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Au Festival d'Avignon, Macha Makeïeff au pays d’Alice

Par
Caroline Espargilière, dans la pièce “Lewis versus Alice”
Caroline Espargilière, dans la pièce “Lewis versus Alice”
- Christophe RAYNAUD DE LAGE

Dans un spectacle visuellement splendide, Macha Makeïeff creuse toutes les strates de compréhension d’un texte aussi célèbre que son interprétation reste complexe.

On sait le goût de Macha Makeïeff pour les objets, qui chez elle ont toujours une âme. Elle sait en effet les animer, tout comme les étoffes, les espaces ou les rêves d’enfant. Il y avait comme une évidence à apprendre que l’auteure, plasticienne et metteure en scène allait faire un spectacle inspiré de Lewis Carroll et de sa jeune Alice. Il y a bien longtemps,en effet, que Macha Makeïeff nous fait traverser les miroirs de ses mondes, et nous entraîne aux quatre coins de la planète, au plus près des êtres. Mais les évidences peuvent être dangereuses, et c’est donc avec une légère appréhension que l’on se rendait à La Fabrica, où se donne ce “Lewis VS Alice” avant de partir en tournée dans toute la France.

Une invitation à la rêverie ou au cauchemar

Comme à son habitude, Macha Makeïeff a signé mise en scène, costumes et décor de cette production, et a demandé à son collègue metteur en scène Jean Bellorini de prendre en charge la création des lumières. L’ensemble est foisonnant, saisissant, fourmille de détails et invite à la rêverie, ou au cauchemar. Sur le plateau, les interprètes vont revêtir de nombreux atours, et graviter autour de deux Lewis Caroll, un jeune et un vieux, et de deux Alice, tous s’exprimant en deux langues, le français et l’anglais. La figure du double, on l’aura compris, est très présente, et renvoie notamment au reflet dans le miroir. Rosemary Standley, la voix sensuelle et envoûtante du groupe Moriarty, amène beaucoup de charme à cette production, dans laquelle elle se révèle aussi une formidable comédienne.

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En savoir plus : Macha Makeïeff : "On crée les conditions du hasard poétique"

Mêlant la biographie de l’auteur et certaines des séquences les plus célèbres du livre, Macha Makeieff nous invite à réfléchir sur le pouvoir de la langue, sur la difficulté qu’ont les êtres à se comprendre, mais aussi à exprimer leurs sentiments. La fin du spectacle n’occultera pas que c’est l’amour interdit de l’auteur pour une petite fille qui amena Lewis Caroll à écrire ce livre, un livre qui n’avait qu’une unique destinataire, mais qui devint un best-seller.

Lewis versus Alice__, d’après Lewis Carroll, mise en scène de Macha Makeïeff, jusqu’au 22 juillet à La FabricA, dans le cadre du Festival d’Avignon.

Tournée : du 27 septembre au 13 octobre au TGP, à Saint-Denis (93) ; du 17 au 19 octobre, à Angers (49) ; les 13 et 14 novembre, à La Roche-sur-Yon (85) ;  les 21 et 22 novembre, à Toulon (83) ; du 27 novembre au 7 décembre à La Criée, à Marseille (13) ; du 11 au 13 décembre, à Bayonne (64) ;  du 19 au 21 décembre, à Nice (06) ; du 7 au 11 janvier 2020 aux Célestins, à Lyon (69).

Et aussi  à Avignon : exposition à la Maison Jean-Vilar : « Trouble fête, collections curieuses et choses inquiètes », par Macha Makeïeff, jusqu’au 23 juillet.

En savoir plus : Lewis Carroll