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Anne Cécile Vandalem, tristesses et rires malgré tout

Par
Phile Deprez
Phile Deprez
- Das Fräulein Kompanie

Cette année au Festival d’Avignon, la plupart des spectacles jouent la carte de l’anticipation politique. Après Maëlle Poésy, c’est au tour de Anne-Cécile Vandalem, jeune metteur en scène belge d’inventer de toutes pièces Tristesses, une fiction en forme de polar sur fond de montée d’extrême droite.

Le théâtre est une drôle d’expérience . Très souvent, dans les cinq premières minutes d’un spectacle, on sait, on sent si la représentation va nous charmer ou pas. Avec Tristesses, d’Anne-Cécile Vandalem, la magie s’impose d’emblée et le plaisir ne déserte plus.

A quoi cela tient-il ? A un décor pour commencer. Une scène sombre, éclairé par des lampadaires. L’artiste a reconstitué la place d’un village. Dans les maisons, vivent les 8 derniers habitants d’une petite île danoise. Le jour se lève sur la découverte d’une femme pendue au drapeau national. C’est la mère d’une leader d’un parti d’extrême droite qui ne va pas tarder à arriver par le ferry du soir. La fiction se met en route. Elle est délirante, cocasse, tragique, toujours inattendue. On oscille en permanence entre les coups bas et les secrets dévoilés, les trahisons et les violences familiales, les souvenirs cachés qui remontent à la surface.

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Pour mettre en scène ce grand déballage aussi comique que dramatique, Anne-Cécile Vandalem utilise, comme pas mal d’artistes présents au festival cette année, la vidéo. Mais elle en fait un usage particulier. Elle ne filme que ce qui se passe à l’intérieur des maisons et abandonne la caméra lorsque l’action se situe sur la place. Une utilisation qui aiguise l’attention du public, totalement conquis par les acteurs, formidables de justesse et de précision. On ne racontera pas la fin de Tristesses, elle est triste comme l’indique le triste. Mais, et c’est là l’immense talent de cette jeune metteur en scène, même dans cette tristesse finale, il y a encore du rire qui se niche.

Tristesses, de et avec Anne-Cécile Vandalem. Gymnase du lycée Aubanel, à 18 heures, jusqu’au 14 juillet. Durée : 2 h 15

Plongeon dans les répétitions en 360°