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Anne Pingeot se confie à l'historien Jean-Noël Jeanneney

François Mitterrand et Anne Pïngeot à l'Acropole vers 1970.
François Mitterrand et Anne Pïngeot à l'Acropole vers 1970.
- DR/Gallimard

Exclusif. Découvrez la seule et unique prise de parole d'Anne Pingeot après la parution des deux ouvrages où sont publiés les lettres et les divers écrits que lui a adressés François Mitterrand de 1962 à 1995.

Anne Pingeot a choisi de réserver à France Culture et à un historien, Jean-Noël Jeanneney sa seule et unique prise de parole alors que viennent de paraître en librairie le volume de la correspondance que François Mitterrand a entretenu avec elle, Lettres à Anne (1962-1995) ainsi que le Journal pour Anne (1964-1970) , tous deux publiés aux éditions Gallimard.

"A Voie nue" avec Anne Pingeot (1/5)

27 min

Vous pouvez écouter ci-dessus la première partie de cet entretien de deux heures trente. L'intégralité de ce document est diffusée dans A Voix nue, chaque soir de cette semaine -et à écouter et podcaster sur le site de France Culture.

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Pendant cette conversation libre, confiante, passionnante, tantôt joyeuse et tantôt grave, Anne Pingeot et Jean-Noël Jeanneney parcourent un demi-siècle d’une grande histoire d’amour de la première rencontre jusqu’à la disparition de François Mitterrand. Ils parlent de tout, avec pudeur mais sans tabou : amour et politique, culture et amitiés, secret et République. Il est question des bonheurs, des surprises, des moments exceptionnels mais aussi des difficultés, des chagrins et des doutes.

Un dialogue qui raconte aussi l’histoire d’une femme libre, d’une femme d’art et de science, qui parvint contre vents et marées à conjuguer une vie privée à jamais sans pareille et une carrière professionnelle dans le domaine de la culture.

"Dans cette histoire, le temps a compté immensément"

Dans l'épisode diffusé ce lundi, l'ex-conservatrice du musée d'Orsay revient sur les raisons de la publication de ces lettres, et s'interroge encore, notamment pour savoir si François Mitterrand désirait qu'elles soient rendues publiques:

Fallait-il le publier ? (...) Je ne sais pas, je ne sais pas. Il savait que je conservais tout, par métier et par nature. Mais, est-ce qu’il voulait que ce soit publié... Vous voyez... Toujours, je me pose la question.

Quand l'historien Jean-Noël Jeanneney, membre de l'Institut François-Mitterrand et qui l'a convaincue de l'intérêt historique de cette publication, lui rappelle que Madeleine a brûlé la correspondance d'André Gide, elle réagit:

J’ai vu la cheminée où elle les a brûlées ! C’est une chose très impressionnante ! Parce que tout a été modifié mais il y a la cheminée… Et, on l’imagine là, brûlant ces lettres... ou Catherine Pozzi brûlant les lettres de Paul Valéry. Est-ce qu’on a le droit de faire ça ? Je ne sais pas.

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Ensuite, Anne Pingeot reprend le fil de son histoire avec François Mitterrand, tout autant roman d'amour que livre d'histoire.

[Dans cette histoire], le temps a compté immensément. Ce n’est pas la même notion du temps que nous avons maintenant. Là, on repart à un passé très très proche des siècles précédents et qui n’a rien à voir avec le temps d’aujourd’hui.

Quand elle parle de son enfance, elle évoque sa famille qui "avait une ou deux générations de retard", son père industriel en Auvergne, près des "cousins Michelin"

C’était la province, très réactionnaire, de droite, pas évoluée et j’ai eu une formation dans ce sens. Mais ça rejoignait au fond l’enfance de François Mitterrand qui avait à peu près le même genre de bourgeoisie, peut-être un petit peu plus ouverte, je ne sais pas. Mais, je crois que ça a compté beaucoup parce qu'on comprenait très bien cette trame de devoir, cette trame de limite aussi que lui a dépassé mais qu'il m’a aidé aussi à dépasser.

La première rencontre, "une impression... ineffaçable"

Elle raconte aussi sa première rencontre avec François Mitterrand près de 27 ans de plus qu'elle.

Sans le golf, rien de cette histoire n’aurait existé ! Donc, le grand bonheur [de mon père], c’était de jouer au golf d'Hossegor qui est fort beau et où il pleut beaucoup, il y a une pelouse magnifique et c’est toujours très élégant. Donc après les parties, il ramenait ses amis à la maison, qui était une jolie maison sur le lac. Quand j’avais l’âge de quatorze ans, (...) il a ramené André Rousselet et François Mitterrand. Cela m’a laissé une impression …ineffaçable.

Après ce premier moment, des années avant le début de leur relation, Anne Pingeot raconte son émancipation progressive du milieu familial, et plus généralement sa "quête passionnée de liberté", selon les mots de Jean-Noël Jeanneney.

Retrouvez l'intégralité de cet entretien dans A Voix nue, à partir de 20h ce lundi