinture jaune, avant d'être nettoyée. La dégradation n'avait pas été revendiquée et l'enquête n'avait rien donné.

Cinq autres oeuvres d'Anish Kapoor sont visibles à l'intérieur et à l'extérieur du château de Versailles, jusqu'au 1er novembre.
Œuvre de Kapoor dégradée à Versailles : «Honte sur la France !» Le Figaro

Par Alix Van Pée, ce lundi.

L'orifice de la discorde. Revue de presse culturelle d'Antoine Guillot

Publiée le 10 juin dernier.