Au Monténégro, le tourisme à deux vitesses

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Au Monténégro, le tourisme à deux vitesses

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Les bouches de Kotor sont un haut-lieu du tourisme monténégrin. Avec ici, au loin à droite, l'église Notre-Dame du Rocher, sur une petite île artificielle. En face du village de Perast.
Les bouches de Kotor sont un haut-lieu du tourisme monténégrin. Avec ici, au loin à droite, l'église Notre-Dame du Rocher, sur une petite île artificielle. En face du village de Perast.
© Radio France - Gilles Gallinaro

Road trip en Adriatique. La frontière monténégrine, au sud de la Croatie, marque la limite de l'Union européenne. Ici, tous les touristes ne sont pas accueillis de la même façon. Allemands, Autrichiens et Croates sont les bienvenus, mais la plupart des autres ne peuvent pas s'arrêter. Au grand dam des Monténégrins.

À une heure de route au sud de Dubrovnik, sur la côte Dalmate, on finit par quitter l'Europe. La frontière monténégrine est l'ultime but du voyage de Roland et Hans, descendus de Munich à moto.

Là, on va aller au plus près du Monténégro, dans le dernier village de Croatie. Mais on ne sait pas si on peut passer la frontière ou pas. Si c'est autorisé, peut-être qu'on y fera un petit tour demain.

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Pour eux, il n'y aura pas de problème. Les Allemands peuvent parfaitement entrer et séjourner dans le pays, de même que les Autrichiens ou les voisins croates. Mais le Monténégro a fermé ses frontières aux pays européens les plus touchés par la pandémie, et la police filtre les visiteurs à la frontière.

"Not on the list"

"Français ? Not on the list." La sanction des autorités est sans appel. Les ressortissants de l'Hexagone, comme les Italiens, les Espagnols, les Belges ou les Britanniques sont interdits de séjour au Monténégro. Pour eux, seul le transit est autorisé.

L'économie de Kotor, au Montenegro, est à l'arrêt, faute de visiteurs
L'économie de Kotor, au Montenegro, est à l'arrêt, faute de visiteurs
© Radio France - Gilles Gallinaro

Résultat, la ville de Kotor, haut-lieu du tourisme monténégrin, est désertée. Ce que regrette ce serveur du principal restaurant de poisson de la ville :

C'est partout pareil au Monténégro : les gens ont peur. Il n'y a personne, absolument personne ! On a du poisson, on a tout ce qu'il faut, mais pas de clients !

Même son de cloche chez Milica, qui gère un petit hôtel dans la vieille ville : "Tout est basé sur le tourisme ici. Mais on n'a aucun touriste pour le moment. J'espère qu'en juillet, quand les frontières ouvriront, ça changera."

Espoir suspendu

On a des réservations, mais ça change tout le temps : les clients attendent de voir comment évolue la situation, chez eux et chez nous. Mais ces deux derniers jours, on a eu de nouveaux cas de coronavirus. Du coup, on ne sait pas ce qui pourrait se passer au 1er juillet. 

À la frontière monténégrine, la police fait le tri. Ce qui ne suffit pas à animer les rues de Kotor, encore désertes.
À la frontière monténégrine, la police fait le tri. Ce qui ne suffit pas à animer les rues de Kotor, encore désertes.
© Radio France - Gilles Gallinaro

Franciska et Viktoria – avec leurs maris – sont les seuls touristes étrangers rencontrés dans Kotor. Ils sont venus de Bavière en voiture, après avoir appris que, pour eux, toutes les frontières étaient ouvertes.

On ne sait pas où on va. On choisit nos destinations au jour le jour. Peut-être remontera-t-on sur la Croatie ? Peut-être jusqu'à Venise, où, comme à Dubrovnik, il n'y a pas beaucoup de monde en ces temps du coronavirus ? Ce sera plus cool !

Difficile de démentir Franciska : de Kotor à Venise en passant par Dubrovnik ou la Slovénie, les hauts-lieux touristiques de l'Adriatique sont aujourd'hui tous accessibles et, pour l'instant, absolument vides de touristes.