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Anti-rétrospective, Martin Parr, PCF et contes de Charles Dickens : la Session de rattrapage

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La Session de rattrapage
La Session de rattrapage

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Bonjour à toutes et à tous,

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qu'avez-vous fait le 31 au soir pour célébrer la fin de cette "annus horribilis" ? Les possibilités, on le sait, étaient plus restreintes que les années précédentes : réveillon sans boîte de nuit et sous couvre-feu. Peut-être avez-vous tout de même chanté jusqu'au matin ou, fatigués par l'année écoulée, en avez-vous profité pour poser le point final à votre "rétrospective 2020", un ultime coup d'œil par-dessus l'épaule. Un an après l'annonce d'un cas de "pneumonie inconnue", les journalistes du monde entier se sont prêtés au traditionnel bilan de l'actualité des derniers mois : la douzaine de "toutes nos humiliations" selon les plus moroses, ou celle du "grand sacrifice humaniste". Mais en deçà des "grands moments marquants" de cette nouvelle décennie que les journaux nous ont invités à revivre, il y a ces micro-événements du quotidien, insignifiants aux yeux du monde et qui, pourtant, tissent intimement la façon dont nous avons traversé l'année. Alors pour 2021, plutôt que de s'astreindre à de bonnes résolutions, tentons de penser des sorties de crise, de faire vivre ces idées nées pendant le confinement trop vite abandonnées et, pourquoi pas, d'imaginer déjà avec l'écrivain Philippe Djian ce que sera 2030. Bonnes écoutes. Pauline Petit

LES SÉRIES 

La nouvelle année, des rétrospectives aux résolutions...
La nouvelle année, des rétrospectives aux résolutions...
© Getty - Carol Yepes

Du cœur à l'esprit. Et si pour aller plus loin dans l'œuvre des philosophes, il fallait se pencher sur leur correspondance amoureuse ? "Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point" écrivait Pascal, mais être fou amoureux ou abattu par une terrible peine de cœur n'empêchent pas de penser, bien au contraire ! Cinq émissions où le sentiment amoureux se fait la clef d'entrée dans la philosophie de Nietzsche, Heidegger, Diderot, Socrate et Rousseau. (Les Philosophes amoureux, 5 x 59 min)

Bestiaire radiophonique. Qui d'autre que le passionnant Michel Pastoureau pour nous conter l'histoire des animaux ? Le médiéviste raconte comment certains animaux ont acquis une dimension proprement historique. De l'ours passé en quelques décennies du statut de roi de la forêt à celui de gentil doudou à la louve protectrice dont le compagnon mâle est devenu le grand méchant des contes pour enfants, en passant le corbeau funéraire, le "bon" cochon ou encore la mystérieuse licorne… (Les Animaux ont aussi leur histoire, 8 x 30 min)

Voyage à Pétaouchnok. Le moins que l'on puisse dire, c'est que 2020 n'a pas vraiment été l'année des grands voyages… Il y a pourtant tant d'endroits insolites à découvrir ! Hervé Le Tellier, lauréat du Prix Goncourt 2020 vous offre une évasion vers des lieux injustement méconnus, à moins qu'il ne s'agisse tout bonnement de villes imaginaires ? (Partir avec Hervé Le Tellier, 8 x 3 min) 

En direct de l'Univers. D'où venons-nous ? Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? Autant de questions fondamentales qui nécessitent d'abord de se plonger dans l'origine de l'Univers. Une sortie spatiale au cœur de l'immensité d'un endroit animé, changeant, bien loin du ciel serein que l'on peut observer de nos yeux nus. (Dernières nouvelles de l'univers, 5 x 59 min)

Le temps des rétrospectives. Avant celui des bonnes résolutions, il y a un autre exercice de fin d'année auquel certains aiment à se prêter : la rétrospective. Dans les journaux, on ne manque pas de vous proposer de "revivre" les moments qui ont marqué l'actualité. Mais ceux-ci ne résonnent pas forcément avec les événements qui font votre quotidien. Ni coronavirus ni nécrologie de Maradona, voici l'anti-rétrospective de Géraldine Mosna-Savoye, pleine de "ces choses sans intérêt qui ont pourtant fait [son] année". (Ma rétrospective 2020, 5 x 4 min)

We have to do it, Joe ! Pour lui, l'année s'est finie en beauté pour certains, mais 2021 s'annonce déjà bien chargée et difficile. Joe Biden s'apprête à investir la Maison Blanche le 20 janvier prochain. L'équipe d'Entendez-vous l'éco s'est penché sur les chantiers qui l'attendent : corriger les inégalités sociales aggravées par la crise sanitaire, mener des réformes fiscales et "domestiquer" le capitalisme américain. (Entendez-vous l'éco ?, 3 x 58 min)

PENDANT QUE VOUS N'ÉCOUTIEZ PAS… 

Un couple s'embrasse à la Fête de l'Humanité en 1997.
Un couple s'embrasse à la Fête de l'Humanité en 1997.
© AFP - Joël Robine

PCF centenaire. Il y a cent ans, lors du congrès de Tours, naissait la section française de l’internationale communiste, prémisse du PCF. En un siècle, le "communiste" a pris différentes formes : internationaliste affiché, mais devenu patriote dans les années trente, pacifiste, mais engagé dans la Résistance, parti révolutionnaire, mais féru de légalisme… De quoi hérite-t-on quand on se dit communiste aujourd’hui ? (Le Temps du débat, 40 min)

Un léger strabisme… Au début, on admire simplement un visage peint. Puis soudain, un détail vient troubler notre contemplation. Le modèle louche ! Celui que l'on observe nous fixe tout en regardant ailleurs, dans le même mouvement. La professeure en arts plastiques nous invite à scruter les regards divergents dans les portraits peints. (L'Art est la matière, 59 min)

Wuhan, un an après. "Avant que ma fille n’aille à l'hôpital, je ne savais rien sur ce virus. On nous disait que les informations du Dr Li Wenliang qui a lancé l’alerte étaient des rumeurs ! A ce moment-là, les informations, c’était : tout va bien, passez le nouvel an chinois tranquillement !", raconte Yang Min, une mère endeuillée par la mort de son enfant unique. Il y a un an, l'OMS à Wuhan vivait les débuts encore non identifiés de la pandémie de Covid-19. (Le Reportage de la rédaction, 4 min) 

Féminismes, une histoire en mouvement. De la Révolution française au mouvement #MeToo, en passant par Mai 68, Florence Rochefort, Bibia Pavard et Michelle Zancarini-Fournel retracent une socio-histoire des féminismes dans Ne nous libérez pas, on s’en charge (La Découverte). Un ouvrage qui veut notamment éviter l'amnésie historique, en traitant des grandes figures du féminisme - les Simone de Beauvoir et Olympe de Gouges -, mais aussi des autres, moins connues, et des hommes qui ont contribué à la cause. (La Grande table Idées, 53 min)

LES FICTIONS

Deux portraits de Charles Dickens (1812 - 1870), vers 1860.
Deux portraits de Charles Dickens (1812 - 1870), vers 1860.
© Getty - John & Charles Watkins/Hulton Archive

Contes de minuit avec Dickens. Déambulation sans but avoué dans Londres, fumerie d’opium, procès sans fin et sans espoir de justice, humour grinçant, enfants en danger : le monde littéraire de Charles Dickens n’a rien d’un conte de fées. En France comme en Angleterre, les universitaires, librettistes et scénaristes s’immergent dans cette œuvre immense. Balades nocturnes dans l’univers dickensien. (Les Nuits de France Culture, 13 x 30 min)

Leçon de barbologie. Des centaines de barbus enlevés par Edmond Furax, un aventurier sans scrupules qui veut devenir maître du monde ! Découvrez le professeur Merry Christmas, titulaire de la chaire de barbologie analytique à la Sorbonne, les détectives Black et White, le journaliste Fred Transport, le commissaire Socrate ou encore le tueur à gage napolitain Asti Spumante… A partir de textes originaux, voici une version "XXIe siècle" de cette épopée radiophonique loufoque du début des années 1950. (Fictions, 52 min)

Fracassant. Baudelaire louait ses "beautés étonnantes", Zola saluait ses "grâces étranges" :  Le Capitaine Fracasse, roman de cape et d'épée écrit par Théophile Gautier en 1863 a connu un immense succès lors de sa publication, plus grand encore que les célèbres Misérables. Redécouvrez, en 10 épisodes, l'histoire du jeune baron de Sigognac amoureux d'Isabelle, l'ingénue d'une troupe de théâtre venue chercher fortune à Paris. (Le Feuilleton, 10 x 27 min)

LA CITATION

Après 47 ans de vie commune, une longue période de négociations et  d'interminables adieux, le divorce entre le Royaume-Uni et l'Union européenne a été acté. Portraitiste de la société britannique dans toutes ses couleurs, de la calme province anglaise aux cités fêtardes, Martin Parr était à cette occasion l'invité des Matins. A ses "amis français", le photographe britannique raconte son amour de l'Europe et sa vision contrastée du Royaume-Uni qu'il explore en images : 

Je suis très pro-européen. Si on regarde qui que ce soit dans les arts au Royaume-Uni, je dirais qu'ils sont tous déprimés ! (...) Il y a beaucoup d'aspects que j'aime énormément au Royaume-Uni, et d'autres tendances auxquelles je suis fortement opposé. Lorsque je prends une photo, j'ai la chance de marier ces deux idées contradictoires. C'est un processus thérapeutique. Je cherche à faire ressortir l'ambiguïté de ma position vis-à-vis du sujet. C'est pour cela que je suis toujours très bien accueilli par les Français. Ils apprécient que je me moque un peu des Britanniques. Martin Parr

Pour finir cette session et commencer joyeusement l'année, un peu de musique. Il y a des airs que l'on fredonne sans s'en rendre compte, à n'importe quel moment, n'importe où. Pour certains, cette envie de chanter est même incontrôlable. Ecoutez ces rossignols atteints de "chansonite chronique", une maladie incurable, mais bénigne bien heureusement. Très bonne année et à la semaine prochaine !