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Au musée Sursock, c’est un morceau du patrimoine libanais qui a été ravagé

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Au nombre les lieux historiques ravagés par le souffle des explosions du 4 août à Beyrouth, le Musée Sursock a été fragilisé et des dizaines des œuvres exposées abîmées.
Au nombre les lieux historiques ravagés par le souffle des explosions du 4 août à Beyrouth, le Musée Sursock a été fragilisé et des dizaines des œuvres exposées abîmées.
© AFP - Musée Sursock

Deux semaines après la double explosion qui l'a frappée, la capitale libanaise panse ses plaies. Des dizaines de milliers d’appartements et de maisons sont détruits. Les musées de la capitale n’ont pas été épargnés, notamment le Musée Sursock, situé dans le quartier historique d'Achrafieh.

Le Musée Sursock, qui a été entièrement restauré en 2015 pour quelques 13 millions d'euros, est un des joyaux de Beyrouth. Cet hôtel particulier, construit à des fins d’habitation pour le collectionneur et mécène Nicolas Ibrahim Sursock en 1912, mêle inspirations ottomanes et vénitiennes. Jusqu’à l’explosion du 4 août dernier, il était le seul musée d’art moderne de la capitale libanaise.

Reportage d'Aurélien Colly au Musée Sursock de Beyrouth, dévasté par l'explosion du 4 août.

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Situé au cœur du quartier historique d'Achrafieh, le Musée Sursock est un haut lieu de culture à Beyrouth, le seul musée d'art moderne.
Situé au cœur du quartier historique d'Achrafieh, le Musée Sursock est un haut lieu de culture à Beyrouth, le seul musée d'art moderne.
- Rowina BouHarb

"Le souffle est entré et ressorti partout, par toutes les fenêtres et toutes les portes", explique Zeina Arda, la directrice du Musée Sursock. La nuit suivant l’explosion a été "terrible", "parce que le bâtiment était complètement ouvert et les œuvres étaient encore dedans".

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Le Musée Sursock avait été entièrement restauré en 2015 pour quelques 13 millions d'euros.
Le Musée Sursock avait été entièrement restauré en 2015 pour quelques 13 millions d'euros.
© Radio France - Aurélien Colly

Les œuvres sont mises à l’abri le lendemain par l’équipe du musée et une poignée de bénévoles passionnés comme Gilbert, architecte muséographe. "On voulait absolument sauver les œuvres. (…) Les ramener vers les réserves, les sécuriser".

Au lendemain des explosions, des volontaires se sont mobilisés pour sauvegarder les œuvres du Musée Sursock.
Au lendemain des explosions, des volontaires se sont mobilisés pour sauvegarder les œuvres du Musée Sursock.
- Rowina BouHarb

Le Musée Sursock est désormais une coquille vide. Sa façade de vitraux a été pulvérisée, son salon arabe de 1920 défiguré et au moins une vingtaine d’œuvres abîmées, notamment un portrait de Nicolas Ibrahim Sursock. La toile peinte en 1930 par le Hollandais Kees van Dongen a subi "une grande déchirure", "qu’il faudra probablement restaurer, fil par fil", estime la restauratrice du musée.

Ce portrait de Nicolas Sursock, peint en 1930 par le Hollandais Kees van Dongen, a été déchiré par l'explosion. La directrice du musée et sa restauratrice s'efforcent d'estimer l'ampleur des dégâts.
Ce portrait de Nicolas Sursock, peint en 1930 par le Hollandais Kees van Dongen, a été déchiré par l'explosion. La directrice du musée et sa restauratrice s'efforcent d'estimer l'ampleur des dégâts.
- Aurélien Colly

Elle pourra aussi compter sur les experts du Musée national d'art moderne du centre Pompidou. Ces derniers, a déclaré sur Franceinfo Bernard Blistène, son directeur, "ont toutes les compétences dans tous les domaines". Et "lorsque pareille chose arrive, il y a une mobilisation, une solidarité", a-t-il assuré.

Des ouvriers tentent de sécuriser le palais Sursock.
Des ouvriers tentent de sécuriser le palais Sursock.
© Radio France - Aurélien Colly

Mais pour rouvrir ses portes, le musée n’aura pas seulement besoin d’expertise. Il lui faudra aussi de l’argent. Plusieurs millions de dollars, estime la directrice Zeina Arda, qui a déjà été contactée par des mécènes et des organismes étrangers.