Autour d'Hypermnesia

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Autour d'Hypermnesia

Hypermnésie
Hypermnésie
- Claire Martha, étudiante de l’atelier de Didactique visuelle, HEAR

N'avez-vous jamais regretté de ne pas pouvoir vous souvenir d'un épisode de votre vie ? N'avez-vous jamais pensé que, si les moindres détails d'une situation que vous avez vécue pouvaient réapparaître, tout s'éclaircirait pour vous. Comme la résolution d'une enquête sur vous-même.

Bien souvent, quand on parle de la mémoire, c'est pour déplorer ses failles, ou évoquer la peur de la perdre pour toujours. Avoir une bonne mémoire est alors perçu comme un réel pouvoir, une clef pour accéder au monde des souvenirs que l'on voudrait garder intacts. Comme un présent qui ne s'effacerait pas.

Et pourtant, qui sait combien une trop grande mémoire peut au contraire être un fardeau qu'on aimerait laisser quelque part à l'abandon ? Se souvenir « trop bien peut aussi être un handicap au quotidien, et se transformer en pathologie. On appelle ce phénomène : Hypermnésie. Bien moins connue que son double inversé, l'amnésie, l'hypermnésie autobiographique se caractérise par l'impossibilité d'oublier son passé. Il y a peu de cas connus dans le monde. L'hypermnésique n'est pas obligé de consulter un médecin ou un psychologue pour mener son existence. Il n'est pas davantage obligé de s'inscrire dans un registre ou de fonder une association pour lutter contre quelque chose. L'hypermnésique peut demeurer anonyme.

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La genèse d'un documentaire-fiction par Christophe Deleu

L'idée est venue de recourir au documentaire-fiction pour présenter l'hypermnésie. Imaginer une jeune femme qui serait confrontée à cette pathologie, et la suivre dans son quotidien. L'émission serait une fiction, mais « vraisemblable », c'est-à-dire dont on ne pourrait pas dire de tel ou tel épisode qu'il est impossible. Il fallait donc l'aide de la science pour mener à bien un tel projet.

C'est alors que l'Université de Strasbourg a lancé un appel d'offres pour un programme baptisé « Idex », (Investissement d'avenir), dont l'objectif était d'associer la science et la culture. J'ai tout de suite pensé au projet « Hypermnesia » . Nous voulions vulgariser un phénomène scientifique à l'aide du documentaire-fiction.

Pour Hypermnesia, Jean-Christophe Cassel, professeur en neurosciences et directeur du laboratoire LNCA, a accepté d'être consultant scientifique et de participer à l'élaboration du scénario. Pendant plusieurs mois, nous avons fait naître Kim, l'hypermnésique, et sa sœur Ann, avec qui elle vit. Jean-Christophe Cassel avait déjà participé à un documentaire-fiction scientifique pour France Culture : J'ai tout oublié, sur l'amnésie. Nous avons aussi été aidés par Julia Sesé, ancienne étudiante en communication scientifique, qui a rédigé une revue de littérature sur l'hypermnésie.

Les deux comédiennes principales ont ensuite rejoint le projet. Eve-Chems De Brouwer, qui incarne Kim, et qui a été formée à l'école du TNS (Théâtre national de Strasbourg), venait de rentrer du Canada où elle avait conçu un spectacle scientifique avec son mari, neurologue. Il faut faire confiance aux coïncidences. C'est Eve-Chems qui nous a mis sur la piste de Charlotte Ricateau-Pfessdorf, qui incarne Ann, sa sœur.

Le temps du tournage est venu, en janvier 2016, à Strasbourg avec François Teste, chargé de la réalisation. La sécheresse du script a laissé la place à la vie en direct... Hypermnesia était née...

Hypermnesia
Hypermnesia
- Manon Galvier, étudiante de l’atelier de Didactique visuelle, HEAR

"Histoires de mémoire"

Dans le cadre de ce projet, deux initiatives ont été lancées.

Une gamme de projets articulés autour de la thématique de l'hypermnésie a été réalisé par les étudiants de l'atelier de Didactique visuelle de la Haute école des arts du Rhin suivis par Olivier Poncer et Olivier-Marc Nadel, respectivement responsable et enseignant de l’atelier.

Les étudiants du master de communication scientifique de la Faculté des Sciences de l'éducation et ceux de l'école du Théâtre national de Strasbourg ont réalisé des documentaires-fictions d'un quart d'heure que nous vous proposons de découvrir. Ces ateliers ont été encadrés par Marine Angé, Marion Cros et Christophe Deleu.

In Memoria, un docu-fiction de Chloé Huguenin, Marie Souque et Pamela Valadoux

In Memoria

15 min

Oublie-moi, un docu-fiction de Mathilde Gratiot et Robin Osstyn, Camille Abrard et Thomas Delozier

Oublie-moi

14 min

En attendant Hypermnesia...

... Un avant-goût du documentaire-fiction à retrouver mardi 10 mai à 17h dans Sur Les Docks :

Test Mémoire

2 min

Coproduction France Culture / Université de Strasbourg - IdEx Unistra

© France Culture / Université de Strasbourg – IdEx Unistra