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Annie Ernaux, "littérature de bonne femme" ? Le vrai lectorat de la Nobel

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Annie Ernaux, chez elle, à Cergy, quinze ans avant de devenir la première Française à recevoir le prix Nobel de littérature.
Annie Ernaux, chez elle, à Cergy, quinze ans avant de devenir la première Française à recevoir le prix Nobel de littérature.
© Getty - Ulf Andersen

Il faut plonger dans la correspondance d'Annie Ernaux pour comprendre l'expérience et le goût des lecteurs de celle qui recevra, ce samedi 10 décembre 2022, le prix Nobel de littérature.

Annie Ernaux vous a écrit, l’avez-vous lue ? À vous, et quelques millions d’entre nous, à vrai dire :  son discours, rédigé pour la remise du prix Nobel de littérature, ce samedi 10 décembre 2022, a été publié avec quelques jours d’avance par plusieurs médias français. Avant de bientôt rejoindre les archives du comité Nobel, et leur site, où vous pouvez consulter tous les discours depuis la création du prix en 1901, attribué à Sully Prudhomme cette année-là.

Avec ce texte, Annie Ernaux nous a adressé à tous un formidable retour sur elle-même - et ainsi sur nous, qui la lisons depuis des années. C’est cette phrase, “J’écrirai pour venger ma race”, qu’elle avait inscrite voilà soixante ans dans son journal intime à l’âge de 20 ans, et que l’autrice éclaire, tel un arceau à l’ensemble de son travail à présent qu’elle en a aujourd’hui 82. C’est encore un parcours en littérature, inséparable d’une trajectoire sociale, qu’elle a campé à la première personne du singulier, “outil exploratoire” et conquête démocratique tout à la fois, pour mieux la situer et mieux s’habiter elle-même, sujet. C’est à cette trajectoire qu’elle revient désormais en achevant son discours à Stockholm en déclarant : “Si je me retourne sur la promesse faite à 20 ans de venger ma race, je ne saurais dire si je l’ai réalisée. C’est d’elle, de mes ascendants, hommes et femmes durs à des tâches qui les ont fait mourir tôt, que j’ai reçu assez de force et de colère pour avoir le désir et l’ambition de lui faire une place dans la littérature, dans cet ensemble de voix multiples qui, très tôt, m’a accompagnée en me donnant accès à d’autres mondes et d’autres pensées, y compris celle de m’insurger contre elle et de vouloir la modifier. Pour inscrire ma voix de femme et de transfuge social dans ce qui se présente toujours comme un lieu d’émancipation, la littérature.”

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Annie Ernaux nous a écrit pour rappeler qu’elle croyait n’avoir jamais écrit “pour une catégorie de lecteurs” mais depuis elle-même. C’est-à-dire depuis son expérience et sa mémoire : celles “de femme et d’immigrée de l’intérieur”. De longue date à vrai dire, Annie Ernaux écrit à ses lecteurs. En privé. Ils sont nombreux en effet, celles et ceux qui lui adressent un courrier à présent abondant où se lit quelque chose d’une rencontre. Nombreuses et nombreux aussi à avoir reçu une réponse - car Annie Ernaux répond à ceux qui osent une correspondance, et, à l’autrice, disent je à leur tour. Elle qui avait écrit dans Une femme (son cinquième livre, paru en 1988) qu’elle voulait “rester, d’une certaine façon, au-dessous de la littérature” ; qui, depuis les années 1980, documente son inspiration sur des fiches préparatoires pour consigner, comme autant d’indices, observations, souvenirs, et témoignages à la manière des chercheurs en sciences sociales, a archivé une mémoire collective qui irrigue ce je qui dilate les frontières de l’auto-biographie. Elle-même avait nommé cela “un je transpersonnel” en 1994.

C’est dans cet espace partagé qu’on plonge lorsqu’on suit des travaux qui ont écumé différentes périodes de la correspondance d’Annie Ernaux. Et c’est passionnant. Au moment de la parution de Les Armoires vides, Annie Ernaux, à la télévision suisse, décrivait le bain dans lequel vit Denise, cette première héroïne à qui exceptionnellement elle avait donné un autre nom. “Elle appartient à une classe qui souhaite monter”, expliquait alors Annie Ernaux, dans cette vidéo :

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Celles et ceux qui écriront à Annie Ernaux dans les années qui suivront ce tout premier livre sont diplômés pour les quatre cinquièmes d’entre eux. Mais ils partagent quelque chose avec Denise. Car la plupart sont dans ce que les sociologues appellent une trajectoire sociale ascendante. Et ce que la thèse d’Isabelle Charpentier met en évidence, c’est qu’entre 1974 (Les Armoires vides, son tout premier livre, paru chez Gallimard) et 1986 (date à laquelle paraît La Place), une immense majorité d’entre eux, dans ces courriers qui désormais appartiennent aux archives d’une histoire littéraire, ressentent le besoin de confier leur expérience de transfuge de classe. Lui auront-ils écrit, à elle justement, pour consigner cette histoire-là ? Alors qu’Annie Ernaux, professeure de lettres dans le secondaire à Grenoble, entame sa vie d’autrice, celles et ceux qui lui écrivent, par l’intermédiaire de Gallimard le plus souvent, sont majoritairement provinciaux et même, le plus souvent, vivent à la campagne. Bien sûr, on ne peut en déduire que le lectorat d’Annie Ernaux était rural, mais seulement que celles et ceux qui auront pris la plume, l’étaient. Ou du moins l’avaient été : la plupart racontent ainsi un voyage géographique, en même temps qu’un dépaysement social. Encore faut-il avoir en tête que pour ses deux premiers livres, qui paraîtront à partir de 1974, le courrier adressé à l’autrice n’avait pas excédé une petite vingtaine de lettres pour le premier, et deux fois moins pour le second.

Aujourd’hui, une partie des lettres datant de cette époque a disparu. Ce n’est en effet qu’à mesure qu’elle s’installera dans le paysage éditorial, et aussi que la correspondance deviendra plus nourrie, qu’Annie Ernaux y apportera un soin redoublé. Rapprochant l’histoire de ces courriers, et celle de l’œuvre de l’autrice, on ne peut s’empêcher de remarquer que c’est aussi à mesure qu’elle précise sa position, affutera un geste dans ce rapport à l’autobiographie et à ce “je transpersonnel”, qu’Annie Ernaux en viendra à soigner ces échanges. S'attachant notamment scrupuleusement à répondre… et parfois à dialoguer. Par exemple avec cet autodidacte entré en sociologie, qui, après avoir interrompu une thèse, avait écrit  un livre sur sa rencontre de lecteur avec Pierre Bourdieu. Raphaël Desanti lui adressera son livre, et certaines réponses sont autant de trophées, ou d’encouragements à continuer.

"Passion simple" : la bascule

Nombreux et nombreuses sont ainsi celles et ceux qui, depuis vingt ou trente ans, ont conservé une enveloppe contenant la réponse de l’écrivaine. Au secret de leurs affaires personnelles, ou comme un butin volontiers exhibé. Qu’il s’agisse de redresser le menton ou de plastronner en son for intérieur, il est des archives de papier qui parfois verticalisent. C’est en 1992 avec Passion simple que le rapport d’Annie Ernaux à ses lecteurs a vraiment changé. Dix-huit ans ont passé depuis Les Amoires vides. Entre temps, La Place a reçu le prix Renaudot en 1988, bousculant la notoriété de l’autrice. Mais ce n’est encore que son sixième livre - sa bibliographie en compte désormais un peu plus d’une vingtaine, avec quelques incursions sur des sentiers de traverse, comme Retour à Yvetot, soutenu par des photographies.

C’est au moment de Passion simple que la sociologue Isabelle Charpentier se décide à consacrer une enquête à la correspondance qu’adressent ses lecteurs à Annie Ernaux : par l’envergure que prennent les ventes de ce livre qui reste une charnière dans la carrière de l’autrice. Une Femme et La Place avaient, chacun, atteint 100 000 exemplaires et c’était déjà beaucoup. Mais en six semaines à peine, il s’est déjà écoulé plus de 140 000 exemplaires de Passion simple, ce récit d’un grand amour contrarié dont la quatrième de couverture livre seulement cette phrase, à l’os : “A partir du mois de septembre l’année dernière, je n’ai plus rien fait d’autre qu’attendre un homme : qu’il me téléphone et qu’il vienne chez moi.”

C’est aussi au moment de la parution de Passion simple qu’Annie Ernaux dira quelque chose de la manière dont elle est reçue. Quelques mois plus tard, elle écrira en effet un texte, republié par la revue La Faute à Rousseau, en 1994 : “J'ai compris que les critiques littéraires pouvaient dire beaucoup de choses sur un texte mais qu’ils étaient incapables de rendre compte de la lecture réelle, de déterminer la place que le lecteur occupera dans le texte, de l’emploi qu’il fera de celui-ci. Le seul moyen pour un écrivain d’évaluer un peu cette lecture réelle, c’est de parler avec des lecteurs et surtout de recevoir et lire des lettres.”

Après Passion simple, quelque chose en fait avait changé dans la place qu’occupait Annie Ernaux dans le monde littéraire. Alors que les premiers livres avaient reçu un accueil plutôt consensuel de la critique mais n’avaient pas toujours fait l’objet d’articles, celui que la presse réservera à Passion simple se révèlera plus mitigé.

"Une jeune auteur aigrie"

Tandis que Passion simple paraît en poche en janvier 1994 (chez Folio, donc), et que le succès se poursuit, un décalage se creuse. Devenue une autrice à succès, Annie Ernaux est aussi plus exposée - en particulier aux labels sauvages et à la mise en boîte. C’est en 1981 que, pour l’essentiel, la presse féminine avait découvert cette femme dont le tout premier livre s’ouvrait sur un avortement. Précisant souvent qu’il s’agit d’une plume “féministe”, certains journaux rendent systématiquement compte des livres d’Annie Ernaux, avant Passion simple. Mais ce petit noyau - La Quinzaine littéraire, la Nouvelle revue française, ou le Monde des livres - tient surtout d’un mouchoir de poche. Des fidèles, en somme. Alors que L’Humanité, en 1974, avait étrillé une “jeune auteur aigrie” et dénoncé le réalisme “sordide” d’une histoire ravalée au rang d’une affaire de bonne femmes, en 1992, le journal communiste changeait de pied : l’œuvre d’Annie Ernaux tenait désormais de la “prouesse sociologique”. Au même moment, dans Le Figaro, Eric Neuhoff comparait Passion simple à la collection Harlequin ou un article “de la presse du cœur”. D’autres titres classés à droite s’étouffaient au même moment devant les évocations sexuelles.

L’unanimisme se fissurant, c'est alors qu'Annie Ernaux apparaît plus clivante. Un rejet souvent épidermique. Alors qu’une émission spéciale du Masque et la plume, sur France Inter, était entièrement dédiée à son œuvre, les archives de presse montrent qu’en 1992, on discutait déjà la littérarité de l’écrivaine - comme ce sera le cas à l’annonce de son prix Nobel, à l’automne 2022. C’est justement à ce moment-là que le courrier de celles et ceux qui la lisent prend des proportions inédites : dans les six années qui suivent la parution de Passion simple, quelque 1400 lettres lui seront adressées.

Un lectorat plus masculin

Isabelle Charpentier, qui les a épluchées, note qu’elles sont de taille très variable, entre quelques lignes… et jusqu’à une dizaine de pages, et que seulement une lettre sur cinq est postée depuis Paris (mais encore une sur six, de banlieue parisienne). Deux tiers sont écrites par des femmes, mais contrairement à ce qu’on pourrait se figurer, certains livres feront l’objet d’un courrier plus mixte, avec davantage de lecteurs hommes qui chercheront à la joindre. C’était le cas par exemple de Passion simple, avec 40% d’hommes parmi ceux qui lui écrivent, contre moins d’un tiers pour des livres comme La Place, ou La Honte. Mais lorsqu’Annie Ernaux publie Une femme, puis Je ne suis pas sortie de ma nuit, les hommes et les femmes lui écrivent pratiquement à part égale. Ainsi, n’est-elle déjà plus cette autrice "pour les femmes", au prétexte qu’elle avait milité au MLAC, ou raconté son avortement. Justement, ce qui frappe, lorsqu’on plonge dans le détail de ces correspondances, c’est ce constat contre-intuitif : c’est précisément pour les livres qui ont le moins explicitement trait au voyage de classe d’Annie Ernaux, et à son déplacement social (La Honte, par exemple), que les hommes seront les plus prompts à lui écrire. A hauteur de l’expérience des lecteurs, elle n'est décidément pas celle que se sont figurés  bien des critiques. Qui parlaient par exemple de "littérature de bonne femme" à la sortie de Passion simple.

Pourquoi les lectrices qui écrivent à Annie Ernaux sont-elles deux fois plus nombreuses à préciser leur âge que les hommes, qui le taisent plus volontiers ? Rouvrir la correspondance d’une autrice comme Annie Ernaux, c’est à la fois se confronter à qui elle est, à l’image qu’on s’en fait, et aussi à l’endroit d’où parlent celles et ceux qui la lisent, et le lui disent. Isabelle Charpentier ne sera pas la seule à travailler sur sa correspondance, même si elle a été la première. Une autre chercheuse, Lyn Thomas, a centré ses recherches sur la réception de Passion simple. Quant à Anne Strasser, elle s'est penchée pour sa part (en 2018) sur  Les Années (2008, Gallimard) et Mémoire de fille (2016).

Lorsqu’Annie Ernaux confie cent-sept lettres à Anne Strasser, qui s'en empare pour mettre au jour le lien autobiographique entre l’autrice et son lectorat, l’écrivaine précise dans le petit mot adressé à la chercheuse : "Quelquefois il s’agit de lecteurs fidèles mais il n’y a parmi eux aucun(e) ami(e) ou proche, ni écrivain(e), ni journaliste ou critique littéraire : si je puis dire, ce sont des lecteurs “lambda »". À son tour, cette nouvelle plongée dans les courriers reçus par la Nobel 2022 montre que ces lettres sont autant d’occasions d’un retour sur soi par celles et ceux qui lui écrivent. Plutôt qu’une littérature de (bonne) femme, c’est sans doute ce qui dit le plus finement l’œuvre d’Annie Ernaux : une littérature de l’auto-analyse, de soi. Mais qu’on en soit finalement l’autrice, ou le lecteur et la lectrice.

Répliques
51 min

Une expérience valorisante ? Tout dépend pour qui

En 2014, Gallimard publie  Le Vrai lieu, un recueil d’entretiens entre Annie Ernaux et Michelle Porte, dans lequel l’autrice envisage encore sa réception et affirme : “Je ne sais pas du tout comment mes livres agissent. Mais je ne peux pas écrire sans cette pensée d’être utile.” Avec la distance du temps qui se dilate, on découvre au ras de la correspondance qui lui est adressée que lire est devenu un objet de narration en soi. De chacun d’entre celles et ceux qui collent un timbre sur une enveloppe pour en dire quelque chose, avoir été lecteur, avoir été lectrice, aura fait un sujet qui parle. Qui, parfois, aura alors parlé de soi. Les livres se révèleront comme un événement qui les traverse, et dont il auront quelque chose. Et parfois, un courrier.

Mais en voyageant dans les travaux d’Isabelle Charpentier, ce qui apparaît plus frappant encore, c’est le décalage que la sociologue a pu mettre au jour entre la réception des lecteurs et des lectrices... et le sort qu’ont pu lui réserver les bibliothécaires. À une époque où Ernaux publie en moyenne un livre tous les deux ans - et devient autrice de best-sellers - eux, au contraire, se sentent nettement moins verticalisés par son œuvre. Dans un article édifiant publié dans la revue Politix, en 1994, la sociologue montre en effet la tiédeur avec laquelle le monde des bibliothèques a accueilli l’autrice et ses œuvres, au fil du temps - du moins à l’époque de l’enquête, c’est-à-dire au début des années 1990. Cet accueil distancié n’est pas tout à fait l’exclusivité d’Annie Ernaux : on sait que souvent les professionnels des bibliothèques ont pu, traditionnellement, manifester une certaine méfiance vis-à-vis de livres très demandés par le public. Dans un souci acharné d’élargir l’horizon de leurs usagers, trop friands de prix littéraires ? Sans doute. Mais ce qu'ont montré de longue date les sciences sociales, c’est que cette tiédeur envers des auteurs à succès, y compris lorsqu’il s’agit de best-sellers autrement plus obliques que Marc Levy, révèle souvent un souci de se distinguer. Au prix d'une position en tension, à cheval entre coursive avec vue sur le champ littéraire, et porte-à-faux vis-à-vis de lecteurs dont la lecture n’est… pas le métier.

Paradoxal quand on prend la mesure de ce qu’a pu représenter l’écriture d’Annie Ernaux comme élan émancipateur, alors que la trajectoire des professionnels de la bibliothèque de cette enquête n'est pas sans lien avec le déplacement social dont l’autrice a tramé son œuvre ? Il faut lire cet article d'Isabelle Charpentier de 1994 pour découvrir l’ambivalence de l’accueil d’Ernaux. Et un chapelet de réticences vis-à-vis d'une autrice “dure” qui, somme toute, se serait d’abord contentée de faire quelque chose de son expérience personnelle, et aussi de son petit quotidien. À près de trente ans d’intervalle, l’écho croisé de ces résistances a quelque chose de fascinant, alors que l’annonce du Nobel a suscité un déluge de critiques classistes et sexistes. En commun, en dépit du temps qui passe, un même rapport à l'ordinaire qui coince et n'en finirait pas de décoter sa valeur littéraire. Or dès 1993, Annie Ernaux avait eu l'occasion de répondre ceci : "Qu'on s'étonne qu'un livre évoque le monde ordinaire en dit long sur la conception élitiste de la littérature en France. [...] Pour moi, il n'y a pas "d'objet" littéraire, et tout peut être littérature."

Dans les années 1990, en effet, ce n’est pas (seulement) du côté de critiques parisiens droitiers ou distingués qu’on jugeait Annie Ernaux trop triviale, presque vulgaire. Plate, en somme, et illégitime aux honneurs littéraires. Dans cette enquête auprès d’agents de bibliothèques, c’est par exemple dans la bouche de cette femme de 42 ans, titulaire d’une licence d’histoire et d’un diplôme de bibliothécaire, qu’on pouvait lire : “C'est quelqu'un qui doit peut-être paraître proche des gens parce que c'est quelqu'un comme tout le monde et c'est assez sympathique comme image, les gens comme tout le monde qui prennent la plume et se racontent !... A mon avis, ça ne va pas plus loin…” Aimer Annie Ernaux n’était tout simplement pas assez valorisant.