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Autour des Rencontres de Pétrarque 2011 : du bon et du mauvais populisme

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Le peuple a-t-il un avenir ? Telle est la problématique générale cette année aux Rencontres de Pétrarque qui se déroulent actuellement à Montpellier. Des Rencontres que vous pourrez réécouter dans la grille d'été de France Culture, et, dès cette semaine, une série d'émissions en public depuis le Rectorat et le Musée Fabre. > retrouvez tout le programme de la Semaine des Idées à Montpellier en cliquant ICI

Petrarque
Petrarque
© Radio France - V. Lemerre

Petrarque V. Lemerre © Radio France

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Sur cette notion de « peuple », nous nous sommes intéressés plus particulièrement à l'une des déclinaisons abordée ce 19 juillet dans le cadre des Rencontres, celle de populisme.

Alors qu’il avait disparu du vocabulaire politique, depuis une vingtaine d’années le terme populisme fait son retour. Mais avec lui, la difficulté de le définir. En Europe, on parle de la montée du populisme pour évoquer l’ascension des partis d’extrême droite. De l’autre côté de l’Atlantique, la politique d’Hugo Chavez est considérée comme populiste puisqu'elle est nationaliste. Et durant la dernière campagne présidentielle française, les candidats des deux grands partis ont chacun accusé l’autre de l’être.

Aussi comment analyser ce terme qui décrit des réalités bien différentes ? **Guy Hermet ** et Dominique Reynié , tous deux politologues, livrent leur approche du terme.

Définition du populisme Dominique Reynié utilise plusieurs critères dont la conjonction permet de définir le populisme :


Historiquement, des hommes comme Peró n en Argentine, Boulanger et Poujade en France, ont incarné le populisme. Mais Guy Hermet ne considère pas qu'un leader charismatique soit encore aujourd'hui un critère de définition :


Le populisme est-il forcément nationaliste ? Les deux politologues ne partagent pas le même point de vue.

Guy Hermet :


Dominique Reynié :


Quand apparaît-il ? Selon Guy Hermet, les populistes récusent la politique, en niant l'agenda politique et en arguant que tout est possible. Par conséquent, en période de crise, comme l'explique Dominique Reynié, ils brandissent cet argument du "possible ici et maintenant", pour convaincre le peuple :


La résurgence du populisme est donc intrinsèquement liée à l'essoufflement de la démocratie. Pour Guy Hermet, les politiques ont perdu la confiance du peuple :


Populisme de gauche et populisme de droite Dominique Reynié précise les thèmatiques propres à chaque tendance :

Selon lui, aujourd'hui en France, deux personnalités politiques sont fondamentalement populistes :

Quant à Jean-Marie Le Pen, est-il "populiste" ou "extrêmiste de droite" ? Guy Hermet :

Les politiques ont de plus en plus recours à une rhétorique populiste. Pour Guy Hermet, il se banalise. Il revient notamment sur la campagne présidentielle de 2007 :


Ce "populisme contrôlé " est donc, pour Guy Hermet, une recette de communication politique. Pour Dominique Reynié, il est une émanation du régime démocratique :


Les deux politologues soulignent, cependant, qu'il y a un bon populisme capable, selon les propos de Guy Hermet "de rendre une certaine foi en la démocratie à la masse de la population ". Dominique Reynié le qualifie de "populisme d'interpellation " :

Il existe donc un bon populisme, celui qui est la manifestation d'un rappel à l'ordre de la population envers ses dirigeants, pour une justice sociale. Une sorte de garde de fou des dérives et injustices constatées. En revanche, dès lors qu'un homme ou un parti use du ressort de la colère du peuple pour accéder au pouvoir, il bascule dans un populisme négatif. Le bon populisme appartient donc au peuple, le mauvais aux hommes politiques qui se nourrissent de ses frustrations à des fins de puissance.

> à partir du 30 juillet, réécoutez les Rencontres de Pétrarque en cliquant ICI **
** > chaque jour à 12h30, Antoine Mercier reçoit un intellectuel pour un entretien à retrouver ICI **
** > toute cette semaine, la Fabrique de l'histoire retrace l'histoire du peuple