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Attentats : qui sont les terroristes et comment ont-ils agi ?

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Les autorités françaises ont détaillé le déroulé des événements de vendredi soir, qui ont fait 130 morts et 350 blessés. L’identification des terroristes se poursuit, et il se confirme que les terroristes auraient bien été neuf, et non huit, à semer la terreur à Paris et Saint-Denis. Sept sont morts et deux sont en fuite.

Carte des attentats
Carte des attentats

Tout s’est passé en trois heures, et en six lieux de Paris et de Saint-Denis.

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** Vous découvrirez la chronologie détaillé des faits.**

** Mais auparavant, voici un point sur l’identité des terroristes.**

Carte © Idé

Qui sont les terroristes ? Combien étaient-ils ?
- Salah Abdeslam (26 ans)

Appel à témoins de la police à propos de Salah Abdeslam
Appel à témoins de la police à propos de Salah Abdeslam

Toujours en fuite une semaine après ces tueries, le Français né le 15 septembre 1989 à Bruxelles est l'homme le plus recherché d'Europe. Il est soupçonné d’être le logisticien des attentats.

Il était à Paris vendredi soir , sans que l’on connaisse avec certitude son rôle dans les attaques.

Il devait commettre un attentat dans le 18e arrondissement de Paris.

Dans con communiqué au lendemain des attentats, Daech évoque clairement le 18e arrondissement de Paris.

Une Renault Clio noire retrouvée mardi dans le 18e arrondissement de Paris et qui a pu aider à la préparation des attentats a également été louée à son nom. C’est toujours à son nom qu’ont été réservées deux chambres d’hôtel à Alfortville (94), et qu'a été louée la voiture ayant servi lors de l’attaque du Bataclan.

Après les attentats, il a été exfiltré de Paris grâce à deux connaissances venues de Belgique dans la nuit. Les trois personnes ont subi un contrôle routier aléatoire sur la route du retour, à Cambrai, dans le nord de la France. Mais le nom de Salah Abdeslam n’apparaissant pas encore à ce moment de l’enquête, la voiture et ses occupants ont pu reprendre la route. Ce n’est que plus tard dans la journée de samedi que les deux « connaissances » du suspect ont été arrêtées et inculpées pour « assassinats terroristes » et « participation aux activités d’une organisation terroriste ».

Salah Abdeslam reste introuvable et, potentiellement, lourdement armé.

> Parmi les trois terroristes ayant attaqué des restaurants dans l’est parisien :

- Brahim Abdeslam ? (31 ans)

Brahim Abdeslam
Brahim Abdeslam

C’est le grand frère de Salah Abdeslam.

Il est Français mais né à Bruxelles le 30 juillet 1984. Il vivait dans le quartier de Molenbeek, où il tenait un bar. Vendredi soir, il s’est fait exploser à 21h40 dans le bistrot "Comptoir Voltaire", dans le 11e arrondissement. Vu l’emplacement du bistrot, dans le prolongement des attaques perpétrées par le commando occupant la Seat Leon noire, et sur le chemin qui mène à Montreuil, où la voiture a été retrouvée abandonnée, les enquêteurs soupçonnent Brahim Abdeslam d’avoir également participé aux attaques dans l’est de Paris.

**- ** Abdelhamid Abaaoud, 28 ans, troisième terroriste dans l’est-parisien ?

Abdelhamid Abaaoud
Abdelhamid Abaaoud

Il a été tué le mercredi 18 novembre à Saint-Denis lors de l’assaut des policiers. Selon le journal Le Monde, il a participé aux attaques des bars et restaurants parisiens en compagnie des frères Abdeslam. Et ses empreintes ont été relevées sur un fusil d’assaut retrouvé dans la Seat Leon. Plus globalement, Abdelhamid Abaaoud a eu un rôle crucial dans l’organisation des attentats. Ce Belge avait rejoint Daech en Syrie. D’ailleurs, les autorités françaises pensaient qu’il s’y trouvé toujours. Il était présenté comme l’une des cibles d’un bombardement français en Syrie au début du mois d’octobre. Sa présence en France pose donc question.

- On ne connaît toujours pas l'identité du troisième kamikaze de l'est parisien.

> Parmi les trois terroristes du Bataclan

- Samy Amimour (28 ans)

Il est né le 15 octobre 1987 à Paris et vivait à Drancy (93). Il est connu par la justice anti-terroriste après une mise en examen le 19 octobre 2012 pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. Il n’était pas détenu mais laissé libre sous contrôle judiciaire et devait pointer chaque semaine au commissariat de Drancy. Mais à partir de septembre 2013, il ne se plie plus aux obligations de son contrôle judiciaire.

Depuis, la justice le recherchait et avait lancé un mandat d’arrêt international à son encontre.

Mais Samy Amimour est déjà loin. Il a rejoint la Syrie via la Turquie .

En juin 2014, son père part en Syrie pour essayer de ramener son fils. En vain. C’est la dernière fois que l’entourage de Samy Amimour aura des nouvelles. Jusqu’à l’attaque contre le Bataclan.

Avec une question très embarrassante pour les autorités françaises : comment un individu connu des services de renseignement, recherché par la justice et ayant combattu avec l’Etat Islamique en Syrie a-t-il pu revenir en France commettre des attentats ?

- Ismaïl ** Omar** ** Mostefaï (29 ans)**

Omar Osmaïl Mostefaï
Omar Osmaïl Mostefaï

Il a été identifié à partir d’une empreinte digitale récupérée sur un doigt arraché après l’explosion de sa ceinture. Il est né le 21 novembre 1985 à Courcouronnes (91). Entre 2004 et 2010, il est condamné à huit reprises pour des petits délits, mais sans jamais avoir été incarcéré. Il se serait radicalisé dans une mosquée de Chartres (28) où il vivait. Et faisait, à partir de 2010, l’objet d’une fiche « S » de la part des services de renseignement français.

Selon Le Monde, il aurait effectué en 2013 un séjour en Syrie et en serait revenu à une date inconnue. Plus problématique, la police turque « a informé la police française deux fois, en décembre 2014 et juin 2015 » selon un responsable turc, sans réponse de la part de la France . Les enquêteurs français ont effectué une demande d’information à la Turquie, mais après les attentats du 13 novembre.

- On ne connaît toujours pas l'identité du troisième kamikaze du Bataclan.

Inconnu
Inconnu

> Parmi les trois terroristes du Stade de France :

- Bilal Hadfi (20 ans)

Bilal Hadfi
Bilal Hadfi

Ce Français résidait en Belgique, à Neder-over-Heembeek, au nord de Bruxelles. Il se serait radicalisé au printemps 2014 et aurait rejoint l'Etat islamique en Syrie . Il était fiché par les renseignements belges, mais n’était pas connu des services français. C’est le Washington Post qui a révélé son identité.

- Ahmad Al-Mohammad ?

C’est le nom qui figure sur un passeport syrien retrouvé près du corps d’un deuxième kamikaze du Stade de France. Selon le document, l’homme est né le 10 septembre 1990 à Idlib (Syrie).

Mais s’agit-il réellement « d’Ahmad Al-Mohammad » ? Des doutes subistent sur l’authenticité du passeport .

Une chose est sûre : quelle que soit l’identité du kamikaze, ses empreintes digitales correspondent à celles relevées lors d’un contrôle en Grèce en octobre dernier. Les autorités grecques expliquent que l’homme a rejoint la Grèce, depuis la Turquie, via l’île grecque de Leros le 3 octobre 2015. Il est ensuite entré en territoire serbe au niveau du poste-frontière de Presevo, où il a effectué une demande d’asile. Il est ensuite passé par le camp d’Opatovac, en Croatie le 8 octobre, puis par la Hongrie.

La police a émis mardi un appel à témoins pour tenter d'établir son identité.

- Mohammad al-Mahmod, kamikaze ?

Attentats de Paris : Mohammad al-Mahmod, kamikaze ?
Attentats de Paris : Mohammad al-Mahmod, kamikaze ?

Selon le parquet de Paris, un autre kamikaze du Stade de France "a été formellement identifié comme étant un individu dont les empreintes papillaires (digitales) correspondent à celles relevées lors d'un contrôle en Grèce le 3 octobre 2015 ".

Il s'est enregistré sur l'île grecque de Leros, au même moment que le terroriste présenté comme « Ahmad Al-Mohammad ».

Il a présenté un passeport syrien au nom de « Mohammad al-Mahmod », a précisé à l'AFP une source proche de l'enquête. Reste à savoir, là encore, si le passeport et donc le nom sont authentiques.

Le fil des événements
Le lendemain des attentats, le procureur de Paris François Molins a détaillé chronologiquement le déroulé des attaques : au Bataclan, aux abords du stade de France et à différents endroits dans le 10e et 11e arrondissement de Paris. Le bilan est de 129 morts et 352 blessés.

21h20 : une première explosion a lieu au niveau de la Porte D du Stade de France. Un kamikaze vient d’actionner sa ceinture d’explosifs et tue un passant.

21h25 : A bord d’une voiture noire de marque Seat Leon, plusieurs assaillants ouvrent le feu à l’arme de guerre sur les clients des restaurants Le Petit Cambodge et Le Carillon, dans le 10e arrondissement de Paris. On compte 15 morts.

21h30 : Au Stade de France, un deuxième terroriste active sa ceinture d’explosifs au niveau de la porte H. En dehors du kamikaze, aucun mort n’est à déplorer.

**21h32 ** : Après l’attaque contre les deux premiers restaurants, les terroristes s’attaquent à un nouvel établissement, 500 mètres plus loin, dans le 11e arrondissement de Paris. La fusillade fait cinq morts.

21h36 : Quelques minutes plus tard, les mêmes assaillants ouvrent le feu sur le restaurant La Belle Equipe, rue de Charonne, dans le 11e arrondissement. 19 clients et employés de l’établissement sont tués.

21h40 : Un kamikaze active sa ceinture d’explosifs dans le bistrot Comptoir Voltaire, dans le 11e arrondissement. Il y a de fortes chances pour qu’il s’agisse d’un des terroristes qui ont attaqué des restaurants un peu plus tôt. En se faisant exploser, le kamikaze blesse grièvement une serveuse.

21h40 : Trois hommes arrivés à bord d’une voiture noire de marque Volkswagen Polo entre dans la salle de concert le Bataclan et ouvrent le feu, à l’arme de guerre, sur les spectateurs d’un concert de rock. Ils tuent 89 innocents. Les trois terroristes se feront exploser au moment de l’assaut des forces de l’ordre plus de deux heures après le début de l’attaque.

21h53 : Un troisième kamikaze se fait exploser aux abords du Stade de France de Saint-Denis. En dehors du kamikaze, aucun mort n’est à déplorer.

Attentats de Paris : le déroulement des faits
Attentats de Paris : le déroulement des faits